En novembre 2026, le Prix Repère de Vente du Gaz (PRVG), publié par la Commission de régulation de l’énergie, connaîtra une augmentation de 6,6% en moyenne. Ce chiffre reflète un marché gazier français perturbé par la libéralisation complète du secteur depuis juin 2023, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’approche de la saison de chauffage.
Le PRVG, baromètre du marché gazier français
Depuis juin 2023, le PRVG est la seule référence tarifaire pour le gaz naturel en France. Il est publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie et se base sur les cours européens du gaz, principalement le TTF néerlandais et le PEG français. Les fournisseurs d’énergie s’en servent pour élaborer leurs offres commerciales indexées, qui concernent aujourd’hui plus de 6 millions de foyers sur les 10,31 millions de contrats actifs en France.
La fin des tarifs réglementés en juin 2023 a marqué un changement majeur, entraînant une plus grande volatilité des prix. Auparavant, Engie proposait un tarif encadré par l’État, offrant une certaine stabilité. Désormais, les prix suivent les fluctuations des marchés de gros. Selon Le Parisien, Sylvain Le Falher, de Hello Watt, indique : « Les ménages français paient la facture de cette guerre au Moyen-Orient. Depuis le début de l’année, le PRVG a augmenté de 42,4% en moyenne. »
Novembre 2026 : +6,6%, une progression qui s’accélère
Cette hausse de novembre s’inscrit dans une tendance inflationniste continue, après +5,6% en septembre et +6,3% en octobre. Plus spécifiquement, Orange Actualités rapporte que la hausse atteindra 8,3% pour les foyers se chauffant au gaz, contre 6,7% pour ceux utilisant le gaz uniquement pour la cuisson et l’eau chaude. Cette différenciation repose sur les profils de consommation, avec une consommation annuelle de 12 000 à 15 000 kWh pour le chauffage contre 1 500 à 3 000 kWh pour un usage limité.
Depuis janvier, l’augmentation cumulative atteint 42,4%, un record depuis la création du PRVG. Pour un logement de moins de 100 m² chauffé au gaz, Hello Watt estime l’augmentation annuelle à 740 euros, et à 180 euros pour un usage de cuisson et d’eau chaude seuls. MCE TV décrit la situation comme un « record historique ».
Les facteurs d’indexation : géopolitique, saisonnalité, marchés de gros
Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran est la principale cause de la hausse depuis janvier 2026. Bien que le gaz et le pétrole soient distincts, leurs marchés sont corrélés. Les tensions au Moyen-Orient, zone stratégique pour l’énergie mondiale, engendrent une prime de risque. Les sanctions et menaces maritimes incitent les traders à acheter à terme, augmentant les cours spot. Le TTF néerlandais a ainsi bondi de 38% entre janvier et septembre 2026, répercutant les inquiétudes géopolitiques sur le PRVG français.
L’approche de l’hiver accroît la demande de gaz en Europe. Entre novembre et mars, la consommation française double par rapport à l’été, atteignant 2 500 GWh par jour. Les opérateurs anticipent cette hausse, créant une tension sur les marchés à terme. Malgré des stocks européens remplis à 95% fin septembre 2026, la capacité de déstockage reste limitée, accentuant la volatilité chaque automne, indépendamment des tensions géopolitiques. Yahoo News rappelle que novembre marque traditionnellement le début du pic hivernal de consommation.
Quelles perspectives pour le quatrième trimestre 2026 ?
Les prévisions pour décembre 2026 et janvier 2027 restent incertaines. Trois scénarios sont envisagés. Une désescalade au Moyen-Orient pourrait stabiliser les prix, voire les faire baisser de 10 à 15%. Un hiver rigoureux en Europe pourrait augmenter la demande au-delà des capacités de déstockage, entraînant une hausse de 15 à 20%. Le scénario le plus probable selon les analystes est une stagnation autour des niveaux actuels, avec des variations mensuelles de ±3%. La Commission de régulation de l’énergie publiera le PRVG de décembre fin novembre, fournissant un premier indicateur. Les ménages sous contrats indexés doivent s’attendre à une facture annuelle supérieure de 40 à 50% par rapport à 2025, sans retour rapide aux niveaux pré-crise. Pour limiter l’impact, des solutions d’optimisation du chauffage existent, et les alternatives aux systèmes traditionnels deviennent économiquement attractives.






