Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) cherche un moyen de juguler l’explosion des prix du pétrole. Elle se dit « prête » à débloquer d’autres stocks stratégiques. Le Japon vient d’en faire la demande.
L’AIE « prête » à débloquer d’autres stocks stratégiques de pétrole
Face aux tensions croissantes sur le marché du pétrole, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) se tient prête à réactiver un levier stratégique rarement utilisé : le déstockage coordonné de réserves. Une réponse envisagée à la demande du Japon, qui redoute des perturbations d’approvisionnement. Le pays du Soleil Levant a officiellement sollicité l’Agence pour envisager un nouveau déblocage de stocks stratégiques. Une démarche qui traduit une inquiétude croissante quant à la stabilité de l’approvisionnement énergétique, depuis la fermeture du détroit d’Ormuz.
Dans un contexte de marchés déjà sous pression, cette demande n’est pas anodine. Elle intervient alors que le Japon, fortement dépendant des importations d’hydrocarbures passant par l’Iran, cherche à sécuriser ses flux. L’archipel, dépourvu de ressources naturelles significatives, reste particulièrement exposé aux fluctuations internationales. Ainsi, l’archipel dépend à 95 % du détroit d’Ormuz pour ses hydrocarbures.
Ainsi, le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, s’est montré ouvert à cette éventualité. Il a ainsi affirmé être prêt à répondre favorablement à cette requête, tout en exprimant une certaine prudence sur son activation effective. Il indique : « Si et quand cela sera nécessaire, nous sommes prêts (…) mais j’espère vraiment que ce ne sera pas nécessaire. »
Pétrole et AIE : un mécanisme de crise bien rodé
L’AIE dispose d’un outil central dans la gestion des crises énergétiques : les stocks stratégiques de pétrole. Constitués par ses pays membres, ces réserves peuvent être mobilisées en cas de perturbation majeure de l’offre. Historiquement, ce mécanisme a déjà été activé à plusieurs reprises. Il permet d’injecter rapidement du pétrole sur le marché afin de stabiliser les prix et de compenser un déficit d’approvisionnement. Toutefois, son utilisation reste encadrée et exceptionnelle.
Dans le cas présent, l’agence adopte une posture mesurée. « Nous sommes prêts à agir si nécessaire ». Cette déclaration souligne à la fois la capacité d’intervention de l’organisation et sa volonté de ne pas précipiter une décision aux conséquences globales. Depuis la première annonce de déblocage, l’AIE a sorti l’équivalent de 400 millions de barils des réserves. Ces derniers constituent 20 % du stock des réserves stratégiques et représentent 257 jours de consommation mondiale.






