France : l'éolien offshore est à la peine depuis la PPE

France : l’éolien offshore est à la peine depuis la PPE

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Depuis 2011 et le lancement du premier appel d’offres français, l’éolien offshore a du mal à se faire une place en France. L’accent est souvent mis sur le solaire et l’éolien terrestre, mais les parcs éoliens en mer semblent être les laissés pour compte de la transition énergétique française. Et avec la nouvelle PPE, cela ne devrait guère changer, en dépit du décret publié le 21 décembre 2018 pour compléter le régime de contentieux “applicable à certaines décisions relatives aux installations de production d’énergie renouvelable en mer“…

Dunkerque : le projet d’éoliennes en mer sera bouclé en 2019

A l’occasion du comité interministériel de la mer (CIMer), le gouvernement a annoncé le 15 novembre 2018 des précisions sur le projet de parc éolien offshore au large de Dunkerque. Ce futur champ éolien s’étendra sur une superficie totale de 70 km2. Ce parc d’une puissance de 500 MW sera situé à 10 km au large de Dunkerque. A ce stade, plusieurs concurrents ont déjà manifesté leur intention de participer.

Le premier ministre Edouard Philippe, ancien maire du Havre, a toutefois indiqué que le choix de l’entreprise pour construire le parc éolien offshore aura lieu mi-2019. Initialement, le choix aurait pourtant dû être fait en fin d’année 2018. Dix entreprises font déjà partie de la pré-sélection, effectuée par le gouvernement en mai 2017. Les français EDF et Engie font partie de cette liste, mais c’est également le cas d’Equinor (Norvège) ou de Vattenfall (Suède), des acteurs économiques qui ne sont pas encore engagés dans l’éolien offshore en France.

Des projets déjà en cours et bientôt 4 nouveaux chantiers ?

Autre grand chantier prévu pour l’éolien offshore français : le futur parc de Saint-Nazaire. Emmanuel Macron a fait du projet de Saint-Nazaire l’une des priorités de son quinquennat. Le projet est déjà bien avancé, et il devrait en toute logique être mis en service d’ici à 2022.

Par ailleurs, d’autres chantiers déjà en cours devrait également renforcer la part des EnR au sein du mix électrique français. C’est notamment le cas du parc prévu en Vendée, entre l’île de Noirmoutier et l’île d’Yeu. Pour tenter de répondre aux attentes des professionnels, un décret a justement été publié le 21 décembre 2018. Celui-ci complète notamment “le régime contentieux applicable à certaines décisions relatives aux installations de production d’énergie renouvelable en mer et leurs ouvrages connexes‘.

Les industriels déçus par le gouvernement

Néanmoins la filière de l’éolien offshore s’est montrée déçue par les annonces du chef de l’Etat sur la future PPE. Le président Emmanuel Macron s’est engagé à déployer au maximum 5,2 GW d’éolien offshore d’ici à 2028, avec un objectif intermédiaire fixé à 2,4 GW pour 2023. Or c’est moins que ce qu’espérait la filière. Pour l’instant, seuls quatre nouveaux appels d’offres ont été annoncés d’ici la fin du quinquennat. Pour rappel, dans un récent rapport publié par la Cour des Comptes, les magistrats du Palais Cambon ont indiqué que déjà plus de 120 milliards d’euros avaient été consacrés au développement des énergies renouvelables intermittentes.

France Energie Eolienne (FEE), la fédération qui regroupe les professionnels de l’éolien, aimerait cependant revoir à la hausse les ambitions pour le pays. Le Syndicat des Energies Renouvelables aimerait aussi profiter davantage de la façade maritime hexagonale… Dans une interview, le président Jean-Louis Bal constate amèrement : “je pense à l’éolien en mer, pour lequel les trajectoires données et la programmation des appels d’offres ne nous paraissent compatibles avec la pérennisation d’une filière qui peut déjà créer 15 000 emplois avec les six premiers appels d’offres et a un grand potentiel d’exportation”.

L’éolien offshore offre de solides perspectives à l’international

De son côté, Béatrice Buffon, la directrice générale adjointe d’EDF Renouvelables, est montée au créneau pour défendre la filière. Elle estime dans une interview accordée au journal Ouest-France : “Ce qu’on espèce c’est que, d’ici une dizaine d’années, on atteigne des prix compétitifs car les technologies évoluent et les prix sont amenés à baisser.” Elle se montre également confiante sur le développement de la filière de l’éolien offshore au niveau mondial : “Aujourd’hui, l’Europe domine avec plus de 4 000 éoliennes installées en mer et des perspectives de développement important. La Chine et l’Amérique du Nord lancent aussi des programmes pour leurs grosses mégalopoles situées sur la côte comme New-York ou Shangaï.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Arnaques en chaîne, que nos Gilets Jaunes feraient bien de prendre en compte : les 4 parcs offshore déjà décidés, avec des subventions délirantes de 40 milliards d’€ pour les consommateurs, avaient, dixit la com. gouvernementale, été renégociés pour ramener ces subventions à 25 milliards “seulement” (à comparer aux 10 milliards accordés suite à la fronde des GJ !) : https://www.actu-environnement.com/ae/news/eolien-offshore-tarif-achat-parcs-negociation-31519.php4
    Or, il n’y a jamais eu 15 milliards de ristourne consentis par les industriels : on leur a “fait cadeau” des coûts de raccordement des éoliennes au réseau, d’un montant équivalent !
    C’est donc le RTE qui payera ces frais, c’est à dire les consommateurs car RTE les répercute sur la taxe TURPE qui pèse sur nos factures EDF. Arnaque !!!
    En réalité, nous n’avons pas besoin (et encore moins la possibilité de nous offrir) de tels projets car en France nous ne manquons pas d’électricité, vu que celle-ci n’émet pas de GES grâce au nucléaire et à l’hydraulique.
    L’objectif implicite est pour le gouvernement de conserver les faveurs du parti politique antinucléaire EELV venu d’Allemagne, et de soutien du lobby des énergies renouvelables (FEE, SER cités dans l’article).
    La Cour des Comptes a également évalué à 121 milliards d’€ les sommes engagées en faveur de ces lobbies sur 20 ans, et déjà en partie payée par les consommateurs-citoyens dont le pouvoir d’achat diminue (cité également dans l’article).
    Quand nos concitoyens, GJ ou pas, dénonceront-ils cette politique néfaste qui ne profite qu’à quelques partis politiques et industriels ? D’autant que les subventions précitées sont signées pour 20 ans, donc engagent nos enfants.

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  • @ Studer et Dan :

    Votre analyse est à courte vue et vous faîtes plusieurs erreurs :

    – l’éolien offshore démarre à peine en France alors qu’il est nettement plus avancé en Chine, Viêt-Nam, Japon, Corée du Sud, Etats-Unis, Taïwan etc

    EELV qui n’a plus aucun député et n’existe plus ou encore les syndicats d’ENR (où de multiples technologies sont en concurrence) n’ont pas d’influence dans ces pays alors que l’éolien offshore s’y développe rapidement.

    Le choix correspond donc uniquement à des enjeux industriels et de marché.

    – si les prix en offshore sont encore élevés en France c’est en raison :

    . de la profondeur plus élevée en éolien posé (jusqu’à 30 à 40 mètres) qu’ailleurs en Europe
    . des délais de procédures et blocages en France : 4 à 5 ans ailleurs en Europe, souvent le double en France auquel il faut ajouter 3 ou 4 ans de procédures que l’on ne retrouve pas ailleurs.
    . l’opérateur de réseau lui même fait l’objet de procédures. Par exemple un riverain isolé suffit à générer des délais, blocages et coûts.

    – la prise en charge du raccordement a été votée avant la renégociation de ces parcs et non pas pendant. Ce n’est pas un cadeau car çà ne change rien à la prise en charge publique mais çà permet une meilleur gestion des travaux et d’éviter des délais et coûts supplémentaires. C’est pour cette raison une pratique assez générale notamment dans les pays d’Europe du Nord et ailleurs.

    – je ne sais où vous avez trouvé 15 milliards d’euros pour des raccordements car c’est en pratique bien inférieur

    – les contrats stipulent la production locale d’éolienne etc donc d’importantes retombées pour de nombreuses entreprises et emplois. Cà compte toujours dans les coûts puisqu’il faut créer des installations en régions etc Et c’est bien le cas avec des retombées locales pour les ports concernés qui comptent exporter des équipements éoliens.

    – il y a clairement soutien à la filière car d’autres pays ont largement soutenu leurs filières industrielles comme le Chine parmi d’autres. Ne pas le faire c’est donc perdre les revenus et marchés et dépendre ensuite durablement des autres pour notre énergie.

    – le prix initial est certes élevé mais il faut déduire l’ensemble des retombées qui sont nombreuses, voir que le marché mondial est important et se développe et qu’il est nécessaire que l’on en capte le maximum dont les retombées export sont très importantes (comme c’est la cas pour le Danemark : 74 milliards d’euros par an, l’Allemagne etc sans parler de la Chine) et que les prix baissent rapidement : on est au plus bas à 45 euros le MWh éolien offshore en Europe et les Etats-Unis s’attendent à 20 euros le MWh à terme compte tenu de la taille grandissante des turbines notamment. Et même si les sites sont différents les perspectives d’ici 2030 sont tout à fait compétitives. Ce n’est pas le cas du nucléaire qui même en Chine n’est que peu arrivé à réduire ses prix malgré de gigantesque commandes. On est par exemple à 92 £ le MWh (104 euros) à Hinkley Point et ce contractuellement pour 35 ans (et plus ensuite en raison de rénovations etc) et tous frais non inclus. Il y a peu de chances que l’on arrive donc en France à baisser beaucoup les prix des EPR et comme vous le dîtes nous avons temporairement trop d’électricité.

    – erreur quand même de votre part puisque nous devons passer une période critique entre 2020 et 2025 et la majeure partie des parcs offshore qui vont s’ouvrir dans cette période (plus rapidement que d’autres énergies) et alors que l’on va fermer des centrales thermiques en Europe (dont l’Allemagne) sont bienvenus à temps.

    – vous n’avez pas lu en détail le rapport de la cour des comptes sinon vous auriez relevé que les dérapages se sont arrêtés en 2011 et qu’ensuite cette dernière relève que les choses sont rentrées dans les normes et qu’il y a eu des retombées positives en terme de créations d’entreprises, d’emplois et d’export ce dont il faut tenir compte dans le “bilan net” (dépenses/recettes).

    – La CSPE concerne 16% de la facture moyenne d’électricité et la part de toutes les renouvelables 9%. Dans ces 9% sont à intégrer pour 20%, et plus à l’avenir, les compétitifs réseaux de chaleur qui sont moins coûteux pour le public que le gaz, de même le biogaz qui profite aux agriculteurs comme le solaire etc et qui sans cela impliquerait souvent des aides supplémentaires pour ces derniers alors que cela réduit nos importations d’énergies fossiles (56 milliards par an en moyenne depuis plus de 20 ans)et notamment d’engrais.

    – pour mémoire l’éolien terrestre en France est tombé à 58 euros le MWh sans subventions (malgré les anti-éoliens systémiques) et 55 euros le MWh pour le solaire et les prix continuent régulièrement leur baisse, alors que le prix moyen de marché de l’électricité est autour de 60 euros le MWh. Il y a donc bien forte baisse des prix des renouvelables au fil du temps, ce que l’on ne constate pas autant pour le nucléaire mais le plus souvent l’inverse.

    – les anti-éoliens ont participé à faire couler Alstom qui travaillait pas seulement dans les renouvelables mais aussi le nucléaire, parti depuis chez GE avec les turbines Arabelle. Cà concernait de nombreux gilets jaunes qui se sont retrouvés sans emplois. Il vous a donc aussi échappé qu’EDF est partie prenante dans ce marché éolien offshore et dès lors qu’il est déjà en grande difficulté dans le nucléaire avec 60% du marché détenu par Rosatom et quasiment le reste par la Chine, si vous demandez à EDF de produire dès à présent à 60 euros le MWh ou en dessous tant dans l’éolien offshore que dans le nucléaire, il n’y arrivera pas et terminera comme Areva qui sans aide du gouvernement aurait été en faillite totale.

    Donc je ne défends pas les prix actuels de l’éolien offshore en France, je précise simplement qu’il faut intégrer tous les aspects et perspectives pour juger objectivement et ne pas se réveiller dans 10 ans pour s’apercevoir que nous avions une fois encore raté un marché, les entreprises et emplois durables et retombées qui vont avec.

    Il est donc cohérent d’intégrer les aspects emplois, exports et les perspectives pour juger des prix et le timing n’est pas trop précoce si vous prenez la peine de regarder de plus près l’essor et la taille de ce marché éolien offshore dans le monde et qui est déjà très important en Europe.

    Ce ne sont pas les quelques parcs offshore à prix certes élevé qui vont faire fortement grimper les prix de l’électricité alors que par ailleurs les prix de l’éolien terrestre et solaire continuent de baisser notamment avec le repowering éolien terrestre et compensent.

    En outre comme le rappellent les modélisation d’Artelys qui se basent sur les chiffres EDF et RTE, l’option la plus compétitive pour la France consiste à développer massivement les énergies renouvelables d’ici 2050 et 2060, et les modélisations sont bien meilleures que les analyses “pifométriques” de Studer ou Dan !

    Demandez aux gilets jaunes s’il préfèrent perdre leurs emplois durablement ou que l’on soutienne de manière relative des industries et emplois en France. Leur réponse ira forcément aux emplois

    Les renouvelables ont plus d’avenir que les EPR c’est incontestable quelles que soient les études et constats ou avis très personnels :

    https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/la-france-n-a-pas-besoin-de-nouveaux-epr-car-ils-ne-seraient-pas-competitifs-selon-l-ademe-146700.html

    .

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  • @ Studer : sans doute encore une influence EELV ou du syndicat des ENR lol ! :

    Le gouvernement japonais vient d’adopter un projet de loi qui établit un cadre national pour le développement de l’éolien offshore.

    Ca va aider Tepco après ses ruineuses mésaventures nucléaires.

    “Il s’agit d’une étape cruciale pour la future stratégie énergétique du Japon, qui envoie un signal fort indiquant que le gouvernement est déterminé à investir à long terme dans l’énergie éolienne offshore.”

    “Au cours des dix dernières années, l’éolien offshore a connu un succès phénoménal au Royaume-Uni et en Europe, grâce à une combinaison de soutien à l’innovation et à un cadre politique constructif. Cela a entraîné une réduction rapide des coûts permettant un déploiement à grande échelle et nous attendons avec impatience de partager nos expériences et les leçons apprises pour aider le Japon à récolter les fruits de cette importante source d’énergie renouvelable”.

    Longtemps considéré comme un marché potentiellement important pour l’éolien offshore – et pour l’éolien offshore flottant en particulier – les développements politiques au Japon signifient qu’il est maintenant sur le point d’atteindre le point où les projets vont réellement démarrer.

    https://www.owjonline.com/news/view,japanese-legislation-will-jump-start-offshore-wind-development_56082.htm

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