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Porsche parie sur le eFuel

Porsche parie sur le eFuel

Mi-février, Porsche présentait sa nouvelle 911 GT3. A cette occasion, Frank Walliser, le patron de la division sport de Porsche, a évoqué le projet eFuel sur lequel travaille le constructeur automobile. Porsche veut parier sur ce carburant synthétique, comme une alternative aux batteries électriques. L’idée de Porsche est simple : valoriser le eFuel pour prolonger la durée de vie des moteurs thermiques.

Le projet eFuel de Porsche avec Siemens Energy

Pour développer son eFuel, Porsche fait équipe avec Siemens Energy. Ce dernier développe le projet Haru Oni dans la province de Magallanes, au Sud du Chili. Siemens Energy et Porsche souhaitent installer la première usine de carburants synthétiques au monde. Et pour cela, ils bénéficient du soutien du ministère allemand de l’économie. Leur idée : implanter les unités de production au plus près de leur source d’énergie. La zone méridionale du Chili est en effet très favorable à l’énergie éolienne du fait des vents importants tout au long de l’année.

La future unité de production de Haru Oni doit donc intégrer une ferme éolienne et une usine de efuel, la première alimentant la seconde en énergie. Grâce à cet approvisionnement en énergie verte, les carburants synthétiques produits pourront se prévaloir de leur neutralité carbone.

L’ambition conjointe portée par Siemens Energy et Porsche, c’est de développer le eFuel dès 2022. L’échéance semble très proche, mais le constructeur automobile se montre optimiste. Porsche, qui sera le client principal du futur eFuel, attend une production annuelle de 130 000 litres dès 2022. Par la suite, la production doit rapidement monter en puissance. Siemens Energy annonce une capacité de production annuelle de 55 millions de litres d’eFuel à l’horizon 2024. L’usine portera sa production annuelle à 550 millions de litres d’eFuel dès 2026.

eFuel : un déploiement en plusieurs phases chez Porsche

Porsche a déjà annoncé un investissement de 20 millions d’euros pour le eFuel. Mais ce n’est qu’un début. Le constructeur allemand table sur un déploiement du eFuel en plusieurs phases. Dans un premier temps, le technocentre Porsche ainsi que la division sport pourront utiliser le eFuel. Mais le sujet des carburants synthétiques doit rapidement monter en puissance au sein de Porsche.

Oliver Blume, le PDG de Porsche, l’affirme : “L’électromobilité est une priorité absolue chez Porsche.” D’après lui : “Les carburants synthétiques […] constituent un élément supplémentaire sur la voie de la décarbonisation.” Et à ceux qui envisagent des freins au eFuel, Oliver Blume s’empresse de lister les avantages des futurs carburants synthétiques. D’après lui : “Leurs avantages résident dans leur facilité d’application : les e-carburants peuvent être utilisés dans les moteurs à combustion et les hybrides rechargeables, et peuvent utiliser le réseau existant de stations service. En les utilisant, nous pouvons apporter une contribution supplémentaire à la protection du climat”. Il va sans dire que la perspective d’allonger la durée de vie des moteurs thermiques est aussi une motivation pour le constructeur allemand. D’autant que le PDG de Porsche insiste sur un point crucial : les constructeurs ont déjà une “une large expertise technique” en matière de moteurs thermiques. Il précise : “Nous savons exactement de quelles caractéristiques de carburant nos moteurs ont besoin pour fonctionner avec un impact minimal sur le climat”. De quoi remettre les pendules à l’heure.

De son côté, Frank Walliser, qui dirige la division sport de Porsche, a apporté des précisions sur les performances attendues du futur eFuel. “Nous nous attendons à une réduction de CO2 de 85%. D’un point de vue “du puits à la roue”, et vous devez prendre en compte l’ensemble de la chaîne pour tous les véhicules, il s’agira du même niveau de CO2 dans la fabrication et l’utilisation d’un véhicule électrique”.

Le eFuel va-t-il séduire les consommateurs ?

Porsche n’est pas le seul constructeur automobile à s’intéresser au eFuel. D’autres constructeurs, notamment Audi, financent aussi des recherches dans le domaine des carburants de synthèse. Cette alternative aux véhicules électriques a de quoi séduire. Elle implique très peu de changements structurels pour l’industrie automobile, au contraire de l’électromobilité. Mais qu’en est-il des consommateurs ? A l’heure actuelle, les tarifs éventuels du eFuel ne sont pas encore communiqués. Quel sera le prix à la pompe ? Sera-t-il plus attractif que les carburants conventionnels ? Pourra-t-il rivaliser avec un plein électrique ? Ces questions restent en suspens. Seule certitude : le prix de vente des véhicules thermiques ne devrait pas être impacté. Et à l’heure actuelle, il reste inférieur à celui des véhicules électriques.

Frank Walliser confirme une transition sans contrainte pour les consommateurs. Il explique : “L’idée générale derrière ces carburants synthétiques est qu’il n’y a pas de changements mécaniques nécessaires, contrairement à ce que nous avons vu avec l’éthanol E10 ou E20. Donc vraiment tout le monde peut l’utiliser.”

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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