Hydroélectricité : appel à la grève contre la mise en concurrence des barrages

Hydroélectricité : appel à la grève contre la mise en concurrence des barrages

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Quelques jours après leur rencontre infructueuse avec le cabinet du Premier ministre, les syndicats de secteur de l’énergie CFDT, CGT, CFE-CGC et FO, ont lancé mardi 13 février 2018, un nouvel appel à la grève pour dénoncer l’ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques. L’ensemble des salariés des quelque 400 concessions hydrauliques de l’Hexagone sont appelés à manifester le 13 mars prochain pour « défendre le maintien dans le service public de la filière hydroélectrique française »

Si le gouvernement semble confiant pour l’avenir de la filière hydroélectrique française, les syndicats et salariés des centrales hydrauliques ont un tout autre avis sur la question et manifestent régulièrement aux quatre coins de la France pour dénoncer la fin du service public énergétique. Ces derniers craignent en effet une nouvelle répartition des capitaux réservés à la sécurité et à la sûreté des ouvrages vers une rétribution croissante des actionnaires privés ou des fonds de pension, et refusent de voir « brader aux premiers investisseurs venus le patrimoine énergétique français ».

Une mise en concurrence inéquitable selon l’intersyndicale

Dans les faits, l’ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques répond à la transposition dans le droit français d’une disposition européenne, et met en place, via l’article 29 du projet de loi de transition énergétique, des sociétés d’économie mixte hydroélectriques (sociétés anonymes sous contrôle de l’Etat comptant au moins une personne privée, plus éventuellement d’autres autorités publiques). Selon ce nouveau schéma, l’État et, le cas échéant, les collectivités territoriales ou les partenaires publics, détiendront conjointement 34 % au moins du capital de la société et 34 % au moins des droits de vote dans les organes délibérants. La part du capital et des droits de vote détenue par l’actionnaire opérateur ne pourra être elle aussi inférieure à 34 %. L’État pourra se donc désengager jusqu’à 66 % tandis que de nouveaux acteurs du marché financier (Français, Européens, mais aussi extracommunautaires) pourront faire leur entrer dans la filière.

Une mise à mort programmée du service public hydraulique pour les syndicats qui encouragent les personnels des industries électriques à rester mobiliser, et dénoncent en outre l’iniquité de cette mise en concurrence pour le premier exploitant français EDF. « Il a été indiqué (lors de la réunion à Matignon le 7 février, ndlr) que la concurrence serait organisée par « paquets » et que même si EDF présentait la meilleure offre, elle ne pourrait remporter l’intégralité des concessions hydrauliques au sein de chaque paquet », souligne FO. EDF devrait « donc perdre des concessions coûte que coûte », et cela même si son offre est la meilleure pour chaque paquet proposé. « Un comble pour répondre à une mise en demeure émise par la Commissaire à la… concurrence », s’insurge de son côté la CFDT. « Disqualifier la meilleure offre, est-ce vraiment l’esprit de la concurrence libre et non faussée et dans l’intérêt des Français ? », renchérit la CFE Energies.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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