Charbon vs Nucléaire : répartition des efforts climatiques

Charbon vs Nucléaire : répartition des efforts climatiques

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Ce mardi 18 décembre 2018, au lendemain de la COP24, l’Energeek publie une dataviz pour faire le point sur la répartition des efforts climatiques des différents blocs régionaux identifiés par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), tout en se focalisant sur l’exemple de certains pays grâce aux chiffres de la banque mondiale…

Les pays industrialisés assument leur responsabilité vis-à-vis du dérèglement climatique ?

 

Premier constat frappant, les efforts pour le climat sont principalement supportés par les pays anciennement industrialisés. Seule exception, l’Afrique subsaharienne. Dans l’interview de Julien Aubert publiée sur notre site, le député permet néanmoins de mettre en perspective cette représentation visuelle : « le maigre effort fait par l’Europe a été plus que balayé par les émissions américaines et chinoises ». En somme, même si le vert prédomine sur notre carte, il ne faut toutefois pas penser que les efforts consentis sont à la hauteur des enjeux, mais plutôt qu’un mouvement a été enclenché par les principaux émetteurs historiques de GES, notamment après la signature de l’Accord de Paris. Pour simplifier encore plus, nous pouvons retenir que plus un pays génère de la croissance, plus il est en mesure d’investir dans des technologies propres. A cet égard, il est donc décevant de voir que ni les Etats-Unis, ni la Chine, ne participent la coalition des pays les plus ambitieux lancée lors de la COP24.

Autre précision importante pour la compréhension de la dataviz, nous nous sommes concentrés sur les conséquences climatiques des politiques énergétiques. Autrement dit, nous n’avons délibérément pas tenu compte de l’utilisation des terres et des changements d’affectation des terres et foresterie (UTCATF) ; une mission pour le Haut conseil pour le climat présidé par Corinne Le Querré ?

Alors que la fondation pour la Nature et l’Homme, Oxfam et Greenpeace a lancé mardi 18 décembre un appel afin de mobiliser l’opinion publique contre les dérèglements climatiques, certains experts du secteur de l’énergie, à l’instar de Nicolas Goldberg, soulignent la confusion entretenue entre la sortie du nucléaire et les engagements climatiques des Etats. C’est pourquoi, l’objet de notre démarche consiste justement à montrer l’impact positif du nucléaire pour la sauvegarde de notre écosystème.

Emmanuel Macron et le GIEC plaident pour le nucléaire

Mais concrètement, quels enseignements peut-on retenir de ce document ? D’abord, malgré leur responsabilité historique, les pays occidentaux sont ceux qui ont le plus contribué aux efforts contre les dérèglements climatiques, en tout cas sur la période examinée, à savoir entre 1990 et 2016. Qui plus est, entre 2017 et 2018, ces efforts se sont souvent concrétisés par une baisse de la part du charbon et par une hausse de celle du nucléaire dans le mix électrique.

Ainsi, contrairement à ce qui est généralement indiqué, entre août 2017 et août 2018, la part du nucléaire en Allemagne aurait augmenté, tandis que celle du charbon est en baisse. Et il en va de même aux Etats-Unis où, toujours d’après les chiffres de l’Agence Internationale de l’Énergie, l’atome progresse tandis que le charbon est en recul. Nous vous invitons à parcourir le planisphère avec votre curseur pour découvrir que cette tendance se retrouvent dans plusieurs pays stratégiques, tels que le Japon, qui relance progressivement son parc nucléaire, ou le Canada de Justin Trudeau qui envisage désormais de se tourner vers les SMR (Small Modular Rractors).

A l’inverse, les pays qui ont davantage recours au « précieux minerai » se trouvent généralement dans les régions du monde qui génèrent le plus d’émission de CO2 par rapport au PIB. C’est notamment le cas du Chili, de l’Australie et de la Turquie. Pour leur décharge, il faut noter que deux de ces trois pays ne bénéficient malheureusement pas – pour eux comme pour la planète – d’un parc nucléaire qui leur permettrait d’opter pour une option technologique qui serait neutre pour leur bilan carbone. En effet, malgré plusieurs tentatives, la Turquie n’utilise pas le nucléaire civil ; il en va de même pour le Chili. En revanche, l’Australie dispose d’une unique centrale nucléaire…

En conclusion, il faut retenir que contrairement aux idées véhiculées par certaines ONG, le nucléaire est une solution efficace au problème du climat. D’ailleurs, cette analyse a été confirmée par la publication du dernier rapport du GIEC, ainsi que par les déclarations d’Emmanuel Macron sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) !

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Funeste erreur d’analyse (ou marketing nucléaire et tromperies habituelles) :

    Ce n’est pas le nucléaire qui va régler les problèmes d’émissions et donc de réchauffement climatique alors qu’il faut agir sur de bien plus nombreux aspects que le seul secteur “électrique” ou énergie et ce dans un délai de moins de 15 ans, quand on prend la peine d’analyser en détail les rapports du Giec.

    Selon ces derniers le nucléaire génère actuellement 2 % de l’approvisionnement énergétique mondial. Dans leur scénario minima cette contribution tombe à 0,43 % et dans leur scénario maxima 13,6 %. Mais en moyenne les 85 scénarios du GIEC aboutissent seulement à un doublement par rapport à aujourd’hui soit 4,22% pour le nucléaire en énergies primaires à horizon 2050.

    Scénario du Giec P54/112

    “Part comparée des énergies renouvelables et nucléaire à horizon 2020 à 2050” :

    Colonnes de droite :

    – en énergies primaires (Table 2.6)

    – et en électricité (Table 2.7)

    http://report.ipcc.ch/sr15/pdf/sr15_chapter2.pdf

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  • Confirmation du World Nuclear Industry Status Report :

    “Le nucléaire est en voie de disparition”, pour Mycle Schneider auteur du WNISR 2018 (World Nuclear Industry Status Report)

    Ce qui nuit vraiment à l’énergie nucléaire, disent les experts, c’est l’économie. “Les ventes aux enchères ont donné lieu à des prix bas records pour l’éolien terrestre (<20 $US/MWh), l'éolien en mer (<45 $US/MWh) et le solaire (<25 $US/MWh), ce qui se compare au " prix de levée " du projet Hinkley Point C au Royaume-Uni (120 $US/MWh).

    Le WNISR2018 a été élaboré par une équipe interdisciplinaire de neuf experts de cinq pays.

    "Il est particulièrement utile pour enseigner aux étudiants la distinction entre opinions et faits ", selon Arnaud Delebarre, Professeur, Coordinateur principal de l'énergie à l'Université Jiao Tong de Shanghai, ParisTech Elite Institute of Technology (SPEIT).

    Le WNISR est une lecture obligatoire dans des universités comme Princeton aux États-Unis ou l'Université technique de Berlin. Les politiciens, les médias, les chercheurs, l'industrie, les services publics et les ONG la considèrent comme une source d'information et d'analyse fiable et indépendante.

    https://www.worldnuclearreport.org/Usine-Nouvelle-France-World-nuclear-exhibition-Le-nucleaire-est-en-voie-de.html

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  • En plus du récent rapport du groupe Lazard et d’autres qui vont tous dans le même sens, le dernier rapport “World Energy Outlook 2018” de BNEF sur le coût nivelé de l’électricité (LCOE) dans le monde entier pour différentes technologies de production et de stockage d’énergie :

    “L’énergie solaire et/ou l’énergie éolienne terrestre sont maintenant, grâce à la baisse des coûts technologiques, la source de production d’énergie sans subventions la moins chère de toutes les grandes économies, même en Chine et en Inde “où le charbon était roi il n’y a pas si longtemps. En Inde, les meilleures centrales solaires et éoliennes sont deux fois moins chères que les nouvelles centrales au charbon.”

    Dans la plupart des États-Unis aujourd’hui l’éolien fait concurrence aux centrales à gaz à cycle combiné alimentées par du gaz de schiste bon marché comme source de nouvelle production. Si le prix du gaz s’élève au-dessus de 3 $/MBTU, l’analyse BNEF suggère que les nouvelles TGCC et celles qui existent déjà risquent d’être rapidement sous-cotées par de nouvelles centrales solaires et éoliennes. Cela signifie moins d’heures de fonctionnement et des arguments plus solides en faveur de technologies flexibles de stockage batteries, P2G etc.

    Dans la région Asie-Pacifique, des importations de gaz plus coûteuses signifient que les nouvelles centrales à cycle combiné gaz ayant un coût nivelé de 70 à 117 $/MWh continuent d’être moins concurrentielles que les nouvelles centrales au charbon à 59 à 81 $/MWh. “Cela reste un obstacle majeur à la réduction de l’intensité carbone de la production d’électricité dans cette partie du monde “.

    Conclusions BNEF :

    – La moitié de l’électricité mondiale d’ici 2050 devrait être produite à partir de l’énergie éolienne et solaire.

    – Le coût d’une installation photovoltaïque moyenne devrait diminuer de 71 % d’ici 2050. L’énergie éolienne est également de moins en moins chère et BNEF prévoit qu’elle diminuera de 58 % d’ici 2050. Le photovoltaïque et l’éolien sont déjà moins chers que la construction de nouvelles grandes centrales au charbon et au gaz. Le coût des batteries et le stockage diminue également de façon spectaculaire.

    – Le charbon est le plus grand perdant dans cette perspective. D’ici 2050, le charbon ne représentera plus que 11% de la production mondiale d’électricité, contre 38 % actuellement.

    – La consommation de gaz pour la production d’électricité n’augmentera que modestement jusqu’en 2050 malgré l’augmentation de la capacité, car de plus en plus d’installations alimentées au gaz sont des installations de pointe dédiées ou fonctionnent à des facteurs de capacité plus faibles, ce qui aide à équilibrer les énergies renouvelables variables, plutôt que de fonctionner 24 heures sur 24 sans interruption. La consommation de gaz diminue considérablement en Europe, augmente en Chine et augmente sensiblement en Inde au-delà de 2040.

    – Les véhicules électriques ajouteront environ 3 461 TWh de nouvelle demande mondiale d’électricité d’ici 2050, soit 9% de la demande totale. Les tarifs en fonction de la période d’utilisation et la tarification dynamique favorisent davantage l’intégration des énergies renouvelables : ils permettent aux propriétaires de véhicules de choisir de facturer pendant les périodes de forte offre et de faible coût, et contribuent ainsi à déplacer la demande vers les périodes où les énergies renouvelables bon marché sont utilisées.

    Rapport BNEF :

    https://about.bnef.com/new-energy-outlook/#toc-download

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  • Selon un récent rapport de l’AIE (Agence internationale de l’énergie), l’énergie éolienne, en particulier offshore, sera la plus importante source d’énergie en Europe dans moins de 10 ans, juste après 2025.

    La production d’électricité éolienne fera plus que tripler en Europe pour atteindre 1,1 petawattheure d’ici 2040. C’est l’équivalent de la totalité de l’approvisionnement en électricité du Japon aujourd’hui.

    D’ici 2027 l’éolien devrait battre toutes les autres sources d’électricité avec une part de 23 % de la consommation. Suivie par la biomasse (un peu plus de 20 %), le gaz 20 %, le nucléaire un peu moins de 20 % et le charbon, un peu plus de 10 %, le solaire 7%.

    Et d’ici 2040, l’AIE estime que l’éolien représentera environ 31 % de la production totale d’électricité en Europe, tandis que le nucléaire et le gaz représenteront chacun 17 %. D’autres énergies renouvelables, principalement la bioénergie, fourniront environ 23 %. L’énergie solaire couvrira environ 8 % des besoins et le charbon les quelque 4 % restant.

    L’essentiel de la future capacité éolienne de l’Europe se situera en mer. En 2017 l’Europe disposait d’une capacité éolienne offshore de 15 780 MW. Cette capacité passera à environ 200 GW d’ici 2040.

    L’électricité abondante produite par l’énergie éolienne, surtout la nuit lorsque la demande d’électricité en général est faible, pourra être utilisée pour stimuler l’électrolyse de l’eau pour la production d’hydrogène vert.

    La production d’électricité n’est en effet qu’une partie d’un puzzle de trois pièces. Les efforts de décarbonisation se concentrent de manière disproportionnée sur le secteur de l’électricité, et pas assez sur la chaleur et les transports.

    Le secteur de l’électricité dans l’UE ne représente que 20 % de la consommation d’énergie.

    La décarbonisation du secteur des transports est difficile car les transports sont décentralisés et l’adoption généralisée des véhicules électriques exige une volonté politique de subventions et d’allégements fiscaux.

    Mais l’hydrogène vert pourrait aider l’UE à atteindre ses objectifs de décarbonisation. La semaine dernière, l’Allemagne a mis sur les rails son premier train à hydrogène, et Alstom le fabricant français de ce train souligne que beaucoup d’autres arrivent.

    D’ici 2040, la Chine et l’Inde à elles seules devraient ajouter autant de capacité de production d’électricité que les États-Unis et l’UE réunis aujourd’hui.

    L’Inde dans 20 ans ajoutera une Europe entière à la demande mondiale d’électricité.

    La Chine ajoutera l’équivalent des Etats-Unis.

    Par conséquent, les décisions qui seront prises à Beijing ou à New Delhi seront cruciales en ce qui concerne le secteur de l’énergie.

    L’AIE estime qu’une grande partie de cette augmentation de la demande d’électricité proviendra d’un seul appareil : la climatisation !

    D’où l’importance du solaire thermique qui fait le chaud comme le froid.

    https://arstechnica.com/science/2018/09/international-energy-agency-predicts-wind-will-dominate-europes-grid-by-2027/

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  • @Energie+
    Cesser de délirer ainsi ! Si la part du nucléaire devait se réduire dans le monde, c’est bien le charbon qui progressera et les émissions de CO2 aussi : https://www.planetoscope.com/Source-d-energie/210-consommation-mondiale-de-charbon.html D’autre part, il n’est pas du tout raisonnable de comparer, à égalité, les capacités installées de nucléaire avec le solaire et l’éolien qui ont un facteur de charge nettement plus faibles (surtout l’hiver pour le solaire -photovoltaïque ou thermique) et non pilotables, ce qui en majore grandement le coût TTC pour les utilisateurs.

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  • @ Dan :

    Ne mélangez pas votre vision très personnelle des choses (qui a un biais très nucléaire faute de s’intéresser assez aux technologies de pointe renouvelables), avec les données actuelles officielles du nucléaire et toutes les prévisions à venir dont je viens de donner différentes sources et fourchettes qui ne sont pas contestables et elles vont dans le même sens.

    Le nucléaire a moins de potentiel de faire reculer le charbon que les renouvelables dont les prix baissent beaucoup plus vite et qui se développent plus rapidement et plus universellement.

    Vous évoquez l’augmentation du charbon mais vous ne relevez pas que le charbon et fossiles augmentent moins vite que les renouvelables :

    Voir :

    https://dqbasmyouzti2.cloudfront.net/assets/content/cache/made/content/images/articles/BNEF_NEO_2017_XL_1616_1120_80.jpg

    .

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  • Vous pouvez également vérifier que tout le monde ne fait pas de nucléaire loin s’en faut mais que plus de 176 pays ont des programmes d’énergies renouvelables (et plus encore en font même sans programme dont pays de la Cop21) et que le charbon et gaz reculent proportionnellement faute d’être assez compétitifs avec les renouvelables.

    Quant aux capacités des renouvelables vous les sous estimez de manière “intuitive” lorsque vous constatez qu’il n’y a pas de soleil ou de vent et vous raisonnez comme si on allait toujours continuer avec un ancien système nucléaire “centralisé” mis en place au début des années 70 qui a été très énergivore et peu efficient avec notamment des chauffages grille-pain et autres chauffe-eau à effet joule.

    Je suppose que vous contestez donc également les dizaines d’études qui démontrent à différents horizons (2030 et 2050) et différentes proportions 56 à 100%) des mix uniquement renouvelables y compris réseau gaz entièrement substitué par différentes sources de biométhane.

    Parmi les études concernées on trouve des universités américaines (Stanford, Caltech, Ucla), finlandaises (Lappeenranta etc), australiennes, danoises, britanniques, allemandes etc

    Des organismes ou entreprises comme Mines Paris Tech, RTE, GRTGaz, Ademe, Artelys, Energies Demain, Engie etc

    Au niveau des prix on a différents organismes qui les analysent régulièrement et confirment les tendances favorables des renouvelables (groupe Lazard, UBS, Bnef etc)

    Concernant les capacités solaires et pour citer les situations les plus extrêmes je vous rappelle qu’entre autres la Suède comme le Canada font du solaire thermique avec stockage estival près du cercle polaire et çà fonctionne très bien y compris à 100% des besoins (j’avais encore mis une vidéo récemment sur ce site mais je vois que vous ne vous intéressez pas aux techniques les plus simples et performantes !)

    Concernant les prix j’ai également mis une vidéo vous démontrant que plus de 50% des bâtiments du Danemark sont reliés par réseau de chaleur, que le solaire thermique avec stockage peut les approvisionner jusqu’à 50% et que c’est le mode de chauffage le plus compétitif au Danemark qui est leader dans le solaire relié aux réseaux de chaleur.

    En Allemagne le prix officiel de l’énergie via réseau de chaleur varie entre 28 et 35 euros le MWh selon les régions et il devient donc moins coûteux (et à prix plus stable que le gaz). J’avais également mis des liens sur les prix officiels de ces réseaux de chaleur.

    En France le prix de marché moyen de l’électricité est de 60 euros le MWh. Les récents appels d’offre éolien terrestre et solaire étaient respectivement à 58 et 52 euros le MWh et vont continuer de baisser.

    On s’attend à ce que le MWh éolien terrestre tombe en dessous de 30 euros le MWh dans les toutes prochaines années et celui du solaire entre 17 et 25 euros le MWh en Europe.

    Pour le nucléaire à Hinkley Point le contrat de 35 ans est de 92 £ (environ 104 euros) mais on peut estimer qu’en France on va plutôt être autour de 120 euros le MWh, mais prenons même 100 euros si vous préférez.

    Le secteur vise les 70 euros le MWh (avec éventuellement moins de sécurité et des risques financiers accrus pour le public si vous étudiez en détail les rapports de la Sfen) mais on connaît le peu de fiabilité de ses prévisions et erreurs fréquentes (volontaires ou non), de même que le fait de ne pas intégrer tous les frais. Mais même si c’était atteint ce sera dans des délais où les prix des renouvelables et le stockage auront encore nettement baissé (au moins 40% pour le solaire et l’éolien selon les prévisions). Et le climat ne nous laisse que 12 ans.

    La plupart des pays autour de nous passent aux 100% renouvelables sauf en partie minoritaire la GB, la Finlande, éventuellement les Pays-Bas et encore pour le moment la Suède qui pense ne pas renouveler son nucléaire à terme.

    On coopère enfin avec notamment l’Allemagne et 8 pays autour de nous en particulier pour l’optimisation du réseau ce qui fait baisser les coûts et évite du stockage.

    Cà participe au renforcement de l’Europe et de l’Europe de l’énergie notamment et c’est une bonne chose alors que les gouvernement américain, russes, chinois, turque etc nous apprécient pour leurs exportations mais pas que nous soyons trop forts.

    Pour ce qui est du stockage, injection d’hydrogène, power to gas etc il se développe au fur et à mesure de l’essor des renouvelables et des autres demandes avec plusieurs centaines d’unités dont beaucoup industrielles rien qu’en Europe, 25 pays signataires d’accords dans ce domaine et autres alliances.

    On cherche à optimiser ces besoins et ils ne sont pas énormes mais par contre on doit décarboniser le réseau gaz et les transports ce qui est une autre affaire en plus de réduire notre dépendance énergétique (47% encore pour la France actuellement). Il y a donc plusieurs approches et c’est encore un peu tôt pour les afficher de manière certaine.

    Pour autant en matière de prix on a déjà des unités et modes de production qui se déclarent compétitifs et sinon estiment l’être sous peu (exemple H2V Industry en France). On le constate au Etats-Unis (études des opérateurs gaz SPG, PG&E et SoCalGas) comme en Europe et plus.

    J’espère que vous comprenez que l’hydrogène comme le P2G sont incontournables pas seulement pour le stockage mais pour se substituer au gaz et dans les transports, l’industrie etc et qu’il va y avoir des exportateurs très compétitifs donc des concurrents dans ce domaine.

    Sera-t-il plus compétitif de faire de l’hydrogène et plus encore du biométhane avec du nucléaire à 70 euros le MWh si on arrivait à ce prix, qui ne sera pas prêt avant 2035 au moins et qui sera toujours de Gen 3/3+ avec ses déchets de plus de 100.000 ans et risques et qui sera encore plus cher si on passait en Gen 4 et nous fragilise totalement avec les armements
    actuels ?

    Ou avant avec des renouvelables à moins de 30 euros le MWh et qui par la même occasion résolveront leurs problèmes de variabilité et intermittence ?

    En sachant que nous sommes obligés d’avoir des prix les plus bas possible, à la fois pour des questions de compétitivité et parce que nous aurons des importateurs le cas échéant à meilleur prix.

    Je ne peux ici rentrer plus dans les détails et études à l’appui car j’ai dû faire une fois de plus long pour tenter de vous expliquer mais je vous laisse méditer (si vous m’avez lu jusqu’au bout!)

    En attendant Joyeux Noël !

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  • Et le nucléaire, vous croyez qu’il se passe de subventions ?!
    Mieux vaut avancer dans la bonne voie que de persister dans l’erreur.

    Répondre
  • Un grand Merci Charentas !

    Très bonnes fêtes de fin d’année également à vous et vos proches !

    @ Dan : vos liens qui sont une fois de plus issus de blogs et auteurs qui s’affichent pro-nucléaires et n’ont donc pas d’intérêt scientifique ni économique puisque par nature non indépendants et non objectifs, sans doute financés au titre du lobbying dans le cadre du prix Chelet, disent une fois plus tout et son contraire.

    Exemples :

    Tantôt la part des renouvelables est insignifiante mais là elle dispose du potentiel de faire chuter les prix à l’échelon européen.

    Tantôt le nucléaire fait preuve d’une extrême souplesse de production mais là (je les cite) “il faut maintenir « en bouillotte » un réacteur nucléaire, afin d’éviter de laisser celui-ci se faire momentanément empoisonner par ses produits de fission (effets dits Xénon ou Samarium)”

    Tantôt l’Allemagne n’aurait pas réduit son charbon à cause des renouvelables mais cette fois le charbon ne peut se maintenir à cause du bas prix des renouvelables.

    Tantôt le nucléaire serait plus compétitif que les renouvelables mais là “au secours” les renouvelables vont faire fermer boutique au nucléaire qui n’est pas si compétitif qu’on le prétendait.

    Bref il faut arrêter les grosses âneries habituelles car tout çà on le savait depuis très longtemps et je n’ai cessé de vous le démontrer avec de multiples liens scientifiques, économiques et techniques à l’appui.

    Par contre optimisez le réseau comme le fait Entso-e entre autres et mettez au fil du développement des renouvelables les formes minimales de stockages les plus appropriées nécessaires et miracle le bas prix des renouvelables compense celui du stockage qui répond à la seconde aux variations et n’a que très peu de frais marginaux également : bref le mariage le plus réussi.

    Quant à vos conclusions, vous n’avez une fois de plus pas lu les liens que vous publiez car S.Huet est comme JM Jancovici, moi-même et d’autres favorable à l’aspect thermique et réseaux de chaleur.

    Un des meilleurs exemple à ce titre est le Danemark où les réseaux de chaleur et froid desservent 64,4 % des constructions (habitats, entreprises, hôpitaux, écoles etc), dont 98% dans la capitale Copenhague, fournissant ainsi l’intégralité du chauffage, de l’eau chaude et par ailleurs la climatisation.

    C’est le mode de chauffage le plus compétitif du Danemark avant même le gaz ou les pompes à chaleur. On peut ainsi descendre à 24 euros le MWh alors que le gaz est au mieux au dessus des 30 euros le MWh. En nucléaire à Hinkley Point ils vont être sous contrat de 35 ans à 92 £ (104 euros) tous frais non inclus.

    https://www.youtube.com/embed/98B-q-u8dYU

    Le Danemark vise l’indépendance aux combustibles fossiles d’ici 2050. Le réseau fait 30.780 km.

    La part des énergies renouvelables, dont solaire thermique dans ce réseau est de 49,6% et devrait s’accroître.

    Le solaire thermique avec stockage peut apporter jusqu’à 50% de chaleur l’hiver et froid l’été d’un réseau de chaleur au Danemark, pourtant bien moins d’ensoleillé que la France.

    Répondre
  • (Suite) Exemple à Aalborg : association de solaire plan et solaire CSP pour la production de chaleur (jusqu’à 330°C) et d’électricité via le solaire CSP :

    https://www.aalborgcsp.com/projects/166mwth-csp-for-combined-heat-and-power-generation-denmark/

    Les pompes à chaleur devraient fournir en complément du réseau de chaleur danois près de 30% de chaleur et froid et l’incinération des déchets, qui devient plus performante et moins polluante sous forme de “gazéification”, près de 25% d’ici 2050.

    L’usage de la cogénération (production d’électricité et chaleur) concerne 72% du réseau.

    Les réseaux de chaleur danois sont régis par le principe de non-profit. Le prix du chauffage ne doit ainsi pas dépasser le coût de production de chaleur. Cela garantit que les clients sont protégés contre d’éventuels abus résultant du monopole naturel de l’industrie.

    Outre les entreprises appartenant à des municipalités, une grande partie des entreprises de chauffage centralisées danoises sont exploitées en coopératives. Cela signifie que la coopérative appartient à ses propres clients et s’emploie à promouvoir leurs intérêts communs. En plus du principe de non-profit, cela crée un apport de chaleur efficace au prix le plus bas possible pour le client final.

    Pour mémoire nous n’avons que 6% des habitats en France reliés à des réseaux de chaleur, soit 10 fois moins qu’au Danemark, alors que les sources de chaleur perdues sont multiples et que nous aurions intérêt à en profiter pour améliorer le réseau gaz pour qu’il puisse accueillir une part optimale d’hydrogène, de même que le réseau fibre.

    Répondre
  • Lorsque l’on est en dehors des réseaux de chaleur, le stockage de solaire thermique estival via par exemple des forages de souvent moins de 40 m est efficace et couvre la plupart du temps 100% de besoins, y compris près du cercle polaire (exemples déjà anciens parmi les plus au Nord du globe, Drake Landing au Canada, Lulea, Danderyd, Emmaboda en Suède etc)

    https://www.youtube.com/embed/yxOv_vMx4H0
    .

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  • A Energie +, ou plutôt à Dan 😉
    Un excellent dossier à lire dans le numéro d’Alternatives Économiques de janvier 2019, intitulé « Nucléaire : bientôt la fin ? ». Il donne même la parole à Jancovici…

    Répondre
  • J’ai pris connaissance du dossier de “Alternatives Economique”, revue économique d’extrême-gauche et partisane d’une économie hautement administrée (sans compter son orientation anti-nucléaire bien connue) que je lit plus depuis longtemps. Il s’agit d’un procès uniquement à charge contre le nucléaire, et usant abondamment d’arguments fallacieux. Le titre est suivi d’un point d’interrogation, mais se trompe lourdement car, après la pause due à l”après-Fukushima, la plupart des grands pays industrialisés ont redémarré leurs projets ( de centrales nucléaires). Et Jancovici a raison de préciser que les énergies photovoltaïques et éoliennes sont l’affaire de pays riches ou de pays “en voie de développement” que l’on contraint à s’endetter abusivement.

    Répondre

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