Uranium : le plan d’EDF pour sortir de la dépendance russe est un échec

EDF est toujours dépendante de la Russie sur le dossier de l’uranium. Le plan d’indépendance n’a pas marché, c’est même un fiasco.

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Uranium : le plan d’EDF pour sortir de la dépendance russe est un échec | L'EnerGeek

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Occident cherche à couper ses liens directs avec Moscou. Une position destinée à ne pas financer l’agression russe. Sur certains domaines, comme l’uranium, Moscou reste incontournable pour EDF.


EDF échoue à se passer de l’uranium russe


EDF se retrouve dans une position délicate : son plan pour sortir de ses liens russes dans le domaine de l’uranium, annoncé en grande pompe il y a trois ans, n’a pas abouti. Selon La Tribune, l’entreprise reste contrainte de collaborer avec Rosatom, le géant nucléaire russe, pour assurer l’approvisionnement de ses centrales. Ce constat d’échec fragilise la crédibilité énergétique d’un pays qui se voulait pionnier en matière d’indépendance nucléaire.


Malgré les déclarations répétées du gouvernement sur la « souveraineté énergétique », EDF continue d’envoyer une partie de son uranium de retraitement en Russie. Ainsi, la France a discrètement maintenu des échanges avec Rosatom via sa filiale Tenex, unique entreprise capable de reconvertir l’uranium recyclé. Orano, partenaire historique d’EDF, ne dispose pas encore des capacités industrielles nécessaires pour prendre le relais.


En 2022, EDF avait pourtant annoncé vouloir rapatrier l’ensemble du processus de conversion et d’enrichissement sur le sol européen. L’objectif était de rompre tout lien avec la Russie d’ici 2025. Mais trois ans plus tard, le plan de recyclage a du plomb dans l’aile. Selon le média, les infrastructures prévues à Tricastin et Melox n’ont pas atteint les seuils de performance attendus. EDF a donc dû prolonger ses contrats avec Tenex « au moins jusqu’en 2028 ».


Des promesses politiques contredites par la réalité du terrain


L’annonce du maintien des livraisons a provoqué un tollé à l’Assemblée nationale. Les écologistes ont dénoncé un « reniement » de la politique française d’indépendance, tandis que plusieurs députés de la majorité ont parlé d’une « nécessité technique ». Selon Greenpeace France, « EDF ne peut pas prétendre sortir de la dépendance russe tout en continuant à expédier des tonnes d’uranium en Sibérie ». L’ONG estime à plus de 1 000 tonnes la quantité expédiée depuis 2022.


De son côté, le ministère de la Transition énergétique temporise. Selon un porte-parole, « le calendrier initial était trop ambitieux » et « les capacités européennes ne permettent pas encore une conversion complète du combustible retraité ». En clair, sans solution alternative crédible, EDF reste prisonnière d’un écosystème technique dominé par la Russie.


L’impasse du recyclage et le retour des importations russes


L’autre versant de l’échec réside dans le recyclage. Le projet consistait à retraiter l’uranium issu des combustibles usés pour le réutiliser dans les réacteurs français. Mais les volumes traités sont restés très en deçà des attentes. Selon La Tribune, à peine 15 % des stocks d’uranium appauvri ont pu être convertis en 2025, contre un objectif initial de 60 %. En parallèle, EDF a repris discrètement l’importation d’uranium naturel russe pour compenser le manque.


Cette dépendance persistante s’explique aussi par les coûts. Le retraitement en France coûte près de 40 % plus cher que la conversion opérée en Russie. Malgré les risques géopolitiques, EDF juge qu’une rupture totale serait « économiquement intenable ». Une position qui fait grincer des dents à Bruxelles, alors que l’Union européenne cherche à réduire ses liens avec les fournisseurs russes de matières stratégiques.

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