L'AIE publie son rapport 2020 sur le charbon - L'EnerGeek

L’AIE publie son rapport 2020 sur le charbon

Rapport de l'AIE sur le charbon 2020

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient de publier, jeudi 18 décembre, son rapport sur le charbon. L’analyse de l’Agence fait le point sur le marché en 2020. Elle dresse aussi les perspectives de la filière charbon pour l’horizon 2025. Premier enseignement : la demande de charbon a connu une baisse historique en 2020. Et le marché devrait atteindre un seuil palier dès 2025.

L’AIE pointe une année 2020 en demi-teinte pour le charbon

En 2019, la demande mondiale en charbon avait baissé de 1,8%. Une baisse alors expliquée par la diminution de la part d’électricité produite grâce au charbon. Mais comme l’observe l’AIE dans son rapport, l’année 2020 est exceptionnelle à plus d’un titre. La tendance baissière se confirme en 2020. Et elle est historique. Depuis le 1e janvier 2020, la demande mondiale de charbon a diminué de 5%. C’est sa plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale. La baisse est à sensiblement la même en matière de production d’électricité que dans la production industrielle. La seule réelle surprise, c’est que la baisse ne soit pas plus importante.

“Le déclin général dans la demande mondiale de charbon en 2020 s’avère moins importante que ce qui était estimé au début de l’année, quand l’épidémie s’est répandue et intensifiée dans le monde.” Dans son rapport, l’AIE explique ce décalage par une relance industrielle plus rapide et plus forte que prévue en Chine. La demande en énergie a donc été moins affectée que ce que prévoyait l’AIE au premier trimestre 2020.

2021 : quelle tendance sur le marché du charbon ?

Sans surprise, c’est en Chine que l’avenir du charbon va se décider. La Chine est le premier producteur et premier importateur mondial. Le pays est aussi le premier consommateur mondial. L’AIE rappelle qu’il capte à lui seul plus de 50% de la production de charbon mondiale.

L’AIE estime qu’en 2021, la demande de charbon au niveau mondial devrait connaître un rebond avec une hausse de la demande de 2,6%. Le rapport de l’AIE précise aussi que “les prix plus élevés du gaz naturel et la demande en électricité devraient ralentir le déclin structurel du charbon dans l’Union Européenne et aux Etats-Unis”. Ces deux zones devraient voir leur consommation de charbon repartir à la hausse pour la première fois depuis une dizaine d’années. L’Europe et les Etats-Unis ne représentent ensemble que 10% de la consommation mondiale de charbon. Les effets de ce rebond devraient donc être limités. La demande viendra principalement de Chine, mais aussi d’Inde et du sud-est de l’Asie.

L’AIE attend un “plateau” de la demande pour 2025

Dans son rapport, l’AIE pointe un avenir en deux temps pour la filière du charbon. Dans les cinq prochaines années, la demande de charbon devrait augmenter jusqu’à atteindre un pallier en 2025. “D’ici à 2025, la demande globale de charbon devrait se stabiliser autour de 7,4 milliards de tonnes.” Le rapport souligne toutefois que de fortes disparités vont s’établir selon les pays. En Europe et en Amérique du Nord, la demande va poursuivre son déclin après un rebond temporaire en 2021.

Ailleurs dans le monde, plusieurs pays ont déjà initié une transition énergétique dans laquelle le charbon n’a plus sa place. Pour la seule année 2020, les annonces se sont succédé dans ce sens. Le Japon et la Corée du Sud sont tous deux engagés dans une réduction de la consommation de charbon. Le Bangladesh, le Viet Nam et les Philippines ont pris des mesures pour limiter leurs investissements dans le charbon. En Egypte, les plans de développement énergétique par le charbon ont même été annulés.

Malgré les effets disruptifs de la crise de Covid-19 sur le marché énergétique, la tendance ne devrait donc pas infléchir. Entre 2018 et 2020, l’AIE rappelle que la consommation mondiale de charbon avait baissé de 7%. Elle est ainsi passée sous le seuil symbolique des 500 millions de tonnes. Un record historique. Depuis 1971 et le début des observations de l’AIE, le charbon n’avait jamais encaissé un tel recul. Et à mesure que les politiques énergétiques vont privilégier les énergies vertes, la tendance baissière devrait se trouver confortée.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Il faut obliger mondialement à décarbonner les rejets atmospériques des centrales à charbon, et aux hydrocarbures: Climeworks est une société suisse. Le 31 mai, elle réalisera sans doute un beau rêve en inaugurant
    sa première usine de capture de CO2 dans l’air. Ce bijou technologique au service de l’écologie,
    ouvrira à Hinwil, dans une petite municipalité suisse.

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