Une route solaire prête à tracer sa voie en Chine

Une route solaire prête à tracer sa voie en Chine

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Devenue l’une des nations les plus investies dans le développement des énergies renouvelables, la Chine vient d’inaugurer le premier tronçon de sa future route solaire. Un premier tronçon porteur d’espoir pour le pays car il propose une nouvelle technologie, sensée être particulièrement fiable et plus facile à développer à l’échelle d’un grand réseau routier. D’autres pays comme la France ont déjà été séduit par l’ambition des routes solaires, mais pour l’instant aucun projet global n’a vu le jour. Car si la technologie ouvre des perspectives intéressantes sur le long terme, elle est encore trop tributaire de nombreux problèmes, à commencer par sa fiabilité et son coût.

Une route solaire qui commence en France…

Tout a commencé en France. C’était fin décembre 2016 : Ségolène Royal, alors ministre de l’écologie et du développement durable, se rendait à Tourouvre, en Normandie, pour inaugurer la première route solaire construite dans le monde. Un coup d’essai du nom de Wattway, construit par l’entreprise française Colas, qui s’étendait alors sur un kilomètre de distance et plaçait la France en tête du développement de cette technologie futuriste. Pourtant, l’inauguration n’a pas spécialement suscité d’engouement ; au contraire, de nombreux détracteurs se sont élevés pour faire valoir que l’idée d’une route solaire présentait très peu d’intérêt. Pourquoi construire une route solaire qui offre un prix de revient de 17 €/Watt alors qu’une centrale solaire peut offrir un prix de revient de 1 €/Watt ?

Plus d’un an après, le bilan de la route solaire française est mitigé : seulement 149,4 MWh ont été produits par la route contre 280 MWh attendus au début. La faute a des dalles qui ont été dégradées par les intempéries hivernales, ce qui a fortement entamé leur rendement énergétique selon Colas. Malgré ce bilan tricolore en demi-teinte, la Chine elle compte bien investir dans cette technologie en développant de son côté un projet de route solaire qui offrirait un meilleur rendement et un prix de revient moins élevé.

Le projet de route solaire chinoise

Un an après l’inauguration du tronçon de route solaire française, la Chine a pu inaugurer son propre tronçon. Cette portion de route solaire est longue de deux kilomètres, et elle a été construite à Jinan, dans la province de Shandong située sur la côte est de la Chine. Le technologie choisie par la Chine est différente de celle mise au point par Colas : là où l’entreprise française avait opté pour des dalles photovoltaïques adaptées à un usage au sol, les chinois ont préféré imaginer un revêtement en trois couches qui permet de protéger les cellules photovoltaïques. Les panneaux photovoltaïques forment la couche intermédiaire ; ils sont placés au-dessus d’une couche d’isolant qui forme la base de la structure et empêche l’humidité d’atteindre les panneaux. La partie supérieure consiste en une couche de béton transparent qui protège également les panneaux tout en amortissant le poids des véhicules qui circulent.

Selon les concepteurs de ce tronçon test, la route solaire devrait présenter une plus grande robustesse que la route solaire française. Une résistance qui permettrait aussi un meilleur rendement des cellules photovoltaïques. Grâce aux premiers tests, le revêtement a montré que la production d’énergie fonctionnait parfaitement. Du côté des usagers, la conduite est presque la même que sur de l’asphalte, à une différence prêt : la distance de freinage est légèrement plus longue. Les ingénieurs estiment que ce tronçon devrait produire 1 million de KWh/an, ce qui équivaut à l’alimentation de 800 foyers chinois.

Plusieurs freins de taille

Pour l’instant, le prix de revient d’une route solaire est peu attractif car la technologie en est encore à ses débuts. Selon Xu Chunfu, le président de Qilu Transportation Development Group, responsable du projet de projet, la route solaire coûterait seulement deux fois cher qu’une route normale. Des informations remises en question par le site d’informations Slate qui affirme que cette route a coûté 458$ par mètre carré… soit 90 fois plus cher qu’un mètre carré d’asphalte. Mais avec le développement de la technique, les ingénieurs espèrent faire baisser les coûts de manière drastique. Un espoir tout à fait légitime si on considère que c’est déjà ce que la Chine a fait avec le prix des panneaux photovoltaïques.

Autre bémol avec cette technologie : le rendement énergétique d’un revêtement au sol sera de toute manière moindre que celui d’un panneau photovoltaïque installé sur une toiture. Par ailleurs, on ne connait pas encore les capacités du revêtement solaire dans le temps : est-il d’une bonne longévité ? Se détériore-t-il avec le temps et les aléas naturels ? Quoiqu’il en soit, la Chine compte bien investir dans cette technologie et réussir à en faire baisser les coûts. Avec plus de 120 villes qui comptent plus d’un million d’habitants, le projet de route solaire semble avoir un avenir tout tracé. Car dans ces villes où la place manque cruellement et où les besoins en énergie ne font que croître, cette nouvelle source d’énergie potentielle permettrait de rentabiliser l’espace.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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