Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, la France bascule à l’heure d’hiver. À 3 heures du matin, il faudra reculer les aiguilles d’une heure : les horloges indiqueront alors 2 heures, rappelle BFMTV. De quoi offrir une heure de sommeil en plus, ou une heure de fête supplémentaire pour ceux qui préfèrent veiller.
Les appareils électroniques, smartphones, ordinateurs, télévisions ou montres connectées, s’ajustent automatiquement. Les horloges, réveils et montres à réglage manuel, eux, demandent une intervention de l’utilisateur. L’Outre-mer n’est pas concerné par ce changement.
Un dispositif vieux
Le mécanisme remonte à un décret du 19 septembre 1975, officiellement entré en vigueur en 1976. L’objectif était alors de réduire les temps d’éclairage artificiel en soirée, dans une France frappée depuis 1973 par le premier choc pétrolier, qui venait de mettre fin à trente années de croissance et de plein-emploi. La mesure devait rester provisoire.
Ce n’était pas une première. Une heure d’été avait déjà été proposée en 1916, puis votée en 1917, et ce régime a duré jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Pour retenir le sens du changement, un moyen mnémotechnique circule depuis des années : en octobre, l’heure recule ; en mars, elle avance.
Sommeil perturbé, troubles en cascade
Des professionnels de santé pointent régulièrement le dérèglement du rythme de sommeil provoqué par ces bascules. Manque de sommeil, troubles de l’endormissement, de l’attention, de l’appétit ou de l’humeur figurent parmi les effets néfastes dénoncés.
Pour limiter les dégâts, il est possible d’anticiper le changement de plusieurs jours, comme on atténuerait un décalage horaire après un vol long-courrier. La méthode suggérée consiste à se coucher un quart d’heure plus tard pendant les deux ou trois soirs précédant le passage à l’heure d’hiver, afin de décaler son horloge interne en douceur.
Le passage à l’heure d’hiver s’accompagne, chaque année, d’une recrudescence des accidents impliquant des piétons, d’après le site gouvernemental securite-routiere.gouv.fr. Dans les jours qui suivent le changement, le nombre de morts parmi les piétons augmente de 42 % entre 17 heures et 19 heures, selon la même source. La nuit tombant plus tôt, les automobilistes doivent recalibrer leur vigilance sur des trajets pourtant familiers.
L’argument énergétique, qui a justifié la création du dispositif, s’est largement émoussé. Selon l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, le changement d’heure permet d’économiser en moyenne 351 GWh d’électricité, soit à peine 0,07 % de la consommation totale du pays. Le gain est désormais jugé marginal.
Ces économies se réduisent depuis trente ans, notamment à cause de la généralisation de l’éclairage à basse consommation. D’autres pistes, comme l’adaptation des heures creuses à la production d’énergies renouvelables, sont considérées comme plus prometteuses que le changement d’heure lui-même.
L’idée d’en finir avec ce rituel biannuel n’est pourtant pas nouvelle. À la demande du Parlement européen, la Commission européenne avait lancé une consultation publique durant l’été 2018 : plus de 4,6 millions de réponses avaient été recueillies, dont 84 % favorables à la suppression. L’Union européenne avait voté la fin du dispositif en 2018, avec une entrée en vigueur initialement prévue en 2021, puis le Parlement européen avait confirmé cette suppression en 2019.
Le texte reste pourtant au point mort au Conseil de l’Union européenne. Les États membres ne parviennent pas à s’accorder sur le fuseau à conserver à l’année : certains pays veulent rester en heure d’hiver, d’autres en heure d’été. Les crises successives, pandémie de Covid-19 puis contexte géopolitique tendu, ont relégué le dossier au second plan des agendas européens. Résultat : la France continue d’appliquer les deux changements annuels.
À l’échelle mondiale, le constat est similaire. Plus de 140 pays ont expérimenté le changement d’heure à un moment de leur histoire, selon le cabinet Statista, mais moins de 40 % des États le pratiquent encore à l’heure actuelle. La France, l’Espagne, les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni y ont toujours recours, quand la Chine, l’Islande, l’Inde ou le Japon s’en passent.
La plupart des régions qui n’ont jamais appliqué le dispositif se situent près de l’équateur, où la durée d’ensoleillement varie peu d’un mois à l’autre.
Le prochain rendez-vous est fixé au printemps : les horloges avanceront d’une heure dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mars 2027, à 2 heures du matin, qui deviendront directement 3 heures. Ce dimanche-là, les smartphones et ordinateurs effectueront la bascule tout seuls ; les pendules à remontoir et réveils classiques, eux, attendront une main pour avancer d’une heure.






