Cigéo : "un projet adaptable, progressif et réversible" - L'EnerGeek

Cigéo : « un projet adaptable, progressif et réversible »

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Après une visite de trois jours à Fessenheim vers le 20 janvier 2018, c’est à Bure dans la Meuse, sur le site du futur centre de stockage géologique de déchets nucléaires, que se rendait lundi 29 janvier 2018, le secrétaire d’Etat au ministère de la Transition écologique et solidaire. Venu en priorité pour visiter le laboratoire souterrain de l’Andra, Sébastien Lecornu a profité de l’occasion pour rencontrer les élus locaux et les rassurer sur les impacts du projet Cigéo pour leur territoire.

Cigéo, premier projet français de stockage profond

La petite commune de Bure, située à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, accueille depuis plusieurs années maintenant, le laboratoire du premier projet français de centre de stockage profond de déchets radioactifs mené de front par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Prévu dans le cadre d’une politique de gestion responsable des déchets produits par l’activité de production électronucléaire, ce centre a pour objectif d’accueillir l’ensemble des déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL) issus dans un premier temps de l’exploitation des centrales françaises (dont 43.000 m3 sont actuellement entreposés dans les centres de La Hague, Marcoule et Cadarache), puis de leur démantèlement.

Contrairement aux déchets radioactifs de faible ou moyenne activité à vie courte (soit 90% des déchets en France), pour lesquels une solution de gestion industrielle est déjà en place, les déchets hautement radioactifs ne peuvent être stockés en surface ou à faible profondeur. Placés dans des installations souterraines à plus de 500 mètres de profondeur, constituées d’une roche argileuse choisie pour ses hautes qualités de confinement, ces déchets pourront alors être conservés sans risque pour plus de 100.000 ans.

Cigéo, la dernière option valable pour Sébastien Lecornu

Validé une première fois en 2006, ce principe de stockage profond a été confirmé le 11 juillet 2016 par le Parlement dans le cadre d’un projet de loi consacrant le principe de réversibilité et précisant le nouveau calendrier à suivre par l’Andra. Malgré les critiques de plusieurs associations anti-nucléaires, le gouvernement mènera donc ce projet jusqu’à son terme pour la simple et bonne raison qu’il représente à ce jour la seule alternative valable pour traiter les déchets les plus radioactifs et ne pas reporter « la responsabilité du traitement des déchets ultimes sur les générations futures ».

Reprenant des termes de Nicolas Hulot, le secrétaire d’Etat a en effet rappelé à l’occasion de cette visite, que toutes les autres solutions envisagées par le passé faisaient peser la charge de la gestion de nos déchets sur les générations futures. « Depuis le développement de l’énergie nucléaire en France, toutes les options pour gérer les déchets nucléaires ont été explorées (…). Le projet Cigéo sera par nature un projet de long terme, qui se veut adaptable, progressif, et réversible, afin de prendre en compte toutes les évolutions technologiques ou sociétales », a-t-il déclaré

Un projet d’accompagnement du territoire

Sébastien Lecornu a également échangé avec les élus locaux et promis un accompagnement de l’Etat pour l’ensemble du territoire en matière de sécurité des installations prévues, mais également de développement économique. « L’opposition légitime à ce projet doit toutefois pouvoir s’exprimer dans le cadre de l’État de droit. En 2018, il faut être encore plus moderne dans la concertation. Le gouvernement y veillera », a ajouté le secrétaire d’Etat. Cet accompagnement se matérialisera très prochainement par la tenue le 7 mars prochain d’un premier comité de haut niveau destiné à co-construire un projet de territoire basé sur les ressources financières associées au projet Cigéo. Ce comité se réunira deux fois par an, alternativement au ministère de la Transition énergétique et solidaire et dans les deux préfectures concernées (Meuse et Haute-Marne), précise le ministère dans son communiqué.

Confirmé le 15 janvier dernier par Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la construction du chantier se poursuivra jusqu’en 2030, date estimée du début de la phase industrielle pilote. Sa mise en service complète ne pourra être prononcée qu’après le retour d’expérience de cette phase d’essais qui s’étendra jusqu’en 2035.

Crédits photo : Ministère de Transition écologique

Rédigé par : La Rédaction

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