Arrêt des livraisons de gaz à l'Ukraine par la Russie : quelles conséquences ? - L'EnerGeek

Arrêt des livraisons de gaz à l’Ukraine par la Russie : quelles conséquences ?

pipeline_ukraine-creditphoto-wikimedia_commonsMercredi 1er juillet, le géant russe Gazprom a indiqué qu’il procédait à l’arrêt immédiat de ses livraisons de gaz à destination de l’Ukraine. Une annonce qui fait suite à la décision de Kiev de suspendre ses achats après l’échec de négociations sur les prix. En réalité, les motifs semblent plus politiques qu’économiques.

 

Le prolongement d’un long bras de fer

Le dernier contrat signé entre le russe Gazprom et le groupe public ukrainien Naftogaz est arrivé à expiration le 30 juin sans qu’un nouvel accord sur les livraisons de gaz russe à l’Ukraine n’ait été trouvé. En cause, un désaccord sur les prix du gaz livré par la Russie, qui ont augmenté.

Toutefois, le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, estime que la décision ukrainienne ne relève pas essentiellement d’un rapport de forces économique : “Il ne s’agit que de politique”, plaide-t-il.

Depuis le début de l’année 2014 et l’arrivé d’un gouvernement pro-occidental au pouvoir en Ukraine, Moscou et Kiev sont engagés dans un bras de fer qui se manifeste notamment dans les conflits qui se déroulent à l’Est du pays.

La Commission européenne a indiqué que les pourparlers entre les autorités russes et ukrainiennes, à Vienne, ont été “difficiles”. Les discussions devraient se poursuivre fin août, à Bruxelles. L’Union européenne envisage de convoquer de nouveau les ministres des deux pays au mois de septembre pour trouver un accord couvrant la période de l’hiver jusqu’à fin mars 2016.

 

Pas de menace sérieuse pour l’approvisionnement de l’Europe

A ce jour, l’Ukraine dispose d’un stock de 12 milliards de mètres cubes de gaz. Il lui en faut 9 milliards pour débuter la saison hivernale dans de bonnes conditions. Si Kiev doit compléter ses réserves, deux options se présentent : l’extraction domestique de gaz ou l’achat de gaz à d’autres fournisseurs (en Europe centrale ou en Norvège, par exemple).

Quant à l’Europe, elle ne devrait pas être menacée par l’arrêt des livraisons de gaz russe à l’Ukraine, puisque Naftogaz a assuré le 30 juin qu’elle continuerait à assurer normalement le transit vers les autres clients européens. On aurait pu craindre le pire, dans la mesure où près de la moitié du gaz importé par l’Union européenne transite par le territoire ukrainien.

La Commission européenne a ainsi indiqué mercredi 1er juin que l’approvisionnement en gaz de l’Europe n’était “pas en danger” pour le prochain hiver. Le commissaire chargé de l’Energie, Maros Sefkovic, s’est quant à lui déclaré satisfait de l’ “engagement clair du côté ukrainien et russe de faire en sorte que le transit vers l’Europe [continue] d’une façon fluide et ininterrompue”.

 

Crédits photo : Wikimedia Commons

Rédigé par : Fabien Maout

Avatar
ven 9 Déc 2016
Encore relativement chers, les biocarburants ne permettent pas de proposer une alternative durable aux combustibles fossiles, bien moins onéreux. Un défi économique que les groupes Suez et Total pourraient bien relever en valorisant les huiles alimentaires usagées. Les deux groupes français ont annoncé mardi 6…
mar 27 Fév 2018
En hausse au 1er janvier 2018, la Contribution climat énergie (CCE) a entraîné une nouvelle augmentation généralisée du prix des carburants vendus à la pompe. Elle matérialise de cette manière la volonté affichée du gouvernement d’accélérer la transition écologique et…
lun 1 Fév 2021
Ce lundi 1er février 2021, la Chine a inauguré son marché national du carbone, qui concernera dans un premier temps uniquement la production d'électricité. Même limité à ce secteur, il s'agit du plus grand marché du carbone au monde, car…
mer 13 Fév 2013
Une étude australienne du Bloomberg Energy Finance révèle que l’énergie éolienne serait moins chère que le charbon et le gaz dans ce pays.   La conclusion de cette étude pourrait avoir un impact significatif dans un pays qui tire la…