L’exploitation pétrolière en Guyane ne reprendra pas. Une proposition de loi avait été déposée en ce sens. Elle vient d’être retoquée par le gouvernement in extremis.
L’exploitation pétrolière en Guyane restera arrêtée
Le jeudi 29 janvier 2026, alors que le Sénat français s’apprêtait à examiner une proposition de loi visant à rouvrir l’accès à la recherche, à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures dans les Outre-mer, notamment en Guyane, territoire français d’Amérique du Sud, le gouvernement a annoncé qu’il émettrait un avis négatif sur ce texte. La proposition de loi, portée par Georges Patient, sénateur de Guyane, vise à lever l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures dans les territoires d’Outre-mer, une mesure qui, de facto, remettrait en question l’interdiction héritée de la loi Hulot de 2017.
Selon lui, ce territoire doit pouvoir profiter de ses potentiels gisements d’hydrocarbures, à l’instar des pays voisins comme le Guyana, le Suriname ou le Brésil, qui ont multiplié les forages et tirent de substantielles recettes du pétrole. Cependant, les explorations françaises antérieures dans la région n’ont pas permis de confirmer l’existence de gisements économiquement exploitables : TotalEnergies avait, pour sa part, cessé ses forages au large de la Guyane en 2019, après avoir foré plusieurs puits sans résultats probants.
Opposition gouvernementale : cohérence climatique et engagements internationaux
Face à cette proposition, le gouvernement français a tranché. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a déclaré que l’exécutif émettrait un avis défavorable sur le texte, soulignant que soutenir cette relance des hydrocarbures en Outre-mer « rendrait la position de la France intenable à l’international ». Cette opposition s’enracine dans les engagements environnementaux que la France a pris ces dernières années, notamment dans le cadre des accords climatiques internationaux, ainsi que dans l’héritage de la loi Hulot, qui proscrit la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures sur le territoire national, y compris en mer.
Le gouvernement, dans sa position officielle, a mis en avant la nécessité de préserver les engagements climatiques de la France, en cohérence avec ses politiques de transition énergétique, et d’aligner sa stratégie énergétique sur une trajectoire de réduction de la dépendance aux énergies fossiles. Cette prise de position ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’exécutif. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, s’était montrée favorable à la proposition de loi, défendant l’idée que la Guyane et d’autres territoires d’Outre-mer doivent pouvoir envisager leur développement économique à partir de leurs ressources naturelles. Le texte a également trouvé du soutien parmi certains élus ultramarins, qui soulignent les déséquilibres économiques et les besoins de développement de ces territoires, souvent coûteux à gérer depuis Paris.
Pour les partisans de la relance des hydrocarbures, ouvrir ce secteur permettrait d’accroître les recettes fiscales locales, d’attirer des investissements et de réduire la dépendance énergétique française aux importations. Toutefois, la validité de ces arguments reste contestée par les opposants, qui jugent ces perspectives irréalistes et dangereuses.
Enjeux environnementaux et réactions de la société civile
Au-delà des clivages politiques, la perspective d’une reprise de l’exploitation des hydrocarbures en Guyane a suscité de fortes réactions au sein de la société civile. Plusieurs organisations environnementales ont qualifié la proposition de loi de « promesse trompeuse et irresponsable », mettant en garde contre les risques de dommages irréversibles aux écosystèmes et à la biodiversité, particulièrement riches et fragiles, des territoires ultramarins.
Les critiques soulignent que la relance d’un modèle énergétique fondé sur les combustibles fossiles pourrait compromettre les efforts de transition énergétique et contredire les engagements pris par la France pour lutter contre le changement climatique.






