Électricité : la France a trop de stocks selon RTE

Après les craintes de black-out en 2022, la France dispose désormais de stocks d’électricité abondant selon le gestionnaire RTE.

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Électricité : la France a trop de stocks selon RTE © L'EnerGeek

Il y a quelques années, la France ne savait pas si elle aurait assez d’électricité pour passer l’hiver. Désormais, c’est l’inverse. RTE pointe même un possible risque de surproduction.


La France dispose de beaucoup d’électricité


Le RTE vient de publier son dernier bilan prévisionnel, révélant une réalité inversée : la France ne craint plus la pénurie, mais à l’inverse fait face à une abondance historique d’électricité. Entre production nucléaire redressée, essor des renouvelables et pointes de surcapacité, le défi n’est plus d’avoir assez d’énergie, mais de savoir l’utiliser à bon escient. Dans ce contexte, la notion de « surproduction » refait surface, un tournant majeur pour le système électrique français.


La production d’électricité française atteint des niveaux rarement vus depuis des années : en 2024, la production totale s’est élevée à 536,5 TWh, un niveau équivalent à 2019, et le plus élevé depuis 5 ans. Ce rebond s’appuie sur plusieurs piliers. D’une part, la production nucléaire reprend fortement : 361,7 TWh en 2024, bien au-dessus des 279,0 TWh de 2022. De l’autre, les renouvelables (hydraulique, solaire, éolien) atteignent 148 TWh, soit 27,6 % de la production totale. Petit bonus, la production fossile (gaz, charbon, fioul) chute à 19,9 TWh, son niveau le plus bas depuis les années 1950. Au total, la production bas-carbone (nucléaire + renouvelables) atteint 95 % de l’électricité produite en 2024. Ce record de production permet à la France d’être exportatrice nette d’électricité, avec un solde exportateur historique de 89,0 TWh en 2024, bien au-delà du précédent record de 2002. Sans oublier que l’année 2025 est aussi excellente, le record pourrait même encore tomber.


Surcapacité persistante : un excès d’offre face à une demande stable


Malgré ce haut niveau de production, la consommation d’électricité en France n’a pas connu de flambée, laissant une large marge entre offre et demande. Selon RTE, la consommation a « stagné » au premier semestre 2025, restant inférieure à son niveau d’avant-Covid. Face à cette surcapacité, le scénario recommandé par RTE est clair : engager massivement l’électrification des usages (industrie, transports, bâtiments, data centers) pour absorber cette production abondante.


Le « Bilan prévisionnel 2025-2035 » détaille deux trajectoires. Une trajectoire de décarbonation rapide : la consommation nationale pourrait atteindre 510 TWh en 2030, puis jusqu’à 580 TWh en 2035. Une trajectoire plus lente mais déjà en hausse : la consommation atteindrait 470 TWh en 2030 puis 505 TWh en 2035.


RTE reconnaît cependant qu’un levier moins risqué, mais moins efficace, consisterait à ralentir le développement des renouvelables, notamment le solaire et l’éolien terrestre, afin d’éviter de creuser le déséquilibre entre production et consommation. Aujourd’hui, l’atout numéro 1 de la France dans le domaine énergétique reste un prix du mégawattheure inférieur de 30 % par rapport à l’Allemagne. Si la production n’est pas absorbée, le prix pourrait bondir de 7 % pour assurer la rentabilité du secteur.

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