En Allemagne, une église sacrifiée sur l'autel du charbon

En Allemagne, une église sacrifiée sur l’autel du charbon

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L’abandon progressif de l’énergie nucléaire en Allemagne est loin d’être sans conséquence, et si le recours croissant au charbon dans la production électrique a déjà entraîné une forte hausse des émissions de CO2, il impacte également de manière directe des communautés locales entières, parfois contraintes de plier bagages. Dernier exemple en date dans le petite village d’Immerath, coincée entre la Ruhr et les Pays-Bas et dont l’église vient d’être totalement rasée pour laisser place à l’agrandissement d’une gigantesque mine de charbon, malgré les protestations d’habitants et de militants écologistes. 

L’église d’Immerath, symbole d’un charbon tout puissant

En accord avec sa volonté de rouvrir et d’agrandir les mines de houilles et lignites existantes sur son territoire, le gouvernement d’Angela Merkel n’hésite pas à sacrifier les villages et les populations concernées. Lundi 8 janvier 2018, une église centenaire de l’ouest du pays a été détruite suite à la délocalisation du village d’Immerath. Édifice symbolique dans cette région rurale, ce lieu de culte n’aura pas résisté à la frénésie du charbon allemand qui semble tout emporter sur son passage.

Avant l’église, plusieurs milliers d’habitants de la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie avait dû déménager pour laisser place à une immense mine à ciel ouvert opérée par l’énergéticien RWE. Propriétaire du plus gros parc de centrales à charbon d’Europe, le groupe allemand prévoit notamment d’extraire toujours plus de combustible du site minier voisin de Garzweiler et nécessitait pour cela une extension de la surface d’exploitation. Précisons ici que le lignite, très bon marché, ne se trouve qu’en surface et impose généralement d’immenses zones d’exploitation.

Déplacés dans une commune voisine, les 900 villageois d’Immerath, ont retrouvé depuis dans leur nouveau village, Immerath-Neu, leur école, le jardin d’enfants et leur cimetière. En revanche, leur église, qui avait été « déconsacrée » après un ultime office fin 2013, était promise à la destruction, malgré une bataille juridique remontée jusqu’à la Cour constitutionnelle. « Qui détruit la culture détruit aussi les êtres humains », clamait en vain des militants de Greenpeace sur une banderole, lundi matin, avant que les machines n’entament leur entreprise de démolition.

Des déplacements de population qui sont monnaie courante

De manière générale, les déplacements de population liés aux mines de charbon se sont multipliés ces dernières années, en Lusace notamment, région de l’Est proche de la Pologne, où des villages entiers ont été rayés de la carte. « En 2007 déjà, une église vieille de 750 ans avait été déménagée de 12 km entre Heuersdorf et Borna (est), sur deux plateformes roulantes et pour 3 millions d’euros, pour éviter de la détruire », rappelle l’AFP.

En 2014, c’est le petit village « vert » de Proschim ainsi que de nombreuses fermes alentours qui ont été détruits pour permettre l’ouverture de nouvelles mines. Proschim était pourtant considéré comme une référence en matière d’énergies renouvelables. Entourée d’éoliennes, de centrales solaires et de centrales biogaz qui alimentaient près de 15.000 foyers, la communauté locale semblait s’être dévouée à la cause verte. Insuffisant pour le gouvernement qui tente depuis 2011 de combler le vide laissé par l’énergie nucléaire et a fait le choix d’un retour au charbon pour accompagner le déploiement des énergies vertes.

En Allemagne, la sortie du nucléaire n’est pas sans contrepartie

Le plan énergétique mis en place en catastrophe par Angela Merkel (suite à l’accident de Fukushima en 2011) a en effet placé nos voisins d’outre-Rhin dans une situation énergétique complexe. Si l’objectif de la chancelière allemande était avant tout de sortir l’Allemagne de sa dépendance à l’énergie nucléaire d’ici 2022 via la fermeture des 17 réacteurs allemands (seuls 8 sont encore en fonctionnement à l’heure actuelle), ce désengagement progressif ne fut pas sans conséquence.

Se tournant pleinement vers les énergies renouvelables, le pays est bel et bien parvenu à déployer les filières solaire et éolienne pour atteindre en 2016 plus d’un tiers de la production d’électricité du pays (32% de la consommation étaient couverts par les énergies vertes). « Pourtant, le rythme de croissance actuel ne permettra pas d’atteindre les objectifs qui avaient été fixés pour 2020 », soulignent les experts du think tank berlinois Agora, et ces chiffres éloquents cachent une réalité bien différente en matière de coût de l’électricité et d’émissions de CO2. L’Allemagne est devenue dans le même temps, un des pays, avec le Danemark, où l’électricité est la plus chère (presque deux fois plus que le tarif actuel en France), mais également un des pays européens les plus pollueurs du fait d’un recours au charbon accru ces dernières années.

Les autorités se sont vues contraintes de recourir aux énergies fossiles comme le lignite ou la houille afin de garantir la stabilité de son réseau électrique et la production d’électricité à base de charbon a donc considérablement augmenté (et avec elle les émissions de CO2). Le charbon représente aujourd’hui près de 40% de la production d’électricité nationale et le gouvernement cherche toujours à réexploiter d’anciennes filières de ce combustible sur le territoire.

Crédits photo : Dr James A. Cameron (Twitter)

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Les renouvelables n’ont en réalité rien à voir avec le lobby du charbon qui existait bien avant elles avec ces modes d’exploitations désastreux et dont les centrales sont les moins compatibles.

    Le lignite est fortement subventionné en Allemagne, l’électricité peut donc être produite à un prix beaucoup moins élevé que le gaz naturel et plus encore que le nucléaire.

    Et comme les principaux coûts fixes du charbon sont liés à l’exploitation minière, il est moins coûteux pour les exploitants de centrales électriques d’exploiter leurs chaudières en permanence et de vendre l’électricité excédentaire à bas prix sur le marché.

    La France qui est en retard dans le développement de ses renouvelables n’est pas étrangère à cette situation :

    Le document de l’Agora rappelle en effet: « L’Allemagne a produit environ 648 térawattheures d’électricité en 2016, dont 595 térawattheures ont été consommés en Allemagne. Les 54 TWh restant (environ 8 % de la production intérieure totale d’électricité) ont été exportées vers les pays voisins, en particulier la France (qui ne développe pas assez vite ses renouvelables et ne traite pas assez vite les goulots d’étranglements), les Pays-Bas et l’Autriche (et de là vers l’Italie). Pour 2017, l’excédent des exportations devrait atteindre un peu moins de 10 %.

    Dans le seul cas de l’approvisionnement en électricité, les émissions de CO2 en Allemagne n’ont diminué que légèrement, de 14 millions de tonnes, pour s’établir à 292 millions de tonnes. La réduction des émissions de CO2 responsables de l’effet de serre et donc du réchauffement climatique dans le secteur de l’électricité n’ a donc représenté que 4,5 %.

    L’Allemagne est devenue un véritable exportateur d’électricité et les voisins profitent des bas prix du charbon. En plus de cela, la France a vu sa consommation de charbon augmenter de + 37% entre 2011 et 2014 contre + 5% en Allemagne.

    De même la population et la croissance économique soutenue ont été accompagnées d’une augmentation trop faible de l’efficacité énergétique en Allemagne, analyse Agora (par exemple un certain retard dans la rénovation des bâtiments et par ailleurs dans le parc de VE comparé à d’autres pays).

    Il faut donc arrêter l’hypocrisie et les renouvelables ont bien joué leur rôle et ne sont pas à l’origine de ce problème. Le nucléaire encore moins compétitif aurait eu des résultats pires compte tenu de ses coûts en Allemagne. Avec le développement inexorable des renouvelables compte tenu notamment de leurs bas prix et des modes de consommation décentralisé avec les évolutions technologiques, son vieillissement s’est accéléré car dans les centrales allemandes d’origine il n’est pas adapté au variations de production/consommation comme on le constate et les mines salines d’entreposages des déchets se sont avérées défaillantes et hautement risquées, nécessitant des coûts exorbitants de retraits des déchets déjà entreposés et de nouveaux sites de stockage, question qui n’est toujours pas réglée.

    L’arrêt du nucléaire n’a donc pas été une décision aussi légère qu’il y paraît, sinon le timing mais çà reste à démontrer.

    Si les 20 centrales électriques au lignite citées par Agora étaient retirées du réseau d’ici 2023, certaines mines à ciel ouvert deviendraient immédiatement non rentables: « Avec un arrêt de 8,4 GW, environ la moitié des capacités existantes de production de lignite seraient fermées. La production d’électricité à partir du lignite se caractérise par des coûts variables relativement faibles, mais des coûts fixes élevés pour l’extraction minière à ciel ouvert, une telle réduction de la capacité des centrales électriques alimentées au lignite pourrait également compromettre le rapport coût-efficacité de l’extraction minière à ciel ouvert, ce qui aurait à son tour un impact sur les unités restantes de la centrale. ».

    Quiconque est contraint de fermer plusieurs centrales électriques pour des raisons de rentabilité sera bientôt contraint de fermer les mines à ciel ouvert associées – parce qu’elles ne sont rentabilisées que si une quantité minimum d’achat est garantie dans les centrales raccordées.

    Et ce sont les renouvelables les plus à même de concurrencer et de faire fermer ces centrales charbon pour peu qu’on leur associe en plus d’un réseau plus adapté, du stockage, ce qui a bel et bien été analysé comme erreur comparé au développement en hâte du réseau Nord Sud qui était le fait d’un intervenant différent notamment des opérateur offshore au Nord de l’Allemagne.

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  • En complément :

    « Le fait central qui animera l’industrie énergétique mondiale en 2018, et qui affectera profondément les entreprises, les consommateurs et les décideurs politiques, est que les énergies renouvelables sont désormais bon marché ».

    « Le rythme des changements dans chaque secteur ne fera qu’augmenter à mesure que les prix de l’énergie propre diminueront. Les tentatives visant à freiner la transition énergétique échoueront inévitablement. »

    http://ieefa.org/ieefa-op-ed-2018-expect-clean-energy-cheap-energy/

    Les pays consommateurs ont en effet maintenant d’autres options que d’accepter les effets destructeurs de la hausse des prix des énergies fossiles sur l’économie, et leurs réactions pourraient surprendre les producteurs.

    L’extraction des combustibles fossiles coûte cher. Elle cède la place à des technologies moins coûteuses et plus flexibles, principalement des énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire et les véhicules électriques. Ces changements modifieront les décisions d’investissement, les modèles économiques, l’utilisation des ménages, les modes d’emploi et la politique.

    La demande de charbon pour la production d’électricité poursuivra son déclin prolongé et ses sombres perspectives. L’échelle du marché mondial, les tendances à long terme, dictées par l’économie, le climat et la politique environnementale, s’éloignent du charbon. Il y aura davantage d’annulations de nouveaux projets partout dans le monde et davantage de fermetures d’usines existantes.

    Aux États-Unis, les efforts de relations publiques de l’industrie houillère ne parviendront pas à surmonter la faiblesse des fondamentaux du secteur, qui se caractérise par un plus grand nombre de fermetures de centrales charbon, des prix bas de l’énergie et des possibilités d’exportation instables.

    Bien que l’industrie houillère américaine ait récemment signalé des gains modestes en matière d’emplois et d’investissements, les améliorations sont temporaires, voire illusoires. Seules quelques entreprises qui exportent du charbon métallurgique pour l’acier pourraient voir un avantage à la hausse en raison de l’amélioration des prix.

    L’industrie américaine ne se rétablira pas malgré les réductions réglementaires au niveau fédéral. Une question clé sera de savoir si les dirigeants des pays producteurs de charbon seront en mesure de rééquilibrer l’effondrement des fortunes économiques et les pertes d’emplois pour les mineurs grâce à de nouveaux investissements plus importants dans d’autres industries.

    Concernant les autres énergies fossiles, même si les prix du pétrole continuent d’augmenter en 2018, ils n’augmenteront pas suffisamment pour couvrir les coûts globaux des compagnies pétrolières et gazières ou des organisations d’État.

    http://ieefa.org/ieefa-op-ed-2018-expect-clean-energy-cheap-energy/

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  • En complément:

    « Le fait central qui animera l’industrie énergétique mondiale en 2018, et qui affectera profondément les entreprises, les consommateurs et les décideurs politiques, est que les énergies renouvelables sont désormais bon marché ».

    « Le rythme des changements dans chaque secteur ne fera qu’augmenter à mesure que les prix de l’énergie propre diminueront. Les tentatives visant à freiner la transition énergétique échoueront inévitablement. »

    http://ieefa.org/ieefa-op-ed-2018-expect-clean-energy-cheap-energy/

    « Les pays consommateurs ont en effet maintenant d’autres options que d’accepter les effets destructeurs de la hausse des prix des énergies fossiles sur l’économie, et leurs réactions pourraient surprendre les producteurs. »

    L’extraction des combustibles fossiles coûte cher. Elle cède la place à des technologies moins coûteuses et plus flexibles, principalement des énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire et les véhicules électriques. Ces changements modifieront les décisions d’investissement, les modèles économiques, l’utilisation des ménages, les modes d’emploi et la politique.

    La demande de charbon pour la production d’électricité poursuivra son déclin prolongé et ses sombres perspectives. L’échelle du marché mondial, les tendances à long terme, dictées par l’économie, le climat et la politique environnementale, s’éloignent du charbon. Il y aura davantage d’annulations de nouveaux projets partout dans le monde et davantage de fermetures d’usines existantes.

    Aux États-Unis, les efforts de relations publiques de l’industrie houillère ne parviendront pas à surmonter la faiblesse des fondamentaux du secteur, qui se caractérise par un plus grand nombre de fermetures de centrales charbon, des prix bas de l’énergie et des possibilités d’exportation instables.

    Bien que l’industrie houillère américaine ait récemment signalé des gains modestes en matière d’emplois et d’investissements, les améliorations sont temporaires, voire illusoires. Seules quelques entreprises qui exportent du charbon métallurgique pour l’acier pourraient voir un avantage à la hausse en raison de l’amélioration des prix.

    L’industrie américaine ne se rétablira pas malgré les réductions réglementaires au niveau fédéral. Une question clé sera de savoir si les dirigeants des pays producteurs de charbon seront en mesure de rééquilibrer l’effondrement des fortunes économiques et les pertes d’emplois pour les mineurs grâce à de nouveaux investissements plus importants dans d’autres industries.

    Concernant les autres énergies fossiles, même si les prix du pétrole continuent d’augmenter en 2018, ils n’augmenteront pas suffisamment pour couvrir les coûts globaux des compagnies pétrolières et gazières ou des organisations d’État.

    http://ieefa.org/ieefa-op-ed-2018-expect-clean-energy-cheap-energy/

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  • Complément :

    « Le fait central qui animera l’industrie énergétique mondiale en 2018, et qui affectera profondément les entreprises, les consommateurs et les décideurs politiques, est que les énergies renouvelables sont désormais bon marché ».

    « Le rythme des changements dans chaque secteur ne fera qu’augmenter à mesure que les prix de l’énergie propre diminueront. Les tentatives visant à freiner la transition énergétique échoueront inévitablement. »

    http://ieefa.org/ieefa-op-ed-2018-expect-clean-energy-cheap-energy/

    Les pays consommateurs ont en effet maintenant d’autres options que d’accepter les effets destructeurs de la hausse des prix des énergies fossiles sur l’économie, et leurs réactions pourraient surprendre les producteurs.

    L’extraction des combustibles fossiles coûte cher. Elle cède la place à des technologies moins coûteuses et plus flexibles, principalement des énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire et les véhicules électriques. Ces changements modifieront les décisions d’investissement, les modèles économiques, l’utilisation des ménages, les modes d’emploi et la politique.

    La demande de charbon pour la production d’électricité poursuivra son déclin prolongé et ses sombres perspectives. L’échelle du marché mondial, les tendances à long terme, dictées par l’économie, le climat et la politique environnementale, s’éloignent du charbon. Il y aura davantage d’annulations de nouveaux projets partout dans le monde et davantage de fermetures d’usines existantes.

    Aux États-Unis, les efforts de relations publiques de l’industrie houillère ne parviendront pas à surmonter la faiblesse des fondamentaux du secteur, qui se caractérise par un plus grand nombre de fermetures de centrales charbon, des prix bas de l’énergie et des possibilités d’exportation instables.

    Bien que l’industrie houillère américaine ait récemment signalé des gains modestes en matière d’emplois et d’investissements, les améliorations sont temporaires, voire illusoires. Seules quelques entreprises qui exportent du charbon métallurgique pour l’acier pourraient voir un avantage à la hausse en raison de l’amélioration des prix.

    L’industrie américaine ne se rétablira pas malgré les réductions réglementaires au niveau fédéral. Une question clé sera de savoir si les dirigeants des pays producteurs de charbon seront en mesure de rééquilibrer l’effondrement des fortunes économiques et les pertes d’emplois pour les mineurs grâce à de nouveaux investissements plus importants dans d’autres industries.

    Concernant les autres énergies fossiles, même si les prix du pétrole continuent d’augmenter en 2018, ils n’augmenteront pas suffisamment pour couvrir les coûts globaux des compagnies pétrolières et gazières ou des organisations d’État.

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  • Oui, déplacements de population, démolition d’église, subventions accordées pour l’extraction du lignite, le plus polluant de tous les combustibles, est choquant et révoltant. D’autant que l’Allemagne est le 1er pays d’Europe exportateur net d’électricité.

    Non, la sortie du nucléaire n’est pas à incriminer. D’abord, il convient de tenir compte que le nucléaire est risqué, coûteux et polluant. Le CO2 ou les déchets radioactifs, c’est le choix entre la peste et le choléra.

    Ensuite, tandis que la fermeture des 8 réacteurs allemands a entraîné une baisse de production de 43 TWh, les énergies renouvelables produisent maintenant 200 TWh. Non seulement celles-ci compensent la baisse de nucléaire, mais elles permettent d’avoir moins de fossiles. Il est donc bien que l’Allemagne continue à les développer, concomitamment avec stockage d’énergie, amélioration du réseau et réduction des consommations. D’ailleurs, que pourrait-elle faire d’autre ?

    De toutes façons, les renouvelables finiront inexorablement par s’imposer et à balayer nucléaire et fossiles. Voir dans ce sens le rapport « New Energy Outlook » de BNEF (Bloomberg New Energy Finance) publié le 15 juin 2017 ; il prévoit un développement accéléré des filières photovoltaïque et éolienne.

    Prix de l’électricité – Chaque pays y met ce qu’il veut. Ce qui n’est pas payé par le consommateur le sera au final par le contribuable.
    – Si R & D nucléaire était payé par le consommateur, le prix français s’envolerait.
    – Outre-Rhin, le gouvernement allemand exempte 2800 industriels du paiement de l’EEG-Umlage (l’équivalent de notre CSPE), soit un manque à gagner de 4,8 milliards d’euros par an. Cela fait 120 euros par ménage (il y a 40 millions de ménages allemands). Or la facture moyenne d’électricité d’un ménage français est de 120 euros plus basse que celle d’un ménage allemand…
    – Les ménages allemands consomment 27% d’électricité hors chauffage de moins qu’un ménage français et il paie moins cher son chauffage. Les parts de l’énergie (électricité et chauffage) dans le budget des ménages des deux pays sont proches : 4,2% pour le Français et 4,8% pour l’Allemand.

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