Une attaque terroriste provoque une coupure de l’alimentation électrique en Allemagne

Deux attaques simultanées ont visé des postes électriques en Allemagne mardi 1er septembre, provoquant la mise hors service de 3 000 mégawatts de capacité. Les autorités ont ouvert une enquête antiterroriste, privilégiant deux pistes : l’extrémisme de gauche ou le sabotage d’État étranger.

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Une attaque terroriste provoque une coupure de l'alimentation électrique en Allemagne
Une attaque terroriste provoque une coupure de l’alimentation électrique en Allemagne © L'EnerGeek

Mardi 1er septembre au matin, des engins explosifs artisanaux ont été découverts au poste électrique de Preilack, près de la centrale thermique de Jänschwalde, dans le Brandebourg. Un dispositif a explosé, endommageant plusieurs lignes électriques. Le même jour, à 800 kilomètres de là, un autre incident criminel a visé un poste d’Amprion à Bergheim, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ces attaques simultanées ont conduit les autorités allemandes à ouvrir une enquête antiterroriste le mercredi suivant.

Perturbations majeures sur le réseau électrique allemand

L’impact des deux attaques a été significatif. À Jänschwalde, cinq unités de production au lignite ont été arrêtées, représentant 4 200 mégawatts de capacité. Ces installations injectaient 3 000 mégawatts dans le réseau, équivalant à la consommation de millions de foyers. Le groupe RWE, exploitant du site, a confirmé l’arrêt temporaire de la production pour sécuriser les installations.

Malgré cela, aucune coupure de courant à grande échelle n’a été enregistrée. La redondance du réseau électrique européen interconnecté a compensé cette perte de capacité. Les opérateurs ont réorienté les flux énergétiques en mobilisant d’autres sources de production. Dietmar Woidke, ministre-président du Brandebourg, a déclaré : « Quiconque tente de saboter nos infrastructures critiques s’en prend à nous tous. »

Détails techniques des attaques sur les installations

À Preilack, les dispositifs ressemblaient à des fusées de feu d’artifice modifiées. Plusieurs engins ont été découverts, mais tous n’ont pas fonctionné. L’explosion d’au moins un dispositif a suffi à endommager des lignes stratégiques. La police ne croit pas à une panne technique mais à un acte volontaire.

À Bergheim, les saboteurs ont provoqué un court-circuit en sabotant des câbles aériens du poste Amprion. Herbert Reul, ministre de l’Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a souligné l’importance symbolique de ces cibles : « Un poste électrique est un centre névralgique de notre vie quotidienne. » La simultanéité des incidents suggère une coordination préalable.

Deux pistes d’enquête privilégiées par les autorités

Les enquêteurs explorent deux hypothèses principales. La première concerne le groupe d’extrême gauche Vulkangruppe, qui a revendiqué plusieurs attaques depuis 2011. En janvier dernier, une action incendiaire de ce collectif avait plongé Berlin dans le noir. En mars 2024, ils avaient aussi ciblé les lignes électriques de l’usine Tesla près de Berlin. Malgré ces revendications, aucun membre n’a été arrêté.

La seconde piste évoque un sabotage téléguidé par un État étranger, la Russie étant implicitement visée. Berlin accuse Moscou d’« attaques hybrides » visant les infrastructures critiques. Le Kremlin réfute ces allégations. La simultanéité et la sophistication des attaques renforcent cette hypothèse.

Impact sur l’approvisionnement énergétique et la production

Ces sabotages montrent la vulnérabilité du système électrique allemand en transition énergétique. Le pays dépend encore du lignite, notamment via des centrales comme Jänschwalde. La mise hors service de 3 000 mégawatts aurait pu provoquer des déséquilibres majeurs sans le réseau européen.

Les opérateurs ont activé leurs protocoles de crise. RWE et Amprion ont mobilisé des équipes pour évaluer les dégâts et sécuriser les sites. La remise en service prendra plusieurs jours, voire semaines, selon les dommages. Cette situation survient alors que l’Allemagne jongle entre sortie du nucléaire, réduction du charbon et intermittence des renouvelables.

La protection des infrastructures critiques devient une priorité. Les postes électriques, souvent en périphérie urbaine et peu surveillés, sont des cibles faciles. Renforcer leur sécurité, multiplier les systèmes de détection et améliorer la réactivité des forces de l’ordre sont des impératifs. L’enquête antiterroriste devra déterminer si ces attaques marquent une escalade des menaces sur le secteur énergétique européen. Pour en savoir plus sur les enjeux des interconnexions électriques européennes, consultez notre article sur le Great Sea Interconnector.

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