Cigéo : lancement d’un centre de ressources indépendant et d’un débat public

Cigéo : lancement d’un centre de ressources indépendant et d’un débat public

En visite sur le site de l’Andra dans la Meuse, jeudi 21 septembre 2018, le secrétaire d’Etat au ministère de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu a réuni une nouvelle fois le Comité de Haut Niveau du projet Cigéo. Il a annoncé à cette occasion la création d’un centre d’information et de ressources à destination du grand public et le lancement d’un débat public sur le plan de gestion des déchets et matières radioactives. Le gouvernement souhaite par ce biais s’assurer de la transparence du projet et de sa réalisation en concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire.

La petite commune de Bure, située à la limite de la Meuse et la Haute-Marne, accueille depuis plusieurs années maintenant, le laboratoire du premier projet français de centre de stockage profond de déchets radioactifs mené de front par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Prévu dans le cadre d’une politique de gestion responsable des déchets produits par l’activité de production électronucléaire, ce centre a pour objectif d’accueillir à terme l’ensemble des déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL) issus dans un premier temps de l’exploitation des centrales françaises (dont 43.000 m3 sont actuellement entreposés dans les centres de La Hague, Marcoule et Cadarache), puis de leur démantèlement.

Garantir la transparence du projet Cigéo

Validé une première fois en 2006, ce principe de stockage profond a été confirmé le 11 juillet 2016 par le Parlement dans le cadre d’un projet de loi consacrant le principe de réversibilité et précisant le nouveau calendrier à suivre. Malgré les critiques de plusieurs associations anti-nucléaires, le ministère de la Transition écologique et solidaire mènera donc ce projet jusqu’à son terme et souhaite dans ce cadre établir les conditions d’un débat transparent. Il a annoncé pour cela jeudi 21 septembre 2018 la création d’un centre d’informations et de ressources qui rassemble pour la première fois dans un seul et même espace les études des promoteurs du projet mais aussi celles des lanceurs d’alerte, des ONG, et des associations opposées au projet. « Cet espace donne aussi la possibilité à tous les citoyens de proposer de nouvelles ressources documentaires et d’éléments d’appréciation », précise le ministère.

Sébastien Lecornu a également confirmé le lancement en décembre prochain d’un nouveau débat public dans le but de revoir en profondeur les principes qui régissent la gestion des déchets nucléaires en France. « Avec les élus locaux, j’ai pu constater lors de ce CHN que les dossiers clés du projet avaient progressé (situation de l’ordre public, calendrier du projet redéfini et tenu, projet de territoire préparé). Les conditions sont désormais réunies pour organiser un débat utile. Je confirme donc l’organisation d’un débat public national sur le plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs par la Commission Nationale du Débat Public à partir du mois de décembre », a déclaré le secrétaire d’Etat. Les modalités d’organisation de ce débat seront fixées en novembre par Chantal Jouanno, Présidente de la CNDP, mais devraient être assez similaires à celles fixées pour le débat sur la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Ce nouveau rendez-vous du Comité de haut niveau aura permis enfin de poursuivre la co-construction d’un projet de territoire basé sur les ressources financières associées au projet Cigéo, avec deux objectifs prioritaires : réaliser les aménagements nécessaires à l’implantation du projet et accorder la priorité au développement économique du territoire.

Crédits photo : Sébastien Lecornu (Twitter)

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • On est face à un sujet technique hyper complexe pour lequel tous les experts compétents ont conclu depuis 20 ans qu’il fallait construire CIGEO en gros tel que l’ANDRA le présente.

    On n’est pas ici face à un problème de manque d’information (tout est sur internet, accessible à tout le monde), on n’est pas face à un besoin de débat public (qui n’aboutit jamais à rien de toute façon), on est face à un manque de courage politique :

    Le pouvoir politique doit passer outre les écolos et leurs lubies. Ça n’est pas dans un débat public qu’il trouvera la solution. Et toute reculade n’aboutira qu’à reporter le problème sur les successeurs.

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  • Une question serait de savoir s’il n’était pas mieux de ne pas investir dans Cigéo qui coûte une fortune et risque d’être coûteux et dangereux durant plus de 100.000 vue la plus grande compétitivité des énergies renouvelables qui s’amplifie comparé au nucléaire , mais de stocker ces déchets provisoirement et d’investir dans un nombre minimal nécessaire et certes coûteux de réacteurs permettant de réduire leur durée de vie à quelques 300 ans, ce qui est mieux que plus de 100.000 ans.

    de plus çà répondait aussi aux déchets des nombreux pays qui abandonnent le nucléaire et sont confrontés à la même situation de stockage de déchets plus de 100.000 ans qui est une aberration.

    Car lorsque l’on additionne le coût du nucléaire, Cigéo, Iter, Astrid etc on voit qu’il y a au moins un élément de trop qui risque de nous rester sur les bras plus de 100.000 ans car on sait désormais que les solutions de retraitement ne seront jamais rentables et la décision de Cigéo a été prise à une époque ou certains pensaient encore à tort que les prix des renouvelables ne baisseraient pas aussi vite car c’était du jamais vu dans l’histoire des transitions énergétiques.

    Donc on a pris une décision sur la base de données erronées.

    Mais comme les travaux sont avancés, on prétend qu’un jour on ressortira ces déchets pour les traiter. Mais c’est très peu probable car tous les scientifiques et ingénieurs du secteur conviennent que c’est quasi impossible à ce que ce soit désormais rentable. Donc on oubliera en espérant qu’un autre pays les reprenne et les retraite plutôt qu’ils ne restent en place plus de 100.000 ans.

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  • @ Energie+ :

    Vous dites que Cigéo risque d’être coûteux. Vous contredisez donc la conclusion de la Cours des Comptes, qui jugeait en 2012 la chose mineure dans l’équation globale.. En savez-vous plus qu’eux ? Non, vous n’en savez rien, vous ne dites que ce que vous avez envie de croire.

    Vous dites que Cigéo risque d’être dangereux. Vous contredisez donc la conclusion de l’ASN, qui a validé globalement le concept (mis à part quelques points qui restent à finaliser). En savez-vous plus qu’eux ? Non, vous n’en savez rien, vous ne dites que ce que vous avez envie de croire.

    Et sur les options alternatives, vous n’en savez pas plus. Vous ne faites que proposer ce qui vous passe par la tête, sans aucune idée de la faisabilité ou des réels bénéfices, dans le seul but de mettre aujourd’hui des bâtons dans les roues de la filière.

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  • @ Bachoubouzouc :

    Le rapport de la cour des comptes de 2012 n’est pas approprié pour juger ce dossier qui évolue encore.

    Pour mémoire les activités de l’Andra par exemple sont évaluées régulièrement par des instances telles que la Commission nationale d’évaluation (CNE2), l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et le Conseil Scientifique (CS).

    L’Andra s’est quant à elle entourée du Cos et Cos-Ope. Ce dossier n’est donc pas figé et il faut en suivre les évolutions et avis et rapports réguliers des différents intervenants plutôt que de sortir chaque fois votre vieux rapport de la cour des comptes qui n’a jamais prétendu figer les prix, pas plus que l’ASN n’a prétendu être en mesure d’assurer une quelconque sécurité de Cigéo sur plus de 100.000 ans.

    Le coût de référence de Cigéo a été fixé par arrêté ministériel en janvier 2016 (25 milliards d’euros base 2011), sur la période 2016 – 2156, soit 140 ans seulement.

    La loi stipule en effet, je cite, que “le coût afférent à la mise en œuvre des solutions de gestion à long terme des déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité à vie longue est évalué sur une période de 140 ans à partir de 2016. Ce coût est fixé à 25 milliards d’euros aux conditions économiques du 31 décembre 2011, année du démarrage des travaux d’évaluation des coûts, mais pourra être mis à jour à chaque étape clé du développement du projet (autorisation de création, mise en service, fin de la phase industrielle pilote, réexamens de sûreté).

    L’Andra chiffrait le coût de Cigéo au prix bien supérieur de 34,5 milliards d’euros (32,8 milliards pour les coûts de possession, plus 1,7 milliards d’autres dépenses) montant que l’ASN jugeait “bien optimiste”

    Le Conseil d’État a reconnu les importantes incertitudes qui entourent le coût effectif du projet.

    La CNE2 précise dans son rapport 2018 :

    “Il convient de souligner que de fortes incertitudes existent sur le coût de Cigéo ce qui pourrait changer le montant des provisions dédiées à sa réalisation”

    De plus la majeure partie des provisions sera dépensée durant la phase pilote. Le financement des tranches ultérieures entre 2034 et 2156 repose sur des théories et des spéculations économiques très incertaines (actualisation des charges financières estimées jusqu’en 2156, constitution d’actifs dédiés aux provisions, rendement de ces actifs évalué sur 140 ans).

    EDF précise que “Ce montant ne représente pas la somme à mettre de côté dès aujourd’hui. Il est calculé pour une gestion à long terme des déchets et concerne donc des dépenses qui se feront au fil du temps pour les déchets déjà produits”.

    Imaginez si par exemple prochainement vous avez un accident nucléaire ou une crise économique probable, çà remet totalement en cause ce financement, donc vouloir le rapporter à la production nucléaire sur plusieurs décennies pour tenter de le minimiser n’est pas pertinent car il n’est pas du tout garanti comme tout fonds et peut donc revenir à charge de l’Etat et les évaluations de 2012 sont déjà obsolètes.

    En outre ca ne concerne que 140 ans tout au plus sur plus des 100.000 ans !

    On a manifestement voulu ne pas alourdir la charge d’EDF déjà très endetté donc on a manifestement minimisé les coûts.

    EDF prétend pouvoir gérer la provision mais n’inclut pas :

    – ni des crises économiques qui surviendront forcément régulièrement et alors que les actifs en questions sont comme le souligne EDF “essentiellement constitués à parts égales d’actions, d’obligations et d’actifs non côtés” et permet seulement à court terme et pas sur 140 ans ni au delà un taux partiel de couverture de 108,5 % mais la réglementation impose un taux de couverture de 110 % dont personne n’affirme que c’est tenable sur 140 ans.

    Je vous laisse par exemple imaginer la chute dans ce type de répartition comme lors d’une crise telle qu’en 2008 alors que les prochaines risquent d’être pires. Donc ces actifs n’ont rien de garanti et sont sur seulement 140 au mieux.

    Quels organismes de gestion peuvent se targuer d’avoir des rendements favorables sur 140 ans, ils sont en fait inexistants car ont toujours connu des périodes critiques et de crises. Vous pouvez prendre par exemple la Lloyds Bank qui existe depuis 1765, elle a connu des périodes mouvementées, c’est un exemple très rare et EDF n’a pas du tout ce profil.

    – EDF n’est pas forcément pérenne puisque le monde énergétique change et EDF a de plus en plus de concurrence

    – un accident nucléaire est probable à l’étranger comme en France et impacterait forcément EDF

    etc

    Vous conviendrez si vous avez une notion du temps que dans tous les cas on est plus que très loin des plus de 100.000 ans alors que personne ne prétend à une sécurité absolue sur une telle durée sauf des bonimenteurs !

    On raisonne sur 140 ans, et encore car financièrement ce n’est pas du tour assuré, en sachant que tous les responsables auront disparu bien avant et quant à la sécurité les générations futures devront assumer tout problème sur plus de 100.000 ans pour tout au plus 60 ans d’apport électrique nucléaire partiel, brillant bilan ! si une autre option n’est pas envisagée avant.

    Donc ce sont juste 3 arguments pour dire que l’aspect financier est visiblement sous évalué comme le confirment au moins 4 organismes : le Conseil d’Etat, l’Andra, la CNE, l’ASN.

    Les fonds n’offrent aucune garantie de pérennité sur les 140 ans choisis (crises économiques régulières incontournables et non envisagées, disparition ou difficultés d’EDF, accident nucléaire, terrorisme etc)

    Personne n’est à l’évidence en mesure d’apporter une quelconque garantie sur plus de 100.000 ans et on ne sait même pas comment signaler aux générations futures la dangerosité du site dès lors que les langues et signalétique vont évoluer sans parler de la conservation des données sur une telle durée.

    Il y a en outre toujours des incertitudes sur plusieurs aspects : par exemple le seul “corpus de connaissances du comportement des colis bitume vis-à-vis d’un apport d’énergie calorifique, acquis essentiellement par le CEA à partir de 2013 qui est incomplet. Les interprétations de ces données par les experts sont divergentes” comme le souligne le dernier compte-rendu 2018 de la CNE2. Il y a une commission d’expertise internationale dont le rapport est en attente.

    Concernant les autres options, elles ne sont pas non plus issues de mon imagination mais d’autres approches dans d’autres pays comme au Japon etc et qui me paraissent plus intéressantes.

    Enfin je ne mets aucun bâton dans les roues de cette filière, vous pouvez constater que je souligne tout autant les points contestables qui peuvent concerner la biomasse, les énergies fossiles, le choix de l’hydrogène comparé à l’électro-solaire bien plus favorable pour les véhicules légers etc et le plus souvent j’apporte des arguments et liens pour démonter pourquoi telle ou telle option ne me semble pas la meilleure et produis des liens sur celles qui me semblent les plus pertinentes.

    Vous vous seriez prêt à vendre votre vieille Mère plutôt que de juger objectivement les points critiques de la filière nucléaire !

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