L’annonce du gouvernement sur l’obligation d’installer des thermostats connectés sur chaque radiateur des logements a déclenché un vif débat. Ce décret, adopté en juin 2023, vise à mieux surveiller la réduction de la consommation d’énergie, surtout en hiver, dans un pays où les dépenses énergétiques pèsent lourdement sur les foyers français. Les réactions ont été rapides et tranchées, divisant experts et responsables politiques.
Une obligation qui divise
D’après le décret, tous les radiateurs devront être équipés de thermostats connectés d’ici un an, ce qui fait peser une charge financière sur les propriétaires, similaire à l’obligation des thermostats programmables. Beaucoup voient là une démarche proactive pour gérer la consommation énergétique, mais les critiques ne manquent pas. François Lenglet, spécialiste d’économie sur RTL, a qualifié cette obligation d’« idée complètement saugrenue ». Pour lui, ce n’est pas en surveillant la chaleur des pièces qu’on fera des économies, mais en regardant le montant sur sa facture.
Bruno Retailleau, président des Républicains, a aussi dit son désaccord sur X (anciennement Twitter), sur un ton ironique, parlant de bureaucrates à l’imagination sans limite. Il craint un zèle réglementaire pouvant mener à des contrôles absurdes sur l’épaisseur des pulls ou l’efficacité énergétique des couettes.
Combien ça coûte, quelles aides et qui est exempté
Le coût de cette obligation, à la charge des propriétaires, pouvait initialement bénéficier d’une aide, mais celle-ci a été rapidement supprimée à cause de fraudes. Le dispositif « coup de pouce » devait être financé par les fournisseurs d’énergie avant d’être arrêté en novembre 2024 sous le gouvernement de Michel Barnier.
- Deux exceptions sont prévues : les logements chauffés au poêle à bois et ceux où l’installation ne serait pas amortie sur 10 ans (période d’amortissement).
- Pour cette dernière dérogation, il faut présenter une étude circonstanciée pour pouvoir en bénéficier.
Problèmes techniques et critiques sur le terrain
Au-delà des questions financières et administratives, la mesure se heurte à des objections techniques. Beaucoup de radiateurs actuels ont des vannes graduées (1 à 5) qui ne permettent pas de connaître la température exacte. Passer aux thermostats électroniques implique donc non seulement un coût, mais aussi des mises à niveau techniques dont l’efficacité reste à démontrer. Pour François Lenglet, l’État devrait se concentrer sur des mesures plus marquantes, comme le renouvellement des centrales nucléaires ou l’accélération des énergies renouvelables.
Sur les délais, Le Figaro rapporte que le président du Sénat, Gérard Larcher, aurait demandé un report à l’année 2030, une mesure appuyée par plusieurs figures politiques comme Marine Le Pen. Cette dernière, via un réseau social non précisé, critique « les folies normatives et idéologiques » qui pèsent sur des Français déjà confrontés à des coûts énergétiques en hausse constante.






