World Nuclear Exhibition : show devant pour la filière nucléaire !

World Nuclear Exhibition : show devant pour la filière nucléaire !

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Organisé du 26 au 28 juin prochains à Villepinte, le salon World Nuclear Exhibition ouvrira ses portes à tous les acteurs de la filière nucléaire. Cet événement biennal rassemblera plus de 700 exposants du monde entier et sera l’occasion de mettre en lumière les grands enjeux du nucléaire dans le mix énergétique de demain.

Pour une industrie nucléaire française “plus performante et plus efficace”

Cette année, la filière nucléaire française a montré qu’elle était capable de se remettre en question tout en démontrant son dynamisme et sa compétitivité. La restructuration d’Areva en Orano et la cession de son activité réacteurs à EDF sont actées depuis janvier 2018 et permettent d’ores et déjà de voir l’avenir sous un nouveau jour. Cette refondation dont l’intégration d’Areva NP (rebaptisé depuis Framatome) au sein du groupe EDF, a pour objectif de rendre l’industrie française « plus performante et plus efficace dans la réalisation de travaux majeurs comme le Grand Carénage du parc, et plus compétitive pour la construction de nouvelles centrales nucléaires alors que de nombreux pays prennent conscience du rôle majeur que le nucléaire civil peut jouer dans la décarbonation de la production d’électricité », expliquait Jean-Bernard Lévy, Président Directeur-Général du groupe EDF lors de la signature des accords définitifs fin décembre 2017.

Les acteurs français du nucléaire sont en effet convaincus du rôle complémentaire que l’énergie nucléaire doit jouer aux côtés des énergies renouvelables dans la transition énergétique et sont résolument tournés vers l’avenir. Produire des réacteurs de troisième génération plus performants pour moins cher, optimiser les infrastructures existantes dans le cadre du « Grand Carénage », poursuivre les efforts de recherche et d’innovation par la mise au point d’un nouveau modèle de réacteur modulable et compact par exemple : autant de  défis technologiques qui s’imposent à la filière et laissent place à de belles perspectives de développement.

L’énergie nucléaire dans la transition énergétique

En attendant les modalités d’application validées par la future Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la baisse de 72 à 50% de la part du nucléaire dans les années à venir ne semble plus porter à controverses. Les principaux acteurs français ont, en parallèle, bien compris que le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique allait aussi représenter un enjeu de taille, comme l’a rappelé Nicolas Hulot jeudi 21 juin sur France Info.

Mais aujourd’hui la question du stockage à grande échelle de l’énergie électrique n’est toujours pas résolue malgré le grand Plan stockage électrique initié par EDF en mars dernier. Les énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolienne principalement) étant encore trop dépendantes des aléas climatiques pour se substituer à elles-seules aux combustibles fossiles et garantir une production d’électricité suffisante, décarbonée, stable et bon marché. Alors pourquoi ne pas continuer à s’appuyer sur le nucléaire pour accompagner ce développement ? En effet, l’énergie nucléaire, de par sa manœuvrabilité, sa réactivité et sa modularité, offre (à l’instar de l’hydroélectricité) une production d’énergie stable et adaptable facilitant l’intégration des énergies renouvelables tout en garantissant à la fois notre sécurité d’approvisionnement, notre indépendance énergétique et le respect des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés dans le cadre de l’Accord de Paris.

Pour ne rien gâcher, la filière nucléaire hexagonale reste encore aujourd’hui une des filières industrielles les plus dynamiques en termes de création d’emplois. Troisième filière industrielle française derrière l’aéronautique et l’automobile, elle rassemble à ce jour plus de 2 500 entreprises et emploie près de 220 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 46 milliards d’euros dont 5,6 milliards à l’export. Avec 1,8 milliard d’euros de R&D, elle se classe aussi en quatrième position des filières les plus innovantes de France, et pourrait embaucher jusqu’à 110.000 personnes supplémentaires dans les dix ans à venir.

L’industrie nucléaire au grand complet au salon WNE

Autant d’enjeux que ne manqueront pas de mettre en avant les principaux acteurs de référence du nucléaire français lors de la troisième édition du World Nuclear Exhibition. Première plateforme mondiale dédiée à la filière nucléaire pour échanger, « sourcer » et signer des contrats, cet événement sera en effet l’occasion pour les grands noms de l’industrie nucléaire de renforcer leur position sur les nouveaux marchés à fort potentiel. Du cycle combustible aux nouvelles technologies de réacteurs, en passant par la sécurité, la sûreté, la digitalisation des processus d’exploitation et de maintenance ou même le démantèlement, toutes les dimensions de cette industrie seront abordées pour un public mélangeant particuliers, professionnels et incluant à la fois exploitants, constructeurs et investisseurs. Les nombreux sponsors de l’événement (EDF, Assystem, Orano, Framatome, Engie MHI, Rosatom, CNNC, etc.) et entreprises de toutes tailles présenteront leur savoir-faire et leurs compétences sur tous les segments du secteur liés aux programmes électronucléaires ainsi que les différents métiers du nucléaire et les offres de formation.

Ce salon sera également un lieu de partage d’expériences sur des espaces d’exposition, dans des ateliers techniques, ou lors de conférences d’actualité, et permettra de mettre en lien l’ensemble des acteurs du secteur et de susciter des partenariats à l’échelle nationale ou internationale dans une filière qui repart progressivement à la hausse. De nombreux contrats pourraient donc être signés entre les géants de la filière bien sûr mais surtout avec les centaines de PME évoluant dans l’ombre. Comme l’explique Gérard Kottmann, Président de l’Aifen, association chargée de l’export du nucléaire français et organisatrice du WNE, « on ne vend pas des centrales nucléaires comme on vend des avions. Mais il y a beaucoup d’autres contrats, comme la radioprotection, les composants et la maintenance, qui pourraient être signés. Quand on dit “filière française”, on pense Orano, EDF ou Engie, mais il y a tout un tissu industriel aux technologies de pointe derrière. Beaucoup des 2.500 entreprises du secteur recensées sont des PME, voire des TPE ».

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© Photo : EDF – MORIN ALEXIS

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Cà risque d’être plus chaud que show pour les systèmes électriques centralisés dans les niveaux 0 à 5 m en bordure des côtes (plus de 6700 centrales électriques concernées dans le monde !) :

    Le réchauffement va fragiliser la production mondiale d’électricité, selon un rapport paru ces jours-ci de C40, réseau de mégalopoles mondiales engagées dans la lutte contre le changement climatique : “The future we don’t want”

    Le C40 aide les villes à collaborer efficacement, à partager leurs connaissances et à mener des actions significatives, mesurables et durables sur le changement climatique.

    Le réchauffement frappera la population urbaine de bien des manières :

    – vagues de chaleur meurtrières (qui affecteront régulièrement 1,6 milliard de personnes en 2050, contre 200 millions actuellement),
    – difficultés d’accès à l’eau potable,
    – insécurité alimentaire
    – insécurité énergétique
    etc

    La hausse du niveau de la mer devrait menacer 570 villes de plus de 100.000 habitants en 2050, pour une population estimée à plus de 800 millions de personnes.

    Dans de nombreuses parties du monde, des centrales électriques ont été localisées le long des côtes, à basse altitude, pour avoir accès à l’eau de mer à des fins de refroidissement. À l’échelle mondiale, plus de 6 700 centrales électriques sont situées dans la zone côtière de basse altitude (LECZ).

    En Europe, les systèmes énergétiques côtiers se situent principalement à des niveaux de 0 à 5 mètres, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l’élévation du niveau de la mer.

    Conséquence : 230 grandes villes, habitées par un total de 450 millions de personnes, seraient ainsi confrontées à de fréquentes coupures. Parmi les grandes villes les plus menacées : Londres, New York, Shanghai, Bombay, Calcutta, Madras etc

    Par exemple Londres reçoit son énergie (électricité et chauffage) d’une combinaison de sources grâce à des réseaux centralisés d’électricité et de gaz, mais toutes les centrales nucléaires du pays et plusieurs de ses centrales au charbon, au pétrole et au gaz sont situées le long de la côte. Ces usines sont vulnérables aux inondations qui peuvent, à leur tour, affecter l’approvisionnement en électricité de Londres. De plus, la ville et ses environs abritent un certain nombre de sous-stations électriques critiques qui sont vulnérables aux inondations locales.

    Au Brésil la seule centrale nucléaire est située le long de la côte, près de Rio de Janeiro, et les marées pourraient entraîner une perte d’énergie dans les installations nucléaires et, dans les cas extrêmes, endommager l’installation au point de libérer des matières radioactives.

    La production d’énergie à partir des énergies renouvelables permet non seulement de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de réduire la dépendance à l’égard des systèmes d’alimentation centralisés susceptibles d’être perturbés par des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les marées.

    Si la production énergétique fait défaut, les villes auront du mal à assurer l’accès à l’eau potable et à l’alimentation, le transport, le traitement des déchets, le fonctionnement du système de santé et le réseau de communications. Cela peut avoir des effets en cascade sur l’économie, avec de rapides conséquences au niveau politique, des entreprises et de la population locale.

    Partie énergie du rapport global : “The future we don’t want”

    https://www.c40.org/other/the-future-we-don-t-want-powering-cities-in-the-face-of-climate-change

    .

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  • Mais pourquoi parle-t-on si peu des catastrophes majeures du nucléaire déjà survenues et dont on n’a même pas encore réparé les dégâts réparables – ceux qui n’engagent pas l’environnement sur des milliers d’années: où en est Tchernobyl? Je crois qu’on n’a toujours pas achevé le confinement? Et à Fukushima ?Le nucléaire est peut-être pratique à court terme mais encore une fois, pourquoi ne parle-t-on que de ses avantages sans jamais évoquer l’horreur que représenterait un accident nucléaire majeur (au-delà des mots immédiates, comment survit-on dans un environnement cramé par la radioactivité? Et qu’es-ce que c’est que cette exécrable présomption française, assénant que “la sécurité est maximale” et qu’on ne “risque rien”? Et sans aller dan le catastrophisme, pour quoi ne parle-ton jamais des déchets? On les enfouit, au propre comme au figuré… On réfléchit à court terme pour des choses qui dépassent largement le temps humain. Saura-t-on encore dans 2 ou 3 siècles où sont enfouis les déchets??? A-t-on jamais imaginé que les informations à cet égard pouvaient se perdre? Je parie qu’un jour il en ira des sites d’enfouissement comme ajourd’hui des champs de mine, qui continuent à tuer des décennies après la fin d’un conflit. Dans la vraie vie, on n’est pas dans une BD Marvel, où les radiations vous transforment en super-héros! Le gros problème est qu’en matière de nucléaire comme en tout, d’ailleurs, on ne raisonne qu’à travers l’argent, la finance… On chipote sur des surcoûts, on trafique les résultats pour ne pas trop dépenser et tant pis si les couvercles et les cuves montrent des faiblesses… ce qui se passe à Flamanville en dit long que l’idéologie ambiante! Question: la pollution par les déchets, les risques d’un accident majeur en France comme ailleurs SONT-ILS INVITES A VILLEPINTE??? ou bien persiste-t-on dans le déni, comme cela a été le cas pour Tchernobyl – le nuage radioactif s’était paraît-il arrêté pile poil à nos frontières: on avait dû le refouler après lui avoir demandé ses papiers, lesquels sans doute n’étaient pas en règle…

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  • Comme dans plusieurs pays occupés de l’Europe de l’Est par l’ex-Urss qui y dispose encore de réseaux, ils doivent être financés par le voisin Rosatom vos “écologistes” Dan !

    Complément de plusieurs études scientifiques et économiques approfondies sur le secteur énergétique en Finlande qui démontrent le bien fondé de plus de renouvelables sans besoin de nucléaire supplémentaire (et un peu comme Engie en France qui a étudié le bien fondé technique et économique de passer à 100% d’énergies renouvelables déjà dans les régions du Sud et Ouest avec un gain de plus de 20% sur les prix de l’électricité actuels) :

    “Wärtsilä, fournisseur finlandais de solutions technologiques pour les industries marines et énergétiques estime que la part de l’énergie éolienne dans la production d’électricité pourrait passer de moins de 5% à plus de 40% en Finlande d’ici 2030”.

    Le groupe a calculé qu’un système énergétique axé sur l’énergie éolienne réduirait les coûts de production d’électricité de 27% par rapport à un système axé sur l’énergie nucléaire.

    Wärtsilä estime que le système énergétique finlandais devrait être développé en augmentant considérablement la production d’énergie éolienne et en interrompant les projets de centrales nucléaires à Loviisa et Pyhäjoki, rapporte le journal Helsingin Sanomat.

    “Nous parlons de centaines de millions, voire de milliards d’euros”, a déclaré hier Matti Rautkivi, responsable des solutions énergétiques de Wärtsilä, cité par Helsingin Sanomat.

    Wärtsilä a basé ses prévisions sur le fait que l’énergie éolienne non subventionnée est déjà compétitive en Finlande: le coût de l’électricité des parcs éoliens est de l’ordre de 30 euros par MWh – seulement la moitié du coût estimé de l’électricité produite par la centrale nucléaire de Hanhikivi, en construction à Pyhäjoki, en Ostrobotnie.

    Les mesures, souligne-t-il, réduiraient les coûts et les émissions de la production d’électricité de 30% par rapport au scénario où la demande est satisfaite avec de nouvelles centrales nucléaires.

    Les calculs ont également indiqué que l’énergie éolienne représenterait 43% de toute la production d’électricité dans les circonstances optimales en 2030, ce qui porterait la part totale de l’énergie éolienne et hydraulique à 56%.

    “Cela signifie que nous serions bien au-dessus des objectifs de l’UE”, a déclaré Rautkivi.

    http://www.helsinkitimes.fi/finland/finland-news/domestic/15620-hs-waertsilae-s-calculations-question-merits-of-nuclear-power-projects-in-finland.html

    Quant au nuage de Tchernobyl arrêté à la frontière c’est, comme tout le monde sait, une “image” qui reflétait bien l’irresponsabilité et la sous-estimation de la catastrophe par le secteur nucléaire alors que les pays voisins étaient bien plus prudents et dans tout accident de ce type, qui ne prévient généralement pas, aucune région du monde n’est jamais vraiment prête.

    D’où la nécessité des études qui continuent et dont les bilans ne sont pas définitifs, comme j’ai tenté de vous le démontrer par maintes études, pour opter pour les protocoles les plus efficaces quand çà se reproduira.

    Cà coûterait moins cher et ça poserait bien moins de problèmes et de déchets à hauts risques et ultra longue durée de vie de faire des renouvelables !

    Mais il faut bien alimenter les rentiers du secteur nucléaire et les Etats qui sont derrière, sinon il ne leur restera plus rien comme énergie centralisée pour les financer !

    Le gouvernement américain après la première guerre mondiale a accepté le plomb tétraéthyl (PTE) à la place du simple éthanol agricole dans l’essence pour se refinancer des efforts de guerre alors que tout le monde était parfaitement au courant de la nocivité du plomb depuis les romains !

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  • C’est vous Dan qui affirmez n’importe quoi en ne lisant toujours pas en détail les études que vous publiez et qui en plus sont anciennes et pas à jour.

    L’impact de ces accidents nucléaires est important et durable comme déjà démontré et en plus nous ne sommes pas à l’abri de pire avec la multiplication des réacteurs dont ceux anciens en Europe de l’Est

    https://lenergeek.com/2018/06/05/electricite-nucleaire-concurrents-edf-arenh/

    Les renouvelables posent moins de problèmes comme les premières études sur le sujet le démontrent.

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