L'interconnexion électrique France-Espagne coûtera plus cher, et sera opérationnelle trois ans plus tard - L'EnerGeek

L’interconnexion électrique France-Espagne coûtera plus cher, et sera opérationnelle trois ans plus tard

interconnexion electrique france espagne coutera plus cher sera operationnelle trois ans plus tard - L'Energeek

Le projet « Golfe de Gascogne », qui doit ajouter une interconnexion électrique haute tension entre la France et l’Espagne (et donc le Portugal), sera livré trois ans plus tard que prévu, en 2028, avec un important surcoût, ont annoncé ce 2 mars 2023 les régulateurs de l’énergie espagnol et français. La hausse du prix des matières premières explique cette augmentation des coûts.

Hausse du coût et des délais pour le projet « Golfe de Gascogne » de nouvelle interconnexion France-Espagne

Les autorités de régulation de l’énergie en France et en Espagne ont dévoilé, ce jeudi 2 mars 2023, un accord validant une hausse des coûts et des délais pour le projet « Golfe de Gascogne », une nouvelle interconnexion électrique haute tension entre les deux pays.

Validé en 2017, ce projet prévoit la construction d’une ligne électrique de 400 kilomètres, aux trois-quarts sous-marine, pilotée par les gestionnaires du réseau de transport d’électricité français (RTE) et espagnol (REE). Elle doit relier Gatica, en Espagne, à Cubnezais (Gironde) en France, et doublera les capacités d’échange d’électricité entre les deux pays, pour les porter à 5 000 MW, « de quoi alimenter 5 millions de foyers environ », selon RTE.

Cette nouvelle interconnexion doit ainsi réduire le relatif isolement de la péninsule ibérique du réseau électrique européen (qui avait justifié « l’exception ibérique », obtenue en 2022 par l’Espagne et le Portugal, autorisées à déroger aux règles du marché européen de l’électricité).

Jugé indispensable pour assurer la transition énergétique européenne, le projet « Golfe de Gascogne » bénéficie d’une subvention européenne du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) de 578 millions d’euros.

Des coûts qui s’envolent, de 1,75 à 2,85 milliards d’euros, mais les bénéfices attendus sont aussi en hausse

La Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia (CNMC) et la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ont donc annoncé avoir adopté un accord ce 2 mars 2023 pour « revoir la répartition du financement du projet d’interconnexion électrique Golfe de Gascogne ». Il prévoit notamment une hausse du coût du projet, passant des 1,75 milliards d’euros prévus en 2017 à 2,85 milliards d’euros. La mise en service envisagée de la ligne électrique est également décalé de 2025 à 2028.

Le surcoût s’explique notamment par une hausse du prix des matières premières des principaux composants de cette interconnexion, notamment « pour les câbles à courant continu et pour des stations de conversion ».

« Malgré l’augmentation des coûts du projet, due à un contexte défavorable de tension sur les marchés de matières premières, les autorités de régulation ont reconnu que ce projet était toujours porteur de bénéfices pour les deux pays et plus largement pour l’Europe », indiquent la CRE et la CNMC.

En effet, si les coûts ont augmenté, c’est également le cas des bénéfices envisagés, « en raison de l’évolution des prévisions de mix énergétique et de consommation électrique dans les pays européens, dans un contexte d’accélération de la transition énergétique », selon les deux autorités.

L’accord détaille également la répartition des coûts entre la CRE et la CNMC, ainsi que des dispositions en cas de hausse de la subvention européenne. Quant au retard, même si les deux autorités ne le précisent pas, la crise sanitaire de 2020-201 serait la première responsable.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • A force de l’avoir bloquée pour, une fois encore, privilégier le nucléaire français plus coûteux, on en paie doublement les conséquences en terme de coûts actuels comme de prix de l’électricité et de retard dans le passage à un hydrogène à prix compétitif pourtant nécessaire compte tenu du cas russe notamment

    Certains irresponsables du secteur nucléaire qui veulent lui mette une couche de peinture “verte” alors qu’il est objectivement gris (,non renouvelable) , et pas les plus qualifiés, sont en train de faire n’importe quoi.

    Exemples :

    – choix des EPR2 à une simple enceinte avec peau d’étanchéité métallique interne pour l’EPR 2 contre 2 enceintes, comme l’ont souligné et critiqué le CEA comme le CNRS (voire le passage de 4 à 3 systèmes de sûreté, qui permettaient de procéder à l’entretien de certains systèmes, y compris à l’intérieur de l’enceinte lorsque le réacteur est en fonctionnement)

    L’économie est assez dérisoire comparée aux impacts potentiels en cas de problème sur la durée de vie

    – ou encore : on peut faire d’importantes économies sur les 2 structures ASN et IRSN et les optimiser, mais les décisions passées de leur création passée avaient des justifications réelles

    Démanteler l’IRSN, une « dérive dangereuse » selon trois ex-présidents de l’Office parlementaire des choix scientifiques (de formation scientifique et ingénieurs, certes datant un peu pour certains !)

    Trois anciens présidents de l’Office parlementaire des choix scientifiques (Opecst) ont mis en garde contre le projet de démantèlement de l’institut chargé de la sûreté nucléaire (IRSN), “dérive technocratique dangereuse” à même de “paralyser la sûreté”.

    “Nous nous retrouvons aujourd’hui pour dire avec beaucoup de gravité que le projet de démantèlement de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), décidé brutalement, sans la moindre étude et en contradiction avec toutes les évaluations sérieuses de ces 25 dernières années, constitue une dérive technocratique dangereuse”, écrivent ces trois ex-présidents de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst).

    Cette tribune parue dans Le Monde est signée de M. Villani, Claude Birraux, ex-député UMP, et Jean-Yves Le Déaut, ex-PS.

    “Est-il sérieux de se lancer dans une modification aussi hasardeuse que profonde des liens entre expertise et décision, au moment même où notre pays a besoin d’avoir confiance dans ce système? Est-il sérieux de demander à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’absorber, tambour battant, la majeure partie d’un institut trois fois plus gros que lui?”, demandent ces responsables, qui cumulent à eux trois 20 ans de présidence de l’Opecst, sous cinq chefs d’Etat différents.

    Le projet “ne mesure pas les incidences de ce chamboulement qui pourrait paralyser la sûreté”, estiment-ils. “Il organise un retour en arrière de près de 40 ans, à l’époque où la sûreté nucléaire en France était un objet de dérision”.

    Avec la création de l’IRSN, en 2002, les pouvoirs publics voulaient “éviter les conflits d’intérêts, faire de l’IRSN le point de convergence entre l’expertise et la recherche, au service de la sûreté des installations nucléaires, mais aussi de la radioprotection, de la défense, du dialogue citoyen”.

    “Il aura suffi d’une réunion à huis clos, sans mission ni rapport ni visite de terrain, pour mettre à bas un mécanisme peaufiné par trois lois successives”, déplorent-ils.

    L’Opecst est l’organisme parlementaire attitré pour évaluer et contrôler le nucléaire civil.

    L’Office, dans sa composition actuelle, a émis plusieurs réserves face au projet gouvernemental de fondre rapidement l’IRSN au sein du gendarme du nucléaire, l’ASN, disant notamment craindre un “meccano administratif”.

    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/demanteler-lirsn-une-derive-dangereuse-selon-trois-ex-presidents-de-loffice-parlementaire-des-choix-scientifiques-230306

    .

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  • Une question jamais abordée dans les articles : qui va payer cette interconnexion ? Comment les coûts seront-ils répartis ?

    Elle intéresse surtout l’Espagne pour ses exportations, et l’Allemagne pour ses importations (le gaz russe n’étant plus si fiable). Mais la contribution UE devient de plus en plus dérisoire par rapport au coût maintenant prévu, que nous avons de bonnes chances de payer… Mais je suppose que la partie financière de l’accord est secrète, personne n’en parle, merci la transparence…

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