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Commerce sino-nord-coréen : le solaire résiste aux sanctions internationales

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Lourdement handicapée par les nombreuses sanctions économiques décidées par l’ONU, la Corée du Nord est de plus en plus isolée sur la scène internationale et privée de sources de revenus cruciales. Pourtant, en plein cœur de cette tempête diplomatique, il est un secteur qui ne connaît pas la crise. Le commerce de panneaux photovoltaïques avec son voisin chinois ne cesse de se développer malgré la conjoncture défavorable.

Sanctions internationales et exportations chinoises

Si la Chine a décidé de répondre (en partie) favorablement aux pressions de Washington en acceptant de suspendre ses importations de fer, de plomb, de minerais et de produits de la mer en provenance de Corée du Nord, en application des sanctions adoptées à l’ONU, le commerce entre les deux pays n’en est pas pour autant au point mort, et Pékin aurait même augmenté ses exportations en direction de son voisin coréen. Depuis le premier trimestre 2017 et les nouvelles menaces de sanctions onusiennes, les importations chinoises en provenance de la Corée du Nord ont effectivement reculé de 13,2%, mais les exportations elles, ont augmenté de 29%.

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De nombreux produits, pourtant concernés par les sanctions, continuent d’être négociés à Dandong, petite ville du Liaoning située à la frontière nord-est de la Chine, et point culminant du commerce sino-nord-coréen (70% du commerce bilatéral y est opéré). Les camions de transports poursuivent leur longue litanie à travers le “Pont de l’amitié” qui rejoint les deux rives du Yalu et relie les deux pays. Parmi les produits échangés, comme du minerai d’or nord-coréen utilisé pour la fabrication de bijoux, des racines de ginseng, des champignons ou des fourmis séchées, les équipements photovoltaïques ne semblent pas figurer sur la liste noire et font toujours l’objet d’un commerce florissant.

Un commerce du solaire en plein boom

Désireux de réduire sa dépendance au charbon et d’augmenter une production d’électricité largement insuffisante, le chef d’Etat nord-coréen Kim Jong-Un avait annoncé en 2015 son ambition d’augmenter de 50% la production électrique de son pays dans les plus brefs délais, et comptait pour cela sur de nouvelles centrales hydroélectriques ainsi que sur la mise en œuvre de puissantes filières de production solaire et éolienne. Or, si cet objectif semble peu réalisable à court terme, il faut admettre que le solaire connaît effectivement un fort développement. Le Nautilus Institute de l’université Berkeley a estimé dans une étude récente, qu’environ 2% des Nord-Coréens étaient déjà équipés de panneaux solaires en 2014 et que cette proportion devrait continuer à progresser dans les années à venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gros producteur de panneaux solaires, Pékin alimente donc depuis plusieurs années maintenant le succès grandissant de l’énergie solaire en Corée du Nord, les usines de production de cellules photovoltaïques locales n’étant pas encore en capacité de répondre à la demande. L’an dernier, la Chine a exporté 466.248 panneaux solaires vers son voisin, selon les Douanes chinoises. Parmi les articles à succès, figure notamment le chauffe-eau doté de panneaux photovoltaïques, à installer sur le toit : un équipement vendu entre 2.700 et 14.000 yuans l’unité (345-1.780 euros). S’il convient de rester prudent tant les infirmations provenant de ce pays sont sujettes à contestation, “ces achats réalisés par des ménages, des bureaux ou des usines montrent tout de même qu’un certain nombre de citadins en Corée du Nord ont des revenus adéquats disponibles“, observe Curtis Melvin, chercheur à la Johns Hopkins University (Etats-Unis).

L’importation de charbon au centre des tensions

Source cruciale de revenus pour la Corée du Nord (qui lui rapporte plus d’un milliard de dollars par an), le charbon est quant à lui directement visé par les sanctions internationales. Si la Chine avait accepté une première fois en février 2017 de réduire ses achats de charbon, certaines entreprises continueraient de commercer avec Pyongyang, selon des informations du Trésor américain.

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Les Etats-Unis ont donc pris mardi 22 août 2017 de nouvelles sanctions commerciales visant dix entreprises et six individus chinois et russes accusés d’apporter leur aide financière à la Corée du Nord en important du charbon. “Le département du Trésor continuera d’accroître sa pression sur la Corée du Nord, en visant ceux qui soutiennent le développement des programmes nucléaire et balistique, et en les isolant du système financier américain“, a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Les sanctions visent en particulier d’importants exportateurs de charbon, dont la société chinoise Zhicheng, sur lesquels s’appuie le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un pour développer ses programmes de développement d’armes nucléaires et missiles balistiques. Pour rappel, en 2016, la Chine avait importé 22,5 millions de tonnes de charbon nord-coréen (une hausse de 15 % sur un an), pour un montant total avoisinant 1,19 milliard de dollars.

Crédits photo : Julie Makinen – Los Angeles Times

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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