Réchauffement climatique : rester sous 1,5°C, "peu probable" selon le Giec

Réchauffement climatique : rester sous 1,5°C, “peu probable” selon le Giec

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Avec ou sans les Etats-Unis qui se sont retirés de l’Accord de Paris en 2017, l’objectif de limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2°C par rapport à l’ère préindustrielle sera semble-t-il, bien difficile à concrétiser dans les faits. Selon un rapport du groupe d’experts du climat de l’ONU (Giec), publié vendredi 12 janvier 2018, la limite la plus ambitieuse fixée par l’Accord de Paris (1,5°C de réchauffement), pourrait être dépassée dès 2040, et les chances d’inverser la tendance sont d’ores et déjà très minces.

Alors que l’Accord de Paris s’est fixé comme objectif le plus ambitieux de limiter le réchauffement des températures à moins de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, la tendance actuelle ne laisse que peu de place à l’optimisme. Dans un rapport commandé après l’adoption de l’Accord fin 2015, et publié vendredi 12 janvier 2018, le Giec affirme que cette première limite pourrait être dépassée dès 2040 si le monde n’engage pas de « transformations drastiques et immédiates ». « Il existe un fort risque, au vu des trajectoires d’émissions (de gaz à effet de serre) et des engagements nationaux actuels, que la Terre se réchauffe de plus de 1,5°C par rapport aux niveaux pré-industriels », indique le texte consulté par l’AFP. « En rester à ces engagements rend extrêmement improbable la tenue de cet objectif », poursuit le Giec affirmant que la température globale moyenne atteindrait 1,5°C dès « les années 2040 ».

La nécessité d’une action « rapide, profonde et multisectorielle »

Le seul moyen d’éviter qu’un tel scénario ne se produise dans les faits serait d’accélérer « la mise en œuvre d’actions rapides, profondes, multi-sectorielles », comprenant notamment la réduction significative de la demande d’énergie par habitant, le développement des énergies renouvelables, la « décarbonation » du secteur électrique d’ici la moitié du siècle, et l’arrêt définitif de l’exploitation du charbon. De telles actions engagées dans les plus brefs délais permettraient effectivement de limiter le réchauffement à court terme mais ne seraient peut-être pas suffisantes pour autant. « Vu la persistance des gaz dans l’atmosphère, le monde n’a plus devant lui que 12 à 16 ans d’émissions au rythme actuel, s’il veut garder 50% de chances de s’arrêter à ce niveau de température », prévient le Giec.

Si les conclusions de ce rapport n’ont rien de surprenantes, tout l’enjeu ici sera de convaincre les décideurs politiques et économiques internationaux de s’engager davantage et plus rapidement dans la lutte contre le changement climatique. Ce document d’un millier de pages, synthèse des recherches scientifiques mondiales, doit être publié à l’automne 2018, et accompagné d’un « résumé pour les décideurs politiques ». Il est « l’œuvre de scientifiques », explique à l’AFP Jonathan Lynn, porte-parole de l’institution. « Le Giec a été créé pour fournir des outils aux gouvernements. Son rôle est de permettre de baser les décisions politiques sur la science ». Pas sûr que ce soit suffisant.

Crédits photo : Center for climate protection

Rédigé par : La Rédaction

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