L’intelligence artificielle (IA) s’impose dans plein de domaines et promet d’impressionnantes avancées technologiques. Mais derrière cet essor se cache une consommation d’électricité redoutable et des effets sur l’environnement qui inquiètent. Alors que l’IA se développe à toute allure, il faut désormais jeter un œil sur ce que cela représente pour notre planète.
Une consommation d’énergie qui fait réagir
Une étude parue dans la revue Joule le 10 octobre 2023, réalisée par Alex de Vries, chercheur à l’université libre d’Amsterdam, dévoile que l’usage de l’IA par Google pour ses moteurs de recherche pourrait demander 29,2 TWh d’électricité par an. Ça correspond à la consommation annuelle de l’Irlande. Pour chaque requête, l’IA utilise une quantité d’électricité qui se compare à une heure de passage d’un micro-ondes. Des sociétés comme Hugging Face ont fait leurs comptes. Par exemple, l’entraînement du modèle « BLOOM » a nécessité environ 433 MWh, soit l’électricité utilisée pendant un an par quarante foyers américains moyens. Et pour ChatGPT, son fonctionnement quotidien fait appel à environ 3617 serveurs et 28936 processeurs graphiques, consommant 564 MWh chaque jour.
Des recherches qui ne laissent pas indifférents
Les travaux d’Alex de Vries soulignent bien les défis en matière de consommation d’énergie posés par l’IA, qui incluent parfois des comportements imprévisibles. Par ailleurs, une autre étude a estimé que la quantité d’eau utilisée pour refroidir les serveurs dédiés à l’IA générative pouvait atteindre 6,4 milliards de litres chez Microsoft. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les centres de données associés à l’IA et aux cryptomonnaies ont absorbé près de 460 TWh d’électricité en 2022, ce qui représente 2 % de la production électrique mondiale.
Promesses et défis à relever
L’IA offre des avantages séduisants comme coder plus vite ou conduire plus sereinement. Néanmoins, son impact environnemental inquiète de plus en plus. Depuis 2022, l’essor de l’IA générative avec des outils comme ChatGPT d’OpenAI montre bien que ces technologies utilisent bien plus d’énergie que les moteurs de recherche classiques — il faut environ trente fois plus d’électricité pour une IA générative.
Voici quelques chiffres parlants : pour utiliser une IA du type ChatGPT pour chaque recherche Google, il faudrait 512820 serveurs « A100 » et plus de quatre millions de GPU, chaque serveur consommant 6,5 kW. De plus, réaliser une courte vidéo générée par IA peut engloutir environ 3,4 millions de joules, l’équivalent de trois heures et demie de cuisson en continu.
Un avenir à repenser et des efforts vers plus de durabilité
Même si le scénario décrit par Alex de Vries pour Google paraît un peu extrême et peu envisageable à court terme, la performance professionnelle des IA reste un sujet de débat. NVIDIA prévoit de fournir environ 100000 serveurs A100 d’ici fin 2023. D’ici 2027, la consommation électrique mondiale liée à l’IA pourrait grimper de 85 à 134 TWh par an.
Face à ces défis, Microsoft explore des sources d’énergie plus propres, comme l’énergie nucléaire, et travaille sur des puces moins gourmandes ainsi que sur des systèmes de refroidissement innovants. Avant cette explosion, les gains d’efficacité avaient permis une certaine stabilité dans la consommation des centres informatiques.







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