Quels sont les trois vœux "renouvelables" de Nicolas Hulot ?

Quels sont les trois voeux « renouvelables » de Nicolas Hulot ?

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De passage dans la Sarthe, lundi 8 janvier 2018, où il a pu visiter un site éolien et une centrale photovoltaïque, le ministre de la Transition écologique et solidaire a formulé ses vœux pour les filières renouvelables et détaillé à la presse ses nouvelles ambitions en la matière. En attendant le début des concertations en février 2018 qui fixeront les nouveaux objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019-2023, Nicolas Hulot a annoncé une nouvelle stratégie basée sur trois axes bien distincts : la simplification des procédures, l’augmentation significative de la production et la recherche constante de l’innovation.

Simplifier et consolider le cadre de développement des filières renouvelables

Les filières renouvelables (éolienne, solaire, biomasse, etc.) ont toutes un rôle déterminant à jouer dans le succès de la transition énergétique, et doivent être encouragées davantage si l’on veut parvenir à la neutralité carbone dès 2050 comme le prévoit le plan climat de Nicolas Hulot. Avant même la révision prochaine de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, le ministre d’Etat souhaite supprimer les freins qui ralentissent leur développement dans l’Hexagone. Il a ainsi confirmé, lundi 8 janvier 2018, la création de nouveaux groupes de travail, à l’image de celui mis en place dans la filière éolienne en octobre 2017.

Depuis le 20 octobre 2017, un groupe de travail présidé par Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre, s’est en effet penché avec toutes les parties prenantes, sur les leviers à activer pour accélérer le développement de l’éolien (aspects procéduraux, leviers financiers, planification), et doit présenter ses premières conclusions le 18 janvier prochain. Dans le cadre du projet de loi pour une société de confiance, Nicolas Hulot a également proposé des simplifications majeures sur l’éolien en mer qui souffre toujours de procédures administratives trop complexes et de multitudes de recours qui ralentissent la concrétisation des projets.

Il envisage notamment de créer un « permis enveloppe » permettant la délivrance au lauréat d’un appel d’offres éolien en mer, de plusieurs autorisations pouvant ensuite évoluer et lui permettant d’intégrer à posteriori des modifications du projet d’installation et de son raccordement. Mais également un « débat public plus en amont » pour garantir une concertation plus efficace, et « un cadre nouveau pour le raccordement » afin d’anticiper sa réalisation et de limiter le risque de retard de sa mise à disposition, qui constitue aujourd’hui un risque majeur pour le financement des projets.

Pour « un changement d’échelle » de la transition énergétique

En parallèle de cette simplification des procédures, le ministre de la Transition écologique et solidaire a également promis un « changement d’échelle » de la transition énergétique, avec un « quasi » doublement des appels d’offres sur le solaire. Le photovoltaïque est l’une des énergies renouvelables électriques les plus compétitives et doit prendre, pour Nicolas Hulot, une place de plus en plus importante dans le mix électrique français. Des objectifs ambitieux ont d’ailleurs été fixés à l’horizon 2023 pour cette filière : entre 18,2 et 20,2 GW de puissance installée, alors que la puissance raccordée du parc solaire photovoltaïque atteignait « seulement » 7,7 GW au 30 septembre 2017.

« Avec (le ministre de l’Économie) Bruno Le Maire, nous sommes en train de préparer un accélérateur de la transition écologique, et notamment de la transition énergétique, pour changer d’échelle », a déclaré M. Hulot. « On va changer d’échelle dans les appels d’offres, que l’on va quasiment multiplier par deux sur le solaire. On va changer d’échelle en essayant de rendre acceptable tous ces projets et de sortir d’une position conflictuelle », a-t-il ajouté. Plusieurs mesures seront mises en œuvre pour répondre à cette ambition dont l’augmentation dès le mois de mars 2018 du volume des appels d’offres solaires, qui passeront de 1,5 GW à 2,5 GW par an. La quatrième période de l’appel d’offres pour les installations sur bâtiments, dont la clôture aura lieu le 9 mars prochain, portera donc sur 200 MW, alors que les résultats de la troisième période ont été dévoilés ce lundi et ont déjà récompensé 283 nouveaux lauréats pour un volume total de 150 MW.

Le ministre a également indiqué vouloir faire « de la pédagogie » pour que les Français « voient les bénéfices » des énergies renouvelables, notamment « en développant l’autoconsommation », « pour qu’à terme chaque territoire, chaque citoyen, s’il le décide, puisse produire sa propre énergie pour sa propre consommation ». Rappelons que l’autoconsommation en France concerne déjà plus de 8000 projets déclarés en 2016 et 6000 sur le seul premier semestre 2017. Cette tendance s’est effectivement accélérée ces derniers mois en partie grâce à la baisse des coûts de production et aux mesures prises pour encourager la production d’énergie renouvelable décentralisée. On pense ici par exemple à l’appel d’offres lancé en 2017 pour 50 MW de projets en autoconsommation et dont le dispositif sera répété tous les quatre mois pendant trois ans.

Mettre l’innovation au service de la transition écologique

Considérant l’innovation technologique et sociale (comprendre ici les nouveaux modèles économiques et sociaux plus responsables) comme la base d’une transition énergétique harmonieuse, le ministre a insisté enfin sur les efforts à consentir en matière de recherche et de développement dans toutes les filières d’excellence des énergies renouvelables. Il a rappelé dans ce cadre que plusieurs dispositifs destinés à encourager l’innovation des PME et des start-up entreraient dans le champ du Programme des investissements d’avenir (PIA) et permettraient de soutenir financièrement les projets novateurs.

Le « Concours d’innovation » lancé en décembre par l’Ademe par exemple (en collaboration avec BpiFrance) récompensera en priorité les projets relatifs aux transports et véhicules du futur, aux énergies renouvelables, au stockage de l’énergie, aux réseaux électriques intelligents et à l’économie circulaire. Il sera ouvert jusqu’au 13 mars 2018, et permettra de cofinancer des projets de recherche, développement et innovation, dont le montant se situe entre 0,6 et 5 millions d’euros. Ce concours sera complété au sein du PIA3 par d’autres dispositifs de soutien dont un premier pour la mise au point de « démonstrateurs de la transition énergétique et écologique » et le financement d’infrastructures innovantes, et un second dédié exclusivement aux transports et à la mobilité, et ciblant des projets coopératifs associant entreprises et instituts de recherche.

Crédits photo : Nicolas Hulot (Twitter)

Rédigé par : La Rédaction

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