Une "révolution industrielle verte" pour le Royaume-Uni - L'EnerGeek

Une “révolution industrielle verte” pour le Royaume-Uni

Boris Johnson souhaite une révolution industrielle verte

Boris Johnson se prépare à accueillir la prochaine conférence de l’ONU sur le climat, en novembre 2021. Le premier ministre britannique vient d’annoncer son intention de défendre une “révolution industrielle verte”. Le Royaume-Uni devrait drastiquement limiter ses investissements dans les énergies fossiles. Boris Johnson souhaite aussi réduire les émissions de CO2 dans plusieurs secteurs industriels phares tels que l’énergie et les transports.

Le Royaume-Uni plaide pour une véritable “révolution industrielle verte”. C’est par ces mots que Boris Johnson a présenté, le 11 décembre dernier, son plan de relance verte. Pour le premier ministre britannique, il ne fait aucun doute que “nos actions, en tant que dirigeants, ne doivent pas être motivées par la timidité ou la prudence, mais par une ambition vraiment à grande échelle”.

Cette annonce intervient dans un contexte particulier. La conférence de l’ONU pour le climat, la COP26, devait en principe se dérouler en novembre dernier à Glasgow. Crise sanitaire oblige, elle aura lieu en 2021. Le rendez-vous était particulièrement attendu. En effet, l’Accord de Paris fête cette année ses 5 ans, et de nombreuses ONG espéraient un regain de mobilisation en faveur de la transition énergétique. Boris Johnson, privé de la tribune de la COP26, a toutefois décidé d’annoncer plusieurs mesures en faveur d’une nécessaire révolution industrielle verte.

Un plan de relance en forme de révolution industrielle verte

Le premier ministre britannique a décidé de plaider en faveur d’un plan de relance orienté vers la transition énergétique. Sur les quatre dernières années, le gouvernement conservateur a soutenu les énergies fossiles à hauteur de 23 milliards d’euros. Il a notamment financé les exportations de pétrole et de gaz. Mais tout ça va changer dans les prochaines années. “Je suis heureux d’annoncer aujourd’hui que le Royaume-Uni mettra fin au soutien financier aux projets d’énergies fossiles à l’étranger dès que possible.” L’annonce de Boris Johnson ne présente aucune échéance précise. Et elle n’apporte aucun élément sur les projets fossiles domestiques. L’annonce est toutefois importante.

En parallèle de ce désengagement des énergies fossiles, Boris Johnson souhaite développer les énergies renouvelables au Royaume-Uni. Le premier ministre évoque une révolution industrielle verte qui doit permettre d’opérer une transition énergétique raisonnée. Plusieurs projets gouvernementaux doivent favoriser la transition énergétique dans les transports, dans la filière de l’énergie ainsi que dans le bâtiment. Ce sont les trois secteurs qui émettent le plus de CO2 sur le territoire britannique. L’objectif affiché par le premier ministre est audacieux : réduire les émissions de CO2 du pays d’au moins 68% à l’horizon 2030. Boris Johnson table aussi sur la création de 250 000 emplois verts d’ici 2030.

13,4 milliards d’euros pour un plan en 10 points

Dans le détail, Boris Johnson a présenté une feuille de route qui tient en dix points essentiels. Un budget exceptionnel de 13,4 milliards d’euros financera l’ensemble du programme. Une ambition saluée par plusieurs ONG, notamment Greenpeace. L’enthousiasme est plus modéré chez l’opposition. Le parti travailliste a en effet présenté récemment son propre projet de relance verte avec un budget de 33 milliards d’euros.

En matière d’énergie, la révolution industrielle verte prônée par le Royaume-Uni met les énergies décarbonées à l’honneur. Le plan de relance prévoit des investissements pour la filière nucléaire et pour la production d’hydrogène. Il vise aussi à multiplier par quatre la capacité de production éolienne du pays. L’ambition est claire : alimenter en électricité verte tous les foyers du pays d’ici 2030.

La mobilité douce représente l’autre grand volet de cette révolution industrielle verte. La plus grosse annonce est sans conteste le changement d’échéance pour l’arrêt de la vente des voitures thermiques. Le Royaume-Uni devait les interdire en 2040. Boris Johnson ramène finalement la date limite à 2030. En complément, le gouvernement débloque un fonds de 2,2 milliards d’euros pour soutenir la mobilité douce (en priorité la pratique du vélo). Le premier ministre ambitionne également de construire au Royaume-Uni le premier avion long courrier à zéro émission.

Pour le bâtiment, une enveloppe de 1,1 milliard d’euros en faveur de la rénovation thermique. Comme en France, les pouvoirs publics espèrent lutter contre les passoires énergétiques en encourageant les particuliers à rénover leurs logements pour améliorer leur performance énergétique. Une partie de l’enveloppe servira à financer la rénovation énergétique des bâtiments publics.

Enfin, le plan doit allouer 223 millions d’euros dans la recherche et le développement d’initiatives de stockage pour le dioxyde de carbone. Le premier ministre souhaite aussi planter 30 000 arbres chaque année dans le pays.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Même si le Royaume-Uni est très actif au plan climat et énergies renouvelables, il est probable que Boris s’adapte comme sa chevelure au fil du vent !

    Avec d’un côté une Ecosse qui accueille la Cop26 et qui est régulièrement tentée par l’indépendance et proche des 100% renouvelables (plus un potentiel de stockage très élevé, sans évoquer la production et l’export notamment d’hydrogène) et de l’autre une Irlande qui vise 65% de renouvelables d’ici 2030, il ne faut pas jouer avec le feu !

    Un Brexit de l’énergie n’avait aucun intérêt pour aucun pays ni pour le climat et moins encore pour les britanniques, et ce que n’ont pas dit les brexiteurs, qui n’étaient pas à un gros mensonge près, c’est que le Brexit :

    – pourrait coûter plus cher au plan énergétique aux britanniques (par exemple moins de facilités d’échanges sur les marchés de court et long-terme liées à la réglementation européenne de couplage des marchés)

    – éventuellement moindre interopérabilité des réseaux exposant plus le Royaume-Un aux pics de consommation et aléas climatiques extrêmes, incident de production etc

    – moins de bénéfices au plan des programmes de R&D dans le domaine de l’énergie et technologies associées et échanges scientifiques en général

    etc

    Au plan climatique en Union européenne çà donne un peu plus de poids à la Pologne qui notamment grâce à l’Union progresse mais part de très loin (près 80% d’électricité au charbon actuellement et 56% attendus en 2030 avec d’ici 2040 au moins 23% de renouvelables dans la consommation d’énergie finale et au moins 32% dans pour l’électricité)

    Moins il y aura Brexit de l’énergie, mieux çà vaudra pour tout le monde et notamment les britanniques mais compte tenu des situations notamment de l’Ecosse, de l’Irlande etc, il est probable qu’il n’y ait pas d’exigences trop fortes sur ce plan de la part du Royaume-Uni

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  • Avec la sortie commerciale de la voiture électro-solaire Aptera aux Etats-Unis et un coefficient de traînée (Cd/Cx) de seulement 0,13 (à comparer à 0,23 pour une Tesla ou 0,22 pour la récente Porsche), et qui ne consomme que 62 Wh/km soit 4 fois moins que les véhicules électriques courants et 2,5 fois mieux que la Tesla 3 ou la Lucid Air (mais on peut faire mieux encore avec le couplage solaire + supercondensateurs hybrides : voir Nawa Technologies, Stee45, Skeleton Technologies etc)…

    … de même qu’en France celle en véhicule urbain/péri-urbain de l’Urbaner (Laval, Pays de Loire), tricycle fermé 3 places à assistance électrique qui ne produit que 6 gr de CO2 par km…

    … un très bon article, (certes assez sommaire mais utile), sur l’intérêt des véhicules intermédiaires en terme d’efficacité énergétique (ce n’est pas seulement le poids qu’il faudrait taxer mais aussi les quelques principaux paramètres qui influent le plus sur la consommation d’énergie et de ressources (Cx etc)

    https://theconversation.com/malus-poids-emissions-de-co-interessons-nous-enfin-aux-vehicules-intermediaires-148650

    .

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  • Beaucoup d’entreprises développent ces types de véhicules au Royaume-Uni et autres pays d’Europe et la réduction des émissions et de l’utilisation des ressources, surfaces etc est très efficace, mais leurs ventes sont encore réduites (prix souvent élevés etc) alors que la demande est importante

    Il auraient donc sans doute intérêt à créer des alliances, au moins pour certains d’entre-eux

    L’Urbaner (Laval, France) prix entre 4000 et 5000 euros :

    https://www.hprsolutions.fr/

    .

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  • L’Aptera (Etats-Unis,) solar electric vehicle (sEV), 62 Wh/km, jusqu’à 72 km d’apport solaire par jour, voire plus (similaire à la Lightyear One) et jusqu’à 1600 km d’autonomie. Prix environ 20.000 euros HT

    Il est plus que temps que les usagers de la route quittent leur Suv et décarbonent, çà fait un demi-siècle qu’on leur demande !

    https://www.youtube.com/embed/dr05LvcWzC0

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  • L’Aptera (Etats-Unis,) solar electric vehicle (sEV), 62 Wh/km, jusqu’à 72 km d’apport solaire par jour, voire plus (similaire à la Lightyear One) et jusqu’à 1600 km d’autonomie. Prix environ 20.000 euros HT

    Il est plus que temps que les usagers de la route quittent leur Suv et décarbonent, çà fait un demi-siècle qu’on leur demande !…

    https://www.youtube.com/embed/dr05LvcWzC0

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