Les tensions géopolitiques autour des routes de transport du pétrole ont pris une tournure inquiétante et perturbent l’approvisionnement mondial en brut. L’Arabie saoudite a dû rediriger ses cargaisons vers le port de Yanbu en mer Rouge à cause des blocages dans le détroit d’Ormuz, confirme CNN. La situation s’est compliquée un week-end récent, quand un nouvel acteur, les militants houthi soutenus par l’Iran, a renforcé la menace dans la région de la mer Rouge, intensifiant les frictions.
Ce que ça change pour les routes et la stratégie
La réorientation des flux saoudiens a poussé à chercher des itinéraires alternatifs. Avec l’obstruction du détroit d’Ormuz, considéré comme un point de passage majeur pour le transit, la mer Rouge via Yanbu devient une voie de substitution importante.
Le passage dangereux par le détroit de Bab el-Mandeb, surnommé la « Porte des Larmes », est désormais en première ligne. L’Arabie saoudite envisage aussi l’usage du canal de Suez et de la mer Méditerranée. Ce contournement rallonge le trajet des pétroliers en longeant la côte occidentale de l’Afrique puis l’océan Indien, ce qui met sous pression le marché asiatique (principal destinataire).
Qui est impliqué et comment ils interagissent
L’Arabie saoudite s’appuie sur ses alliés pour tenter de contenir ces perturbations. Les militants houthi, d’origine yéménite et soutenus par l’Iran, ont intensifié leurs attaques en mer, menaçant des zones stratégiques.
Richard Bronze, expert géopolitique chez Energy Aspects, a souligné que toute menace sur les expéditions via la mer Rouge pourrait accentuer la pression sur les prix du pétrole. Les firmes spécialisées Vortexa et Kpler ont fourni des données utiles pour évaluer les volumes liés à ces transports alternatifs.
Retour sur les événements récents
À la fin de 2023, les attaques houthies contre des navires commerciaux à Bab el-Mandeb, en lien avec la guerre en Israël, sont devenues particulièrement visibles. Puis, début de ce mois, l’Arabie saoudite a commencé à détourner des millions de barils vers Yanbu.
Le même week-end, les tensions ont encore monté avec le lancement de deux missiles vers Israël. L’analyste Artem Abramov de Rystad Energy avertit qu’une fermeture totale de Bab el-Mandeb pourrait faire voler en éclats la stabilité du système mondial de transport pétrolier.
Les conséquences économiques et logistiques
Ce détournement de trafic entraîne une forte hausse des coûts opérationnels : carburant, assurance et salaires des marins augmentent notablement.
Le volume de brut transitant par Bab el-Mandeb a augmenté de 21 % au cours des premiers 28 jours de mars, montrant une dépendance plus marquée malgré les risques. Si cette route devient impraticable, les options sont limitées :
- prioriser des expéditions vers l’Europe
- rallonger les trajets via le canal de Suez, ce qui ralentirait les flux et pourrait provoquer des pénuries en Asie.






