Le cotoiturage solaire : nouvelle tendance éco-responsable ?

Le cotoiturage solaire : nouvelle tendance éco-responsable ?

panneau solaire

L’installation de panneaux solaires n’est pas forcément à la portée de tous les particuliers. Dans certains cas, les propriétaires n’ont pas les moyens de financer cet investissement énergétique, ou ils sont frileux par rapport à son retour sur investissement. Certains particuliers peuvent aussi avoir du mal à s’y retrouver dans les démarches à prévoir pour une installation photovoltaïque. Enfin, certaines toitures ne sont tout simplement pas adaptées pour accueillir des panneaux solaires. Pour lever ces différents freins, plusieurs initiatives de cotoiturage solaire ont vu le jour en France.

Le cotoiturage solaire : qu’est-ce que c’est ?

La tendance du cotoiturage solaire commence tout juste à émerger en France, et elle séduit déjà les consommateurs. Son idée s’inspire des principes du financement participatif, et elle est plutôt simple : permettre à des voisins de se regrouper pour financer ensemble une installation photovoltaïque.  Pour se regrouper, il faut se mettre d’accord à plusieurs et disposer d’au moins une toiture capable de supporter une installation solaire. Comme dans un fonds d’investissement, chacun des partenaires investit à la hauteur de ses moyens. L’électricité verte produite par les panneaux solaires peut être utilisée pour l’autoconsommation, partagée entre plusieurs habitations, ou alors revendue sur le réseau électrique, et les bénéfices générés par la vente sont alors répartis entre les investisseurs.

En Suisse, le concept de cotoiturage solaire existe depuis quelques années déjà : on appelle cela la “communauté d’autoconsommation”. Le principe reste le même : les co-propriétaires d’un immeuble ou les propriétaires de maisons voisines peuvent se rassembler pour faire installer des panneaux solaires sur leurs toitures. Les frais d’installation sont partagés, de même que l’énergie produite.

Une nouvelle tendance en France

En France, plusieurs initiatives de panneaux solaires citoyens existent au niveau local. A Toulouse par exemple, 236 habitants ont créé une association, baptisée Citoy’enR, pour financer en commun des projets solaires développés dans l’agglomération toulousaine. Qu’il s’agisse de toitures de particuliers ou de bâtiments publics, l’association intervient pour faciliter le financement et ainsi augmenter la production d’énergies renouvelables sur l’ensemble du territoire toulousain.
Le premier projet porté a ainsi été un projet d’intérêt public : l’installation de panneaux solaires sur le toit du groupe scolaire Georges Lapierre. La toiture va accueillir un peu plus de 50M2 de panneaux solaires, capables de produire 9 kWh pour couvrir les besoins électriques de l’école. Dans la foulée, l’association a également soutenu un autre projet public, celui du gymnase Georges-Beyney. Sur ce bâtiment, ce sont 200m2 de panneaux solaires qui seront installés sur la toiture du gymnase.

Dans les deux cas, la commune aurait eu du mal à trouver le financement pour mener à bien ces nouvelles installations énergétiques. Et le surplus d’énergie produite ? Il est revendu par la coopérative à EDF. Selon les premières estimations, la vente de l’électricité verte produite par l’école devrait représenter 2 500 euros sur une année. Cette somme sera réinvestie pour financer d’autres projets solaires citoyens dans l’agglomération toulousaine. Six projets sont déjà prévus.

Une plateforme pour faciliter les investissements

Même si le cotoiturage solaire en est encore à ses débuts en France, il existe déjà une plateforme de financement. Cowatt est une coopérative de Loire-Atlantique qui permet de mettre en relation des particuliers intéressés par ce type de financement groupé. Les agents de la plateforme accompagnent chacun des projets de cotoiturage solaire en répondant aux questions techniques, en aidant les investisseurs à monter leur projet, mais aussi en encadrant les démarches administratives et juridiques en lien avec le contrat de co-financement.

La plateforme a d’ailleurs bénéficié d’un grand coup de projecteur en début d’année 2018 : elle a été retenue par Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, pour intégrer la liste des Projets pour la planète. Les citoyens français sont appelés à voter pour leurs projets préférés sur le site du gouvernement. Les projets plébiscités bénéficieront d’un coup de pouce financier de la part de l’état pour mener à bien leurs actions sur le terrain.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • En complément et çà se développe un peu partout : premier commerce d’énergie solaire britannique utilisant la blockchain.

    L’énergie solaire excédentaire générée par un réseau d’énergie solaire communautaire à Hackney, un arrondissement de Londres, est envoyée à une structure résidentielle à proximité

    Le projet solaire communautaire de Hackney Banister Estate et l’utilisation de la blockchain pour le commerce d’électricité font partie de “Repowering London”, projet visant à soutenir l’utilisation des énergies renouvelables localement.

    Cela peut créer de nouveaux marchés. Dans ce cas particulier, l’envoi d’électricité solaire a eu lieu hors du marché de gros.

    https://cleantechnica.com/2018/04/28/solar-power-trade-using-blockchain-completed-in-uk/

    .

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  • On fait heureusement bien mieux que la photo de l’article pour les toitures solaires, çà coûte moins cher qu’une toiture classique tout en étant productif en électricité et/ou thermique (hybride) et en étant plus résistant !

    Exemple parmi bien d’autres :

    https://www.tesla.com/fr_FR/solarroof

    .

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  • Généralement produits en Asie, ces panneaux photovoltaïque ont un bilan carbone bien moins bons que celui de l’électricité qu’ils sont censés verdir, et coûtent monstrueusement plus cher.

    Ce genre de folie nous a déjà coûté 120 milliards d’euros d’après la Cours des Comptes, pour des retombées industrielles bien limitées et une explosion de nos importations liées à ce secteur. Jusqu’où ira-t-on ?

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  • @ Bachoubouzouc : inexact

    – la plupart des grandes entreprises solaires chinoises produisent désormais à partir d’énergies renouvelables et c’est tout leur intérêt puisque c’est à partir des produits qu’ils fabriquent ! tout en leur apportant comme beaucoup d’entreprises une image plus verte.

    – Sunpower entre autres n’est pas chinois mais américain acquis par le français Total et a une part de marché dans les 15 premiers au plan mondial qui est trusté par d’autres groupes que seulement chinois si vous regardez de plus près. De plus le coût d’un panneau est en pratique inférieur aux coûts des autres équipements et de la main d’oeuvre principalement locale dans une installation.

    – l’ERoEI (taux de retour énergétique) du solaire est de plus en plus favorable et en moyenne autour de 2 ans seulement

    – les émissions du solaire sont inférieures à celles du nucléaire sur tout leur cycle d’exploitation (méta-étude de 103 analyses scientifiques)

    – le solaire est non radioactif, sans risques ni déchets et il est de plus en plus recyclable à 100% améliorant encore son bilan au fil du temps

    – la durée de vie des panneaux/tuiles solaire est en pratique de plus de 30 ans (tests GNV DL, organisme de vérification norvégien). Les panneaux solaires fabriqués en 1954 continuent de produire avec plus de 70% de leur rendement initial

    – la cour des comptes souligne que la dépense concernant les renouvelables a majoritairement et principalement été réalisée “avant 2011” et que depuis le principe des appels d’offres s’applique avec des réduction de prix tous les trimestres.

    Cette même cour des comptes reconnaît par ailleurs les “importantes retombées économiques” de plusieurs dizaines de milliards d’euros, emplois, exports etc, dont vous ne tenez nullement compte dans le bilan “net”

    En conséquence, comme le confirme d’année en année désormais, entre autres le groupe bancaire Lazard, qui publie des études annuelles sur le sujet, les prix du solaire même avec stockage sont compétitifs avec ceux du nucléaire qui est obligé de se déclarer en faillite comme encore un important opérateur récemment aux Etats-Unis et qu’en France la Sfen (société française d’énergie nucléaire) réclame des soutiens public massifs au nucléaire pour pouvoir perdurer. De plus ce n’est pas sans raisons qu’Engie se tourne amplement vers les renouvelables et qu’EDF investit dans 30 GW de solaire et 8 milliards d’euros dans le stockage, en plus de sa forte activité lucrative qu’il amplifie dans les renouvelables.

    – le solaire PV s’intègre de plus en plus dans la construction (toitures, façades, vitrages), les transports et la mobilité (encore très partiellement pour Toyota, Audi avec la filiale d’Hanergy : Alta Devices etc mais mieux encore avec Lightyear One etc). Dans la plupart des cas on peut donc réaliser des immeubles 100% autonomes avec stockage in situ ou locaux en plus des échanges locaux. Les solutions de stockage se multiplient et voient leur prix baisser au point d’être compétitifs et faire basculer de plus en plus d’entreprises, résidences, particuliers, comme on le constate depuis quelques années dans le monde, évitant ainsi les surcoûts de plus de 30% du transport d’électricité sans parler des autres frais et dépenses inutiles de ressources.

    Votre modèle centralisé des années 70 est donc à revoir face aux évolution technologiques qui semblent quelque peu vous dépasser et ce alors que nous allons être confrontés à une forte concurrence sur les prix de l’énergie et que nous sommes toujours dépendants à 50% d’importations fossiles de pays de plus en plus risqués.

    C’est sans compter le solaire thermique et hybride qui eux sont en retard malgré leur très important potentiel mais, malgré les importants bâtons qu’on leur a mis dans les roues, semblent se ressaisir au plan européen et plus du fait de leur compétitivité qui s’accroît avec le gaz (ils sont quasiment à équivalence à une poignée d’euros près par MWh au niveau des réseaux de chaleur européens : 36 euros / MWh stockage estival inclus contre 28 à 35 euros / MWh pour le gaz avant hausse du C02 et du gaz selon les données officielles européennes).

    Et pour les particuliers mettre du solaire hybride sous forme de panneaux (Dualsun etc) ou tuiles/ardoises (Nelskamp etc) qui permet environ 70% de l’eau chaude et plus de 50% du chauffage, s’amortit normalement dans les 8 ans environ en rénovation et plus rapidement si c’est dès la construction, ce qui devrait rendre quasi obligatoire ce genre de système très pertinent, quasiment sans entretien et durable (plus de 30 ans).

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  • @ Bachoubouzouc :

    J’ai relu en détail les 117 pages du rapport de la cour des comptes sur les renouvelables. Je ne vois pas où vous trouvez 120 milliards d’euros pour le solaire ni même cumulé avec l’éolien.

    Et pour mémoire les 2 couvrent environ 8% de la consommation actuelle d’électricité (éolien terrestre 5 à 6% + solaire 2%) comme le rappelle RTE pour l’an passé.

    https://www.rte-france.com/sites/default/files/panorama_enr_2017.pdf

    Ce que vous ne voulez pas observer c’est que les prix de ces énergies sont désormais au plus bas à 14 ou 17 euros le MWh dans l’Amérique du Nord au Sud et de nombreux autres pays, çà n’a plus rien d’exceptionnel et nous devrions nous en rapprocher en Europe avec les appels d’offres.

    Les études prospectives donnent 17 à 25 euros en moyenne le MWh solaire en Europe sous quelques années seulement par exemple et c’est réaliste compte tenu de l’évolution technologique etc. Quelles que soient les dépenses initiales, les gains sont donc énormes.

    De plus vous ne faîtes jamais le bilan “net” de ces énergies comme il faut le faire pour chaque énergie si vous étiez professionnel du secteur. Quelles que soient les erreurs et excès commis avant 2011, la cour de comptes (contrairement à vous !) tient compte aussi des retombées positives. Et le bilan net qu’elle en fait n’a rien de catastrophique compte tenu des prix actuels et à venir de ces énergies qui ne peuvent pas être concurrencées désormais.

    Pour mémoire, le bilan net en Allemagne est passé en positif.

    Le stockage est sur la même voie. Un récent rapport vient encore au Royaume-Uni de souligner l’importance de l’hydrogène et méthanation et de sa compétitivité toute proche et demande au gouvernement de prendre des dispositions pour 2023.

    Quant au bilan carbone l’Ademe souligne bien les émissions moindres pour l’éolien comme pour le solaire par rapport au nucléaire et des études plus précises tenant compte des évolutions technologiques confirment un net avantage à ces 2 technologies, solaire et éolien qui continuent de progresser.

    Alta Devices atteint par exemple 32% de rendement solaire au plan commercial.

    Le nucléaire n’a pas cette capacité à faire baisser ses prix ni ses émissions qui ont plutôt tendance à augmenter compte tenu de l’exploitation plus complexe de la ressource, comme du besoin de sécurité accru de cette technologie.

    Pour mémoire également, le nucléaire n’a jamais été compétitif au moment où il a été installé.

    Il ne s’agit pas d’être pro ou anti mais d’observer la réalité en cours et d’anticiper.

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