Henri Proglio (EDF) défend la compétitivité à long terme du nucléaire - L'EnerGeek

Henri Proglio (EDF) défend la compétitivité à long terme du nucléaire

centrale_nucléaire_cattenom_photoStefan KühnAuditionné pendant près de deux heures  mardi 6 mai devant la commission d’enquête parlementaire sur les coûts du nucléaire, le PDF d’EDF Henri Proglio a répondu aux nombreuses questions (250 !) qui lui ont été posées sur les différents aspects de la filière atomique française : coût du grand carénage, durée de vie des centrales, emploi, transition énergétique…

Interrogé sur le coût du grand carénage, cet ensemble de travaux de maintenance lourde destinés à prolonger la durée de vie du parc au-delà de 40 ans, Henri Proglio a réaffirmé qu’il avoisinerait les 55 milliards d’euros.

Cette estimation (10 milliards pour appliquer les nouvelles normes de sûreté post-Fukushima, 20 milliards pour la mise à niveau des réacteurs, 15 milliards pour le remplacement de grands composants des réacteurs et 10 milliards pour d’autres projets « patrimoniaux ») a selon lui été vérifiée de nombreuses fois.

Il a toutefois prévenu que la majorité de cet investissement reste conditionné à l’assurance que les centrales pourront continuer de tourner jusqu’à 50 ans, l’extension espérée étant d’arriver à une durée de vie finale de 60 ans.  L’Autorité de sûreté nucléaire en décidera.

Sans tenir compte du grand carénage, le patron d’EDF estime le « niveau récurent des investissements nécessaires à la maintenance à 50 millions d’euros par an et par réacteur ».

Au final, il garantit « un coût de production d’environ 55€/MWh avec la réalisation du grand carénage et avec une durée de fonctionnement de 50 ans ».

Les investissements sont également importants sur le plan humain : comme en 2013, EDF embauchera 6.000 personnes en 2014 (dont 2.000 créations nettes d’emplois) « pour renouveler nos compétences et assurer la gestion du parc dans la durée ».

Une grande partie de ces emplois sont directement liés à la filière nucléaire, dont l’importance ne sera d’après lui pas remise en cause par la transition énergétique, même si la décision de fermer Fessenheim semble désormais irrévocable. En effet, Henri Proglio pense que pour différentes raisons (croissances démographique et économique, nouveaux usages de l’électricité comme la voiture électrique) le parc nucléaire actuel couvrira tout juste 50% de la production de l’électricité en 2025, ce qui correspond à l’objectif défini par François Hollande.

« Aujourd’hui, il y a besoin d’outils de production supplémentaires, ce qui laisse une large place aux énergies renouvelables et aux énergies décentralisées », estime Henri Proglio qui pense aussi que la compétitivité du nucléaire est « un atout pour engager la transition énergétique ».

Une compétitivité qui reste en partie liée à l’amélioration du coefficient de disponibilité des réacteurs, souhaité dès cette année. EDF veut le porter de 78% en 2013 à plus de 80%.

Crédits photo : Stefan-Kühn

Rédigé par : jacques-mirat

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COMMENTAIRES

  • L’important, ce n’est pas le taux de disponibilité mais le taux d’utilisation effective : le taux de charge.

    En France, il est seulement de 75% en moyenne depuis de nombreuses années (de 74% à 76% selon les années).

    http://energeia.voila.net/nucle/france_58_reacteurs.htm

    Pour le nucléaire nouveau, ce n’est pas du tout le même coût de production : environ 107 €/MWh pour l’EPR de Normandie et 114 €/MWh pour de l’EPR anglais.

    Voir les autres études sur le même site.

    A côté de cela, le tarif d’achat de l’électricité solaire est seulement de 91 €/MWh pour une centrale de 1 à 10 MWc mise en service en Allemagne en mai 2014.

    Encore moins cher avec l’éolien terrestre en Allemagne.

    Répondre
  • Bonjour,

    Comment peut-on laisser en place, politiquement parlant, une personne qui a léché les bottes d’un gouvernement, qui n’a pas été réélu.

    Tout le monde sait, que seul, l’argent est sa motivation (Proglio), et qu’il n’est pas neutre dans la partie ” SEX”….. (Rachida!!)

    à votre dispo pour y répondre .

    Claude LEMONT

    Répondre

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