Le patron des centres Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, fait son mea culpa auprès des automobilistes. Il avait annoncé une baisse rapide de 30 centimes des prix à la pompe. Une semaine plus tard, les prix ne cessent de grimper. Une boulette.
Le prix du carburant ne cesse de grimper
Le 11 mars 2026, en pleine flambée des carburants, Michel-Édouard Leclerc annonçait une baisse imminente et significative des prix à la pompe. Le dirigeant de la grande distribution promettait alors une diminution comprise entre 27 et 30 centimes par litre pour les consommateurs, affirmant que cette évolution interviendrait rapidement. Cette annonce, faite sur RTL, s’inscrivait dans un contexte de tension extrême sur les marchés pétroliers. Le gazole dépassait alors les 2 euros par litre dans de nombreuses stations, avec des pointes atteignant jusqu’à 2,60 euros. Dans ce climat, toute perspective de baisse était particulièrement attendue par les ménages.
Dans le détail, la réduction devait se faire en deux temps : d’abord une baisse de 23 centimes, suivie d’un ajustement supplémentaire de 7 centimes, au fur et à mesure du renouvellement des stocks. Une mécanique progressive, censée refléter la réalité logistique des approvisionnements.
Pour justifier cette promesse, Michel-Édouard Leclerc assurait avoir obtenu des avancées concrètes après des discussions avec les acteurs de la filière. « On a réussi à négocier d’être parmi les premiers dans le mouvement de baisse. » Il évoquait également une pression exercée sur les raffineurs afin d’accélérer la baisse.
Michel-Édouard Leclerc admet une erreur sur la baisse des prix à la pompe
Mais quelques jours plus tard, le discours a changé. Le 19 mars 2026, Michel-Édouard Leclerc a reconnu publiquement s’être trompé sur l’ampleur et la rapidité de la baisse annoncée. « Je plaide coupable », a-t-il déclaré. Dans les faits, la baisse promise n’a pas été au rendez-vous dans les proportions initialement évoquées. Le dirigeant a admis avoir anticipé à tort une évolution favorable du marché. Cette erreur d’analyse concerne à la fois le calendrier et le niveau réel de la baisse.
De plus, il reconnaît un « mauvais diagnostic » sur l’évolution des prix des carburants. Autrement dit, les facteurs de marché ont évolué différemment de ce qui était anticipé, rendant impossible l’application de la promesse initiale. Ce revirement intervient dans un contexte où les prix du pétrole restent fortement dépendants des tensions internationales, notamment au Moyen-Orient, avec la fermeture du détroit d’Ormuz. La volatilité du marché rend particulièrement difficile toute prévision à court terme, même pour les acteurs majeurs de la distribution.
L’épisode met en lumière les limites d’une communication fondée sur des anticipations de marché incertaines. En annonçant une baisse rapide et massive, Michel-Édouard Leclerc avait suscité de fortes attentes chez les consommateurs, dans un moment de pression budgétaire accrue. Or, le marché des carburants dépend de multiples variables. Le coût du brut, les marges de raffinage, les délais logistiques ou encore les politiques fiscales jouent un rôle déterminant. Même avec des négociations en cours, ces paramètres peuvent rapidement évoluer.






