Crise du gaz russe : la France "en ordre de bataille" - L'EnerGeek

Crise du gaz russe : la France “en ordre de bataille”

Gazoduc Nord Stream 2 : revirement des Etats-Unis

Depuis lundi 11 juillet, l’Europe fait face à une coupure de l’approvisionnement en gaz russe. Les deux gazoducs de Nord Stream 1 sont en maintenance. Et Moscou en profite pour mettre la pression sur l’Europe. Quand les importations de gaz russe reprendront-elles ? Et quelles seront les quantités ? Face à une situation préoccupante, le gouvernement français s’est d’ores et déjà mis en ordre de bataille. Et les premières mesures viennent d’être annoncées pour éviter tout risque de pénurie d’énergie l’hiver prochain.

Nord Stream 1 : une maintenance qui inquiète l’Europe

Les pays européens le savaient : l’entreprise Gazprom, gestionnaire des gazoducs Nord Stream 1, avait prévu depuis des mois une opération de maintenance pour début juillet 2022. Mais dans le contexte des tensions entre la Russie et l’Europe, cette coupure sensée être temporaire revêt un caractère inquiétant.

En effet, avant même la maintenance, plusieurs pays européens ont constaté une baisse inattendue de leurs importations de gaz. L’Italie et l’Autriche ont été touchées. L’Allemagne a d’ores et déjà mis en place des restrictions pour être sûre de ne pas manquer de gaz. Et la situation force même le gouvernement français à prendre la parole pour envisager les pires scénarios possibles.

Le gouvernement veut “se mettre en ordre de bataille”

Elisabeth Borne, Bruno Le Maire, Agnès Pannier-Runacher. En l’espace d’une semaine, les prises de parole de membres du gouvernement se sont multiplié. Avec un double enjeu : rassurer la population et les entreprises face à une éventuelle pénurie, et l’anticiper en proposant dès maintenant des mesures d’économie de l’énergie.

Dès le 10 juillet, la ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a évoqué une éventuelle coupure des importations de gaz russe. D’après la ministre, il s’agit d’un “risque crédible”. La France doit-elle avoir peur du spectre de la pénurie d’énergie pour autant ? Non puisqu’à l’inverse d’autres pays européens, l’Hexagone repose sur un mix énergétique moins dépendant du gaz russe. Perdre cet apport énergétique implique toutefois une moins grande marge de manoeuvre pour piloter la consommation d’énergie du pays. Et la situation pourrait devenir sensible si l’hiver est rigoureux et nécessite de grosses dépenses énergétiques pour le chauffage.

Quel plan B pour l’hiver 2022 sans gaz russe ?

Pour préparer le prochain hiver, le gouvernement a déjà lancé un plan d’approvisionnement. Agnès Pannier-Runacher l’a elle-même expliqué. “Face à ce risque, nous agissons en diversifiant nos sources d’approvisionnement en gaz, en augmentant nos capacités avec le projet de terminal méthanier flottant au Havre et en accélérant le stockage.”

En parallèle, madame le premier ministre, Elisabeth Borne, est montée au créneau pour rassurer les Français sur la disponibilité des centrales nucléaires pour l’hiver. D’ici la fin d’année, la phase de maintenance des réacteurs va se conclure. Et les capacités de production d’électricité devraient retrouver un niveau normal.

La sobriété énergétique pour éviter tout risque de pénurie

De son côté, Bruno Le Maire plaide pour la sobriété énergétique. D’après le ministre de l’économie, il faut “nous mettre en ordre de bataille maintenant sur l’organisation, le délestage, la sobriété, la réduction de consommation…”
Bruno Le Maire estime que les industriels français risquent d’être touchés par cet objectif de sobriété énergétique. En cas de tension dans les approvisionnements, un effort sera demandé aux industriels, qui consomment beaucoup d’énergie. Certains sites seraient ainsi appelés à ralentir ou stopper temporairement leur activité.

Quels secteurs industriels devront accepter ces restrictions ? Pour l’instant, Matignon a précisé que les particuliers, les usines et les transports en commun ne seraient pas touchés par d’éventuelles restrictions énergétiques. Mais n’a communiqué aucune liste plus précise pour les industries concernées.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • “La France doit-elle avoir peur du spectre de la pénurie d’énergie pour autant ? Non puisqu’à l’inverse d’autres pays européens, l’Hexagone repose sur un mix énergétique moins dépendant du gaz russe.”

    Heuuuuu……
    GAZPROM a quand même livrer 14 milliards de M3 de gaz à la France l’année dernière et 40% des logements en France sont chauffés au gaz, surtout depuis que le gouvernement à poussé les gens à mettre leur chaudière fioul au rebut pour passer à des chaudières gaz à condensation avec subvention à la clé.

    Et quasiment toutes les grosses copropriétés type HLM sont chauffées au gaz.

    Même si on arrive encore à avoir du gaz, ça sera à un tarif BEAUCOUP plus élevé !!!

    Répondre

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