Le Dieselgate, qui a éclaté en 2015, continue de faire parler de lui à travers le monde. Ce scandale touche principalement le constructeur automobile Volkswagen, accusé d’avoir truqué ses moteurs diesel pour faire croire qu’ils respectaient les normes d’émissions polluantes lors des tests, alors qu’en réalité, ils rejetaient beaucoup plus de dioxyde d’azote (NOx). Les véhicules en cause, commercialisés entre septembre 2009 et août 2019 selon les normes Euro 5 et 6, ont entraîné des conséquences sérieuses pour la santé publique et l’économie, notamment en raison de l’absence de mesures comme la taxe carbone.
Effets sur la santé
Une étude du Centre for Research on Energy and Clean Air (Crea) met en lumière l’ampleur des dommages causés par ces émissions truquées. D’après cette étude, la pollution excessive aurait conduit à la mort de 16 000 personnes en France entre 2009 et 2024. Les particules d’azote émises sont à l’origine de maladies respiratoires, cardiovasculaires, de diabètes et de cancers. Par ailleurs, environ 26 000 nouveaux cas d’asthme chez les enfants seraient à déplorer en France entre 2009 et 2040, alors qu’à l’échelle européenne, le chiffre pourrait grimper jusqu’à 152 000 nouveaux cas.
Si rien n’est fait, on pourrait déplorer jusqu’à 24 000 décès prématurés en France entre 2009 et 2040, ce qui souligne l’importance de mesures comme le malus écologique pour réduire les émissions polluantes. Le Crea estime même que le bilan global pourrait atteindre jusqu’à 300 000 décès prématurés d’ici 2040.
Facture économique
Le coût lié à cette pollution soulève également de vives inquiétudes. Entre 2009 et 2040, il serait d’environ 1 200 milliards d’euros pour l’Europe. Pour la seule France, les chiffres varient entre 85 et 257 milliards d’euros, avec une estimation moyenne à 146 milliards d’euros. Ce montant comprend un coût de 101 milliards d’euros pour la période de 2009 à 2024, suivi de 45 milliards d’euros pour la période 2025-2040. En plus, on estime que ces surémissions ont provoqué environ 2,4 millions de jours de congé maladie durant cette période.
Suite judiciaires
Sur le plan judiciaire, plusieurs anciens dirigeants de Volkswagen ont été condamnés pour fraude en Allemagne. Quatre d’entre eux ont écopé de peines pouvant aller jusqu’à quatre ans et demi de prison. L’ancien patron d’Audi, Rupert Stadler, a quant à lui été condamné à vingt-et-un mois de prison avec sursis en 2023. Par ailleurs, d’autres procès sont encore en cours concernant certains dirigeants allemands impliqués à l’époque du scandale.
Appels à agir
Face à ces constats inquiétants, l’étude du Crea appelle à une réaction immédiate des gouvernements et des constructeurs automobiles, notamment par la mise en place de zones à faibles émissions. Il est urgent d’ouvrir une enquête approfondie et de rappeler les véhicules suspectés d’utiliser des dispositifs d’invalidation interdits. Anne Lassman-Trappier affirme : « Il faut que l’État impose aux constructeurs automobiles la remise aux normes de ces véhicules » et rappelle que « c’est ce qui a été fait aux États-Unis dès que le scandale a éclaté, pour sauver des milliers de vies ».






