La Dacia Sandero électrique est attendue pour 2028 avec trois options de batteries : 27,5 kWh, 40 kWh et 52 kWh, cette dernière offrant une autonomie de 430 km. Quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur votre consommation d’électricité et les réseaux français ? Explorons ce choix stratégique qui place Dacia au centre de la transition énergétique en Europe.
Trois configurations de batterie pour trois profils de consommateurs
Dacia propose trois capacités de batterie pour sa Sandero électrique. La version de 27,5 kWh offre environ 260 km d’autonomie, idéale pour les trajets périurbains. La batterie de 40 kWh convient aux conducteurs parcourant 50 à 80 km par jour, tandis que celle de 52 kWh, avec ses 430 km, cible ceux qui font régulièrement des trajets plus longs.
Frank Marotte, vice-président de Dacia, veut faire de cette Sandero « la référence de l’accessibilité dans le monde de l’électrique », selon Les Numériques. Un prix inférieur à 23 000 € pour le modèle de base pourrait bouleverser les prix du segment B électrique, où les modèles actuels coûtent entre 28 000 et 35 000 €.
Avec ses 430 km d’autonomie, la Sandero satisfait largement les besoins moyens des Français, qui parcourent en moyenne 35 km par jour. La batterie de 52 kWh permettrait ainsi douze jours d’utilisation sans recharge, ou un trajet Paris-Lyon sans arrêt. La version 27,5 kWh (260 km) reste adaptée à 85 % des déplacements quotidiens.
Cependant, l’autonomie varie selon les conditions d’utilisation. En hiver, l’autonomie réelle peut chuter de 30 à 40 % avec le chauffage. La batterie de 52 kWh pourrait alors descendre à 260-300 km, tandis que celle de 27,5 kWh pourrait être limitée à 180 km, restreignant son usage aux trajets urbains en saison froide.
Impact énergétique et coûts de recharge
Avec une consommation moyenne estimée à 15 kWh/100 km, la Sandero de 52 kWh nécessitera 7,8 kWh pour parcourir 52 km. Au tarif de 0,25 €/kWh en heures creuses, rouler 100 km coûtera 3,75 €. En comparaison, la Sandero essence consomme 5,5 litres/100 km, soit 9,35 € au prix actuel de l’essence (1,70 €/litre), économisant ainsi 60 % sur le carburant.
Pour 15 000 km annuels, la dépense en électricité serait de 562 €, contre 1 402 € en essence, soit une économie de 840 € par an. Cependant, avec la recharge rapide publique à 0,50 €/kWh, le coût grimpe à 7,50 €/100 km, réduisant l’avantage à 20 % par rapport à l’essence. L’électrification massive pourrait accentuer la pression sur les tarifs des bornes publiques d’ici 2028.
La recharge lente domestique (7,4 kW) nécessitera sept heures pour une batterie de 52 kWh, concentrant la demande en heures creuses. Avec des centaines de milliers de Sandero électriques, cela pourrait ajouter plusieurs gigawatts à la pointe nocturne, équivalent à trois réacteurs nucléaires, selon RTE. La recharge rapide, quant à elle, nécessite un renforcement des infrastructures, créant des pics de demande localisés.
Plateforme CMF-B : un choix technique et énergétique assumé
Dacia utilise la plateforme CMF-B (renommée RGMP-Small), initialement conçue pour les moteurs thermiques, au lieu de la plateforme RGEV Small dédiée aux véhicules électriques. Katrin Adt, directrice générale de Dacia, justifie ce choix par les économies d’échelle, permettant de mutualiser les équipements entre les versions essence, hybride et électrique.
Cette plateforme impose des compromis sur l’optimisation énergétique. Conçue pour un moteur thermique, elle limite le positionnement des batteries et l’efficacité aérodynamique. Les plateformes électriques natives offrent un plancher plat et une meilleure efficience (13-14 kWh/100 km contre 15 kWh pour la Sandero).
Le choix de la CMF-B privilégie l’accessibilité tarifaire sur la performance énergétique maximale. Bien que la consommation de 15 kWh/100 km soit correcte, l’écart de 1 kWh/100 km par rapport aux meilleures plateformes représente 520 kWh sur 52 000 km, soit un surcoût de 130 € sur cinq ans, négligeable face aux économies réalisées à l’achat.
Dacia prévoit quatre lancements électriques d’ici 2030, visant deux tiers de ventes électrifiées. La Sandero jouera un rôle clé dans cette stratégie, tandis que les modèles premium du groupe Renault se concentreront sur la rentabilité. Deux approches énergétiques complémentaires au sein du même groupe industriel.
En résumé, la Sandero électrique 2028 offre trois capacités de batterie (27,5, 40, 52 kWh) pour répondre aux besoins du segment B, avec un prix sous 23 000 €. L’efficacité énergétique est correcte (15 kWh/100 km), mais reste en deçà des plateformes natives. Pour les utilisateurs, la recharge domestique nocturne (3,75 €/100 km) est économiquement plus avantageuse que la recharge rapide (7,50 €/100 km). Le défi majeur demeure la capacité des réseaux électriques à gérer l’électrification massive, avec une Sandero potentiellement produite à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires dès 2029-2030.






