Fin de l’aventure pour le terminal méthanier flottant du Havre. L’État vient d’annoncer sa fermeture, dans le courant de l’année 2026. Depuis plusieurs années, des associations environnementales demandaient son arrêt.
Le terminal méthanier flottant du Havre va fermer
Le 8 mai 2026, la France mettra officiellement fin à l’exploitation du terminal méthanier flottant du Havre. Ce terminal, pensé comme un outil de souveraineté énergétique, avait été déployé dans un contexte de tension extrême sur l’approvisionnement en gaz en 2023. Toutefois, malgré son installation rapide et son importance stratégique affichée, le terminal n’a pas été utilisé de manière significative, ce qui a conduit l’État à acter sa fermeture à l’issue d’un processus encadré juridiquement.
Le terminal méthanier du Havre a été conçu dans un climat d’extrême urgence, alors que la France faisait face à une rupture brutale de ses approvisionnements gaziers traditionnels. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les autorités françaises ont accéléré le déploiement de nouvelles infrastructures afin de sécuriser l’accès au méthane liquéfié importé. Ainsi, le choix du Havre s’est imposé pour accueillir un terminal flottant de regazéification, capable de transformer le gaz naturel liquéfié en gaz injectable dans le réseau national, tout en offrant une mise en service rapide.
Cependant, malgré cette ambition, le terminal du Havre, baptisé « Cape Ann », n’a jamais pleinement joué le rôle stratégique qui lui était assigné. Ce terminal, autorisé par arrêté en avril 2023, a été installé dans le port du Havre à partir d’octobre 2023. Pourtant, en dépit de capacités techniques jugées suffisantes, ce dernier est resté largement inutilisé à partir d’août 2024, illustrant un décalage entre les projections initiales et la réalité du marché gazier. Comme l’a reconnu TotalEnergies, l’exploitant, « le terminal méthanier flottant du Havre n’est plus aujourd’hui nécessaire, comme en témoigne son absence d’utilisation ».
Une fermeture actée par l’État et encadrée juridiquement
La décision de mettre fin à l’exploitation du terminal du Havre ne résulte pas uniquement d’un arbitrage politique, mais s’inscrit également dans un cadre juridique précis. Le tribunal administratif de Rouen a joué un rôle central dans ce processus, en rendant, le 16 octobre 2025, une décision qui a annulé le refus de l’État d’abroger l’arrêté autorisant la poursuite de l’exploitation du terminal. Selon la juridiction administrative, son maintien ne se justifiait plus au regard des conditions initiales ayant motivé son installation.
Dans la foulée de cette décision, l’État a pris un arrêté mettant formellement fin à l’exploitation du terminal du Havre à compter du 8 mai 2026. Cette date marque ainsi un jalon clair dans la stratégie énergétique française, tout en laissant un délai aux opérateurs pour organiser le démantèlement ou la démobilisation de l’infrastructure.
Enfin, la décision de mai 2026 pourrait faire jurisprudence pour d’autres projets similaires en Europe. En actant la fermeture d’un terminal pourtant récent, l’État français envoie un signal fort sur sa capacité à adapter rapidement ses choix énergétiques. Cette décision illustre la volonté des pouvoirs publics de ne pas pérenniser des infrastructures fossiles devenues surdimensionnées.






