Depuis le début de la guerre en Ukraine, Greenpeace dénonce régulièrement le transport d’uranium enrichi en provenance de Russie. Un blocage a eu lieu ce lundi 2 mars 2026 au matin dans le port de Dunkerque.
Greenpeace bloque un cargo rempli d’uranium enrichi
Le lundi 2 mars 2026 au petit matin, le cargo Mikhail Dudin a été bloqué dans une écluse du port de Dunkerque par une vingtaine de militants de Greenpeace. Certains se sont enchaînés aux portes d’accès de l’écluse, tandis que d’autres sont montés à bord de kayaks pour empêcher le déchargement de la cargaison que l’ONG soupçonne de contenir de l’uranium russe destiné au secteur nucléaire français.
Les forces de l’ordre ont rapidement pris position. Quatre activistes ont été arrêtés et placés en garde à vue. Le blocage a été levé aux alentours de 09h00, permettant au cargo de reprendre sa route. Pauline Boyer, responsable de la campagne nucléaire chez Greenpeace, a dénoncé cette opération : « ce commerce qui alimente indirectement la guerre de Poutine doit cesser ».
Greenpeace explique que le cargo pourrait transporter de l’uranium en provenance directe de Russie, un pays dont la guerre en Ukraine inquiète les ONG et les observateurs internationaux.
Selon les données de navigation ouvertes, le Mikhail Dudin a effectué plus de vingt allers-retours entre Dunkerque et plusieurs ports russes, dont Vistino, Oust-Louga et Saint-Pétersbourg, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022. La France a importé en 2025 au moins 112 tonnes d’uranium enrichi et de ses composés depuis la Russie, soit environ un quart de ses achats en volume pour ce type de matières. Ce commerce soulève des interrogations sur la sécurité et l’éthique de l’approvisionnement nucléaire français.
Pour Greenpeace, l’action de lundi visait à sensibiliser le public et les autorités françaises sur la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et sur les risques liés à l’importation d’uranium, tout en faisant pression sur les institutions pour reconsidérer ces importations.
Levée du blocage et arrestations
Après quelques heures d’interruption, la police a pu sécuriser le site et lever le blocage. Les quatre militants arrêtés ont été emmenés en garde à vue. La mobilisation, bien que temporaire, a suscité de vives réactions dans la communauté locale et parmi les acteurs du secteur énergétique. « Nous avons voulu montrer l’urgence de revoir les flux commerciaux en matière d’énergie nucléaire, surtout quand ils sont liés à des zones de conflit », a ajouté Pauline Boyer.
L’opération a été relayée par les médias nationaux et internationaux, soulignant la capacité de Greenpeace à attirer l’attention sur des enjeux souvent techniques mais stratégiques. Cette action relance le débat sur la sécurité et la provenance de l’uranium utilisé dans les centrales françaises. Avec des importations russes représentant un quart des besoins en uranium enrichi, les ONG comme Greenpeace pointent le risque de dépendance et de financement indirect d’un État en guerre.
Le gouvernement français et les acteurs du nucléaire civil restent pour l’heure silencieux sur la question spécifique du cargo Mikhail Dudin. Cependant, ces incidents rappellent que la transparence et la traçabilité des matières nucléaires restent un sujet sensible, scruté par l’opinion publique et les organisations non gouvernementales






