À l’heure où la transition énergétique devient urgente, le dernier rapport de RTE (Réseau de Transport d’Électricité), intitulé Bilan prévisionnel 2025, met en avant une piste majeure pour l’économie française. L’étude insiste sur l’intérêt d’une électrification accélérée pour baisser la dépendance aux hydrocarbures importés, avec une réduction possible de 64 milliards d’euros. Cet effort pourrait non seulement améliorer la balance commerciale de la France, mais aussi renforcer sa souveraineté énergétique.
Pourquoi accélérer l’électrification ?
Les dirigeants de RTE, notamment Xavier Piechaczyk, président du directoire, et Thomas Veyrenc, directeur général de l’économie, stratégie, et finances, insistent sur la nécessité d’électrifier davantage. La France dispose déjà d’une électricité « décarbonée à 95 % », mais il faut maintenant miser sur une plus grande transition électrique pour répondre aux défis climatiques. Le rapport, relayé par Actu Orange, alerte sur la nécessité de réduire la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique actuelle, qui est de 60 %, pour atteindre 30 à 35 % d’ici 2035.
Bercy, le ministère des Finances, juge que cette planification est indispensable pour que l’électrification devienne un signal positif pour l’économie nationale. De son côté, le gouvernement, porté par Sébastien Lecornu, soutient activement cette stratégie de transition qui vise à transformer le paysage énergétique français.
Chiffres et stratégies à connaître
L’analyse de RTE sert de base à une réévaluation stratégique. Les 64 milliards d’euros correspondent aux importations d’hydrocarbures estimées pour 2024, un montant préoccupant comparé aux 120 milliards d’euros atteints lors de la récente crise énergétique provoquée, notamment, par la guerre en Ukraine. La stratégie du gouvernement repose sur des objectifs clairs : augmenter l’usage des énergies renouvelables et soutenir des projets prêts à être raccordés. RTE en mentionne environ 30 GW, ciblant des secteurs majeurs comme l’hydrogène et les centres de données.
L’idée de « réindustrialisation verte » évoquée par RTE inclut ces projets énergivores pour absorber la surproduction électrique et favoriser une croissance économique durable. Toutefois, Thomas Veyrenc précise que cette surcapacité, attendue jusqu’en 2027-2028, doit être bien gérée pour éviter tout déséquilibre.
Où ça coince côté politique
Le débat sur l’accélération de l’électrification n’est pas sans tensions. Des divisions politiques apparaissent, notamment au sein du Rassemblement National, qui refuse une répartition équilibrée entre nucléaire et renouvelables. RTE réaffirme que l’électrification rapide peut améliorer la balance commerciale française, tout en défendant la complémentarité entre ces deux sources d’énergie. Ce sujet devrait d’ailleurs figurer parmi les points chauds lors du prochain passage au Parlement, où toutes les parties voudront être consultées après les discussions budgétaires sur la réforme du marché électrique.





