L’intelligence artificielle (IA) est en plein essor et sort du seul domaine technologique pour toucher notre quotidien, y compris notre consommation énergétique. Le développement des centres de données qui alimentent l’IA pose des questions sur la consommation d’énergie, d’où l’interrogation : notre facture pourrait-elle vraiment augmenter de 36 % à cause de l’IA ? HelloWatt a donné la réponse.
Ce qu’on voit déjà aux États-Unis
Aux États-Unis, la tendance est déjà visible. Dans certaines zones proches des data centers, les tarifs d’électricité ont bondi de 36 % entre 2020 et 2025. Cette hausse est largement liée à la demande énergétique massive générée par les infrastructures nécessaires au fonctionnement de l’IA.
Un rapport indique que le principal gestionnaire de réseau de l’Est des États-Unis facturera 15,27 milliards d’euros à ses usagers d’ici 2027 pour financer l’expansion électrique liée à l’IA. Cette pression économique a aussi entraîné l’annulation de 25 projets de data centers en 2025.
Et en France ?
En France, la situation est un peu différente grâce à une production électrique largement nucléaire, ce qui offre un certain répit aux consommateurs. Mais l’alerte est lancée : la consommation des data centers pourrait être multipliée par huit d’ici 2035.
Le Réseau de Transport d’Électricité (RTE) annonce un plan d’investissement de 53 milliards d’euros sur 15 ans pour accueillir ces nouvelles infrastructures. Même si l’électricité nucléaire reste une énergie faiblement carbonée, les hausses des coûts pour les consommateurs risquent d’être inévitables. Ces dépenses seront répercutées sur les factures via le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE), rendant la période 2028 à 2035 déterminante pour le portefeuille des ménages.
Comment l’IA consomme de l’énergie
L’IA est très gourmande en énergie, ce qui illustre son impact environnemental. Une requête à ChatGPT consomme 10 fois plus d’électricité qu’une recherche sur Google, ce qui illustre la soif énergétique de ces outils. De plus, les centres dédiés à l’IA consomment de 4 à 5 fois plus que les centres de données classiques.
Ces besoins expliquent des investissements importants, comme les 53 milliards d’euros prévus par RTE pour raccorder de nouvelles infrastructures. Malgré la stabilité fournie par le parc nucléaire, les prévisions de consommation laissent présager des répercussions financières pour les usagers. Le TURPE, principal mécanisme de répercussion des coûts, fera sentir ses effets sur les factures avec force et persistance.






