Le Japon découvre des terres rares au fond de l’océan

Le Japon pourrait avoir touché le jackpot. Un équipage vient de rapporter des terres rares issues des fonds marins, du jamais-vu.

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Le Japon découvre des terres rares au fond de l’océan © L'EnerGeek

Le Japon se frotte les mains. Tokyo affirme qu’il vient d’extraire des terres rares dans les fonds marins, une prouesse technique. Un moyen, peut-être, de sortir de la dépendance vis-à-vis de la Chine.


Le Japon découvre des terres rares à plus de 6 000 mètres de profondeur


Le gouvernement japonais annonce la récupération de sédiments riches en terres rares lors d’une mission d’essai dans les profondeurs de l’océan Pacifique. Cette annonce intervient alors que Tokyo cherche à réduire sa dépendance actuelle aux importations, notamment en provenance de Chine, qui domine l’offre mondiale de ces métaux stratégiques indispensables aux secteurs de l’énergie, des technologies et de la défense.


Le cœur de cette annonce repose sur une opération menée par le navire scientifique Chikyu, exploité par la Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC). Selon les autorités japonaises, ce navire a récupéré du sédiment contenant des terres rares à environ 6 000 m sous la surface, près de l’île isolée de Minamitorishima, dans la zone économique exclusive nippone. Le gouvernement a qualifié cette récupération de « première mondiale » pour un tel type d’extraction continue à une telle profondeur, même si le contenu exact en terres rares des échantillons demeure à confirmer après analyses.


Aux côtés des métaux déjà identifiés dans la boue récupérée figurent notamment des éléments indispensables comme le dysprosium, le néodyme, le gadolinium et le terbium, tous essentiels dans les composants d’équipements électriques, électroniques et de défense. Selon le gouvernement, le Chikyu a opéré sur trois sites différents entre le 30 janvier et le 1ᵉʳ février 2026, complétant ainsi une mission destinée à tester la faisabilité technique de ce type de projet.


Contexte géopolitique et économie des terres rares


Cette annonce s’inscrit dans un contexte marqué par une dépendance historique du Japon vis-à-vis de la Chine pour l’approvisionnement en terres rares, qui composent un groupe d’environ dix-sept métaux utilisés notamment dans les aimants haute performance, les éoliennes, les véhicules électriques et les technologies de pointe.


À plus long terme, les autorités japonaises envisagent une démonstration d’exploitation à grande échelle d’ici février 2027, avec l’objectif potentiel de passer à une production industrielle par la suite, si les données d’analyses confirment la qualité et la quantité des ressources extraites. Des estimations de médias japonais et d’agences d’information suggèrent que ces sédiments sous-marins pourraient contenir plus de 16 millions de tonnes de terres rares, ce qui en ferait l’un des plus grands gisements connus au monde. Selon ces estimations, ces dépôts pourraient couvrir des besoins mondiaux très longtemps : par exemple, l’équivalent de 730 ans de la consommation mondiale de dysprosium et 780 ans de celle d’yttrium aux niveaux actuels.


L’exploitation des fonds marins en eaux profondes reste controversée, notamment en raison des risques pour les écosystèmes abyssaux encore mal connus, de la perturbation des habitats marins et des coûts énormes associés aux opérations à de telles profondeurs.

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