Le coût du gazole pèse lourdement sur le budget des Français. Après avoir dépassé 2,40 euros le litre à la mi-septembre, il se stabilise autour de 2,32 euros début octobre, restant inaccessible pour beaucoup. Pour contrer cette hausse, le gouvernement puise dans les réserves stratégiques nationales. Sébastien Lecornu a annoncé que les prix du gazole diminueraient « dès le 1er novembre » grâce au déstockage de 10 millions de barils.
Ce déstockage injecte sur le marché du carburant acquis avant la crise, à un coût de 0,28 euro par litre, bien en dessous du prix actuel de 1,10 euro. Cette différence devrait permettre une baisse notable à la pompe, estimée entre 12 et 18 centimes par litre, soit environ 10 euros d’économie par plein de 50 litres.
Engagements des distributeurs et calendrier précis
Le Premier ministre a établi un calendrier pour cette opération : le 28 octobre débutera la vente aux distributeurs, et le 1er novembre, les prix baisseront à la pompe. Un décret doit encadrer juridiquement ce dispositif. Les principaux distributeurs ont été réunis pour garantir la répercussion de cette baisse. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a promis une réduction de 8 à 12 centimes par litre pour les particuliers. Dans les 3 300 stations du groupe, où le prix est plafonné à 2,25 euros, il pourrait descendre à 2,15 euros.
Soutien aux stations rurales et répartition équitable
Le déstockage s’étendra jusqu’à fin janvier 2027, réparti selon les parts de marché de 2025 pour éviter des avantages disproportionnés. Pour les stations rurales, souvent éloignées et confrontées à des délais de livraison, le gouvernement propose des avances de trésorerie et un fonds pour anticiper les achats remisés. Cela est crucial pour les zones où l’automobile est indispensable. « Il faut des tarifs remisés dans toutes les stations, y compris les plus petites », a souligné Francis Pousse de Mobilians.
Impact sur le gazole non routier et le fioul domestique
L’opération touche également le gazole non routier utilisé par les agriculteurs et les professionnels du BTP, avec une réduction de 20 centimes par litre. Pour le fioul domestique, Patrick Pouyanné prévoit une baisse d’environ 200 euros par mètre cube, bénéfique pour les ménages se chauffant au fioul. Le secteur du transport routier, également concerné, espère un soulagement face à l’augmentation continue des coûts de l’énergie depuis le début du conflit au Moyen-Orient en février 2026.
Suivi des prix et perspectives globales
Pour répondre aux critiques sur l’opacité des prix, le gouvernement publiera chaque semaine les volumes libérés, l’économie réalisée et les prix moyens à la pompe. Les prix et marges des distributeurs seront contrôlés pour garantir que la baisse profite aux consommateurs. Patrick Pouyanné anticipe une détente des prix du gazole grâce à l’accord américano-russe qui pourrait augmenter l’offre mondiale. Cependant, l’Union européenne craint que cet accord ne finance la guerre en Ukraine. Volodymyr Zelensky minimise l’impact de cette décision sur les prix mondiaux.
Le déstockage, bien que temporaire, offre un répit immédiat. Les 10 millions de barils suffisent pour trois mois de consommation. Sébastien Lecornu a reconnu les limites budgétaires qui empêchent des aides prolongées. L’opération vise à reconstruire la confiance des consommateurs alors que les prix de l’énergie restent une source majeure d’inflation. Les résultats des prochaines semaines détermineront l’efficacité de ce dispositif pour contenir la hausse des prix des carburants.






