Un manifeste pour l’intelligence artificielle au service de l’industrie : c’est le projet auquel plusieurs énergéticiens français ont apporté leur soutien, le 3 juillet 2019. Le projet est chapeauté par le ministère de l’économie et des finances. Il vise à lancer un plan d’action coordonné entre acteurs publics et privés. Le but : faire de l’IA le levier stratégique de la transition énergétique.
Les industriels français s’engagent avec le ministère de l’économie
Le ministère de l’économie et des finances a lancé sa stratégie AI for Humanity pour encourager les programmes de soutien à l’intelligence artificielle. Dans ce cadre, il a signé, mercredi 3 juillet 2019, un manifeste pour l’intelligence artificielle au service de l’industrie. Huit grandes entreprises françaises l’ont aussi signé, au rang desquelles plusieurs énergéticiens : le groupe EDF, Total ainsi que Air Liquide. Ensemble, les signataires veulent établir un diagnostic commun et le rendre public d’ici septembre 2019. Ils espèrent aboutir à un plan d’action national avant la fin d’année 2019.
D’après le communiqué commun, « Les industriels engagent un travail commun sur les enjeux posés par le développement des technologies en IA, adaptées aux besoins industriels, en particulier en matière de données massives, critiques pour la compétitivité. L’objectif est d’atteindre plus rapidement une masse critique sur les sujets de recherche prioritaires. » Dans le détail, les industriels signataires vont mutualiser leurs moyens de recherche et de développement dans une approche ouverte. A terme, leur démarche doit permettre d’accroître la visibilité des usages de l’IA dans l’industrie. Un deuxième enjeu concerne le recrutement de talents en France pour aider la filière à se structurer.
La France investit dans l’intelligence artificielle
Bruno Le Maire a ajouté que la France allait investir 1,5 milliard d’euros d’ici 2022 pour soutenir le développement de l’intelligence artificielle dans l’Hexagone. La recherche disposera d’un budget de 650 millions d’euros. Les 800 millions restants financeront les premiers projets. Enfin, le ministère de l’économie lancera un « Challenge IA », avec 5 millions d’euros de dotation, pour amener les PME à s’engager dans le projet.
Mais les industriels n’ont pas attendu les pouvoirs publics pour investir dans la recherche et développement en matière d’IA. En 2018, le groupe EDF a ainsi financé des projets d’innovation dédiés à l’IA à hauteur de 650 millions d’euros au niveau mondial.
Metron, la jeune pousse de l’intelligence artificielle adaptée aux systèmes énergétiques, bénéficie aussi de l’essor de l’IA. Après avoir levé 10,9 millions d’euros en 2018, l’entreprise tricolore vient de boucler, en juin dernier, une levée de fonds de 10 millions d’euros supplémentaires. Son but : accroître son développement à l’international.
La Commission européenne débloque 50 millions d’euros pour l’IA
La France a devancé la Commission européenne sur le sujet de l’intelligence artificielle. Le 11 juillet dernier, une semaine après la signature du manifeste industriel français, la Commission a annoncé qu’elle allait débloquer 50 millions d’euros. Ce budget servira pour la création de réseaux d’excellence en intelligence artificielle. Le projet fait partie du programme Horizon 2020, qui ambitionne de renforcer la position européenne dans les technologies de pointe. Dans le cadre de ce projet, l’UE compte investir 80 milliards d’euros en sept ans.
L’intelligence artificielle est devenue une des priorités du projet ; son budget a augmenté de 70% en 2019 par rapport à 2018. La Commission a notamment investi 20 millions d’euros pour créer la plateforme AI4EU. Un outil qui accompagnera la recherche au niveau européen.
Avec ces projets, l’Europe espère rattraper son retard dans les investissements en AI. En 2017, l’Amérique du Nord avait investi 23 milliards d’euros. L’Asie avait investi 12 milliards d’euros. Et l’Europe seulement 4 milliards d’euros.
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