Depuis le 1er janvier 2026, du changement dans le prix de l’électricité. À cette date, le versement universel nucléaire est entré en vigueur. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Le versement universel nucléaire est en vigueur depuis le 1er janvier 2026
Entré en vigueur dès le 1ᵉʳ janvier 2026, le versement nucléaire universel succède à l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), un dispositif ancien qui définissait un prix administré pour une partie de l’électricité nucléaire produite en France. Cette réforme intervient dans un contexte où la France cherche à concilier compétitivité du parc nucléaire, maîtrise du prix de l’électricité et protection des consommateurs face à la volatilité des marchés.
Depuis 2011, l’ARENH obligeait EDF à vendre jusqu’à 100 térawattheures par an de sa production nucléaire à un prix fixe de 42 €/MWh, permettant aux fournisseurs alternatifs de proposer des offres compétitives tout en limitant le coût de l’électricité pour les consommateurs. Cependant, ce dispositif a été jugé insuffisamment adapté aux réalités économiques actuelles, avec un prix administré souvent très en dessous des prix de gros.
Avec l’arrivée du versement nucléaire universel, ce système est abandonné. Désormais, EDF vend sa production nucléaire au prix du marché, sans tarification administrée fixe. Cette liberté accrue doit permettre à l’énergéticien historique de mieux valoriser sa production et d’améliorer sa capacité d’investissement. Pour encadrer cette transition, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a mis en place une méthodologie de comptabilisation des revenus nucléaires d’EDF. Ces revenus serviront de base au calcul des prélèvements et des éventuelles redistributions liés au versement nucléaire universel.
Principe et fonctionnement du versement nucléaire universel
Le versement nucléaire universel repose sur l’idée de mutualiser une partie des revenus d’EDF au bénéfice de l’ensemble des consommateurs, dès lors que les recettes tirées de la vente d’électricité nucléaire dépassent certains seuils.
Concrètement, trois zones de revenus ont été envisagées :
- en dessous d’environ 78 €/MWh, EDF conserve l’intégralité de ses revenus
- entre 78 €/MWh et 110 €/MWh, une partie des revenus excédentaires — autour de 50 % — est prélevée
- au-delà d’environ 110 €/MWh, le taux de prélèvement peut atteindre 90 % des revenus excédentaires.
Ce mécanisme s’applique à l’ensemble des consommateurs, particuliers comme entreprises. Si les recettes d’EDF dépassent les seuils définis, la somme collectée est redistribuée sous forme de réduction directe sur les factures d’électricité, ce qui vise à atténuer l’impact des hausses de prix sur les marchés de gros.
Selon les projections de la CRE, les revenus moyens de production nucléaire pour 2026 pourraient se situer autour de 65,86 €/MWh, soit en deçà du premier palier de prélèvement, ce qui signifie qu’aucune redistribution ne pourrait être activée cette année-là si ces niveaux se confirment.






