Dacia présente 4 nouveaux modèles de voitures électriques

Dacia dévoile son plan d’offensive électrique avec quatre nouveaux modèles d’ici 2030, visant deux tiers de ventes électrifiées. La marque roumaine mise sur des tarifs ultra-compétitifs, avec une citadine sous 15 000 euros dès 2027 et une Sandero électrique en 2028.

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Dacia présente 4 nouveaux modèles de voitures électriques © L'EnerGeek

Dacia dévoile son offensive électrique : quatre nouveaux modèles d’ici 2030

La marque roumaine sort enfin de sa réserve. Après avoir longtemps joué les seconds rôles dans la stratégie d’électrification du groupe Renault, Dacia déploie un plan ambitieux pour combler son retard. D’ici 2030, le constructeur multipliera par quatre son offre électrique, passant de la seule Spring actuelle à quatre nouveaux modèles entièrement électriques.

Cette montée en puissance s’inscrit dans le plan stratégique « futuREady » annoncé par François Provost, directeur général du groupe Renault, en mars 2026. L’objectif affiché : atteindre deux tiers de ses ventes en motorisations électrifiées d’ici la fin de la décennie, tout en préservant son ADN de démocratisation automobile.

Une citadine européenne sous les 18 000 euros en 2027

Le premier acte débute en 2027 avec le projet « Evader », nom de code d’une citadine électrique apparentée à la future Renault Twingo électrique. Construite sur la plateforme RGEV small et fabriquée dans l’usine slovène de Novo Mesto, cette voiture électrique affichera un prix inférieur à 18 000 euros.

L’atout décisif réside dans sa production européenne, qui lui ouvre l’accès au bonus écologique français. Avec la prime « coup de pouce » maximale de 6 180 euros, la facture finale pourrait descendre sous les 12 000 euros pour l’acheteur français. Un positionnement susceptible de révolutionner l’accès à la mobilité électrique pour les ménages modestes.

Esthétiquement, cette nouveauté adoptera une silhouette de mini-SUV aux lignes anguleuses, s’éloignant des rondeurs de sa cousine Renault. Cette différenciation sur une base technique commune illustre la méthode éprouvée de la marque : mutualiser les développements pour proposer des tarifs imbattables.

Sandero électrique : l’entrée dans le segment B

La quatrième génération de la Sandero, attendue en 2028, marquera une rupture. Pour la première fois, ce modèle emblématique proposera une motorisation 100% électrique aux côtés des versions thermiques. Cette diversification répond à la pression exercée par la Citroën ë-C3, qui attaque le segment B avec un positionnement agressif sous les 25 000 euros.

« Afin de réduire les coûts, pour la Sandero sur prise, l’offre ne sera pas aussi vaste que celle de la R5 », explique un porte-parole de Renault. Contrairement à sa cousine haut de gamme qui propose deux capacités de batterie et trois niveaux de puissance, la Sandero électrique se contentera probablement d’une configuration unique pour maîtriser les coûts.

La plateforme RGMP Small, évolution de l’actuelle CMF-B qui équipe l’ensemble de la gamme Dacia, permettra cette flexibilité multi-énergies. L’intégration de batteries LFP (Lithium Fer Phosphate) constitue une piste privilégiée pour contenir les coûts sur ce segment sensible au prix.

Stepway transformée en véritable SUV urbain

L’évolution la plus spectaculaire concernera la déclinaison Stepway de la Sandero. Abandonnant son statut de berline surélevée, elle se muera en authentique SUV urbain partageant sa base technique avec le Renault Bridger, initialement destiné au marché indien.

Cette transformation répond à l’évolution du marché français : dans le segment B, les SUV urbains grignotent chaque année des parts aux berlines traditionnelles. « Dacia ne peut plus se priver d’un tel véhicule. Il lui faut son Captur », analyse un expert automobile. Cette nouvelle mouture proposera également des versions thermiques, hybridées et 100% électriques.

Le quatrième modèle reste mystérieux

L’identité du quatrième véhicule électrique demeure floue. Plusieurs hypothèses circulent : une nouvelle génération de la Spring, le concept Hipster présenté en octobre dernier, ou un SUV compact inédit pour investir le segment C.

Le projet Hipster présente un intérêt particulier. Cette « solution de mobilité » pourrait être proposée sous les 15 000 euros, défiant les futurs modèles ultra-accessibles annoncés par Citroën. Cependant, sa fabrication envisagée en Chine pourrait reproduire les écueils de la Spring concernant l’accès aux aides publiques européennes.

Duster électrique reporté, prolongateurs d’autonomie en perspective

Le célèbre Duster ne figurera pas dans cette première vague. Son passage au 100% électrique n’est techniquement et économiquement envisagé qu’en 2033. Cette temporisation s’explique par les contraintes spécifiques aux SUV : poids élevé, besoins d’autonomie importants et clientèle réticente aux batteries pures.

En attendant, Dacia capitalise sur son expertise des motorisations bi-carburation essence/GPL et sur l’intégration du système hybride E-Tech. La technologie des prolongateurs d’autonomie pourrait faire son apparition sur les futurs Duster et Bigster, promettant jusqu’à 1 400 km d’autonomie selon les premières estimations.

Face à l’offensive asiatique

Cette stratégie intervient dans un contexte concurrentiel tendu. Les constructeurs asiatiques, notamment chinois, appliquent la même stratégie de démocratisation tarifaire, souvent avec une avance technologique. BYD, MG et les futures marques chinoises attendues en Europe visent précisément les mêmes segments que Dacia.

« Reste à voir si ce positionnement européen saura endiguer la vague des constructeurs asiatiques sur le marché de l’entrée de gamme », s’interroge un analyste automobile. L’atout principal de Dacia réside dans sa maîtrise industrielle européenne et sa connaissance des attentes locales, mais ces avantages suffiront-ils face à l’offensive venue d’Asie ?

L’enjeu dépasse le cadre commercial : il s’agit de maintenir une capacité européenne de production de véhicules électriques accessibles, condition nécessaire à la réussite de la transition énergétique du transport individuel. Avec un objectif de deux tiers de ventes électrifiées d’ici 2030, Dacia se donne les moyens de jouer un rôle déterminant dans cette transformation, fidèle à sa mission historique de démocratisation automobile.

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