La Chine, longtemps pointée du doigt pour sa large contribution à la pollution mondiale, prend aujourd’hui un tournant stratégique vers l’électrification de son économie pour viser l’indépendance énergétique. En seulement 15 ans, le plus grand émetteur de gaz à effet de serre se présente comme un exemple en matière de transition énergétique. Cette quête d’autonomie se traduit par une montée en puissance des investissements dans l’électrification, tout en maintenant l’utilisation d’énergies fossiles. La stratégie vise aussi à réduire la dépendance aux contraintes internationales. Le président Xi Jinping insiste : « la transition verte et bas-carbone est la tendance de notre époque ».
Un virage ambitieux
Selon Futura Sciences, depuis les années 2000, la Chine multiplie les efforts pour réduire son empreinte carbone. En 2022, 38 % de l’électricité du pays provenait de sources bas-carbone (énergies à faibles émissions). En 2024, plus de 50 % du développement mondial en éolien et solaire s’est concentré en Chine. Les projections indiquent que, de 2022 à 2030, le pays va doubler sa production d’électricité renouvelable, et que la production d’énergie solaire devrait tripler d’ici 2030. Des experts estiment d’ailleurs que « la Chine a vraisemblablement atteint son pic d’émissions de gaz à effet de serre vers la fin 2024, soit avec cinq ans d’avance ».
La Chine domine l’industrie
Plusieurs technologies montrent la domination chinoise sur des chaînes de valeur stratégiques : production massive de panneaux solaires, batteries, éoliennes. L’expert Neil Makaroff dit que la Chine « prend une longueur d’avance technologique sur le reste du monde », renforçant ainsi sa suprématie industrielle. Fait surprenant, les véhicules électriques en Chine sont souvent fabriqués par des entreprises d’électronique, ce qui change la donne et transforme la voiture électrique en véritable objet connecté.
Des défis qui restent et des enjeux géopolitiques
Malgré ces avancées, la Chine fait face à des problèmes importants : ses émissions de méthane et l’usage continu du charbon, qui représente encore 62 % de sa production électrique. Les critiques de la coopération internationale, notamment lors de la COP30 (conférence des Parties sur le climat), pointent l’absence de mention des énergies fossiles et de la déforestation, ce qui souligne des difficultés stratégiques. Des experts notent aussi que la transition énergétique repose de plus en plus sur les initiatives de la société civile, des entreprises et des collectivités, plutôt que sur les gouvernements ou les accords internationaux.






