Pourquoi ce projet de baisse de l’électricité ?
Le 25 novembre, l’exécutif s’est engagé à envisager une réduction du prix de l’électricité, tant pour les particuliers que pour les entreprises. Le gouvernement entend intégrer cette piste dans un « grand plan écologique de décarbonation de l’électricité et de l’énergie ».
Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, un député a alerté : « 36 % des ménages français déclarent avoir souffert du froid l’hiver dernier parce qu’ils ont dû réduire le chauffage » selon ses propos rapportés. Ce chiffre, qualifié de « triste record », illustre la précarité énergétique toujours vive dans certains foyers.
En réponse, le Premier ministre a insisté sur l’enjeu du « pouvoir d’achat massif » pour de nombreux Français, justifiant la recherche de pistes pour alléger la facture d’électricité.
Quel est le coût de l’électricité en France ?
Actuellement, le cadre tarifaire de l’électricité en France connaît des changements structurels. À partir de 2026, le tarif réglementé de vente de l’électricité — souvent appelé « tarif bleu » — sera modifié. Ce tarif, qui garantissait une certaine stabilité aux ménages pendant quinze ans, repose aujourd’hui sur un mécanisme d’achat à prix fixe auprès du nucléaire. Ce système prendra fin début 2026, ce qui signifie que le prix de l’électricité sera désormais indexé sur le marché.
Selon un expert cité, cette transition signifie que l’électricité sera vendue — pour le parc nucléaire — à un prix de marché d’environ 70 €/MWh. Les avantages d’un tarif artificiellement bas disparaissent.
Toutefois, les signes récents d’un recul des prix de gros de l’électricité — dans un contexte de post‑crise énergétique — laissent entrevoir une possible modération.
Quelles baisses possibles et à quels coûts pour l’État ?
D’après les informations gouvernementales, plusieurs scénarios sont à l’étude. Parmi eux : revoir les taxes et accises sur l’électricité. Réduire ces taxes — notamment l’accise — pourrait directement alléger la facture des ménages.
Mais cela pose la question du financement : alors que l’État fait face à un budget 2026 très contraint, ce manque à gagner devra être compensé. Dans ce cadre budgétaire tendu, le retour sur investissement d’un allègement fiscal ou d’un soutien accru à la production (nucléaire ou renouvelable) sera minutieusement évalué.
Le gouvernement évoque aussi un soutien à long terme via la future programmation pluriannuelle de l’énergie, qui pourrait comprendre des investissements dans le nucléaire et les renouvelables afin de garantir une production suffisamment stable et compétitive.
Quelles limites et incertitudes subsistent ?
Pour l’heure, aucune décision concrète n’est adoptée. Le gouvernement indique qu’il s’agit d’un exercice exploratoire : « il n’y a aucune conclusion définitive » a précisé un porte‑parole.
De plus, la fin du tarif réglementé en 2026 pourrait rendre les prix plus sensibles aux fluctuations du marché. Si les prix de gros remontent, la facture des ménages pourrait suivre — même en l’absence de hausse d’accises.
Enfin, le coût total d’une baisse de l’électricité pour l’État — entre réduction de taxes et investissements massifs — reste incertain, dans un contexte budgétaire déjà fragilisé.
Pourquoi cette annonce maintenant ?
Cette annonce intervient alors que le budget 2026 de l’État est en grande tension. En parallèle des débats sur les retraites et la Sécurité sociale, le gouvernement cherche des leviers pour soutenir le pouvoir d’achat tout en répondant aux objectifs de transition énergétique.
Par ailleurs, dans un contexte européen et international marqué par un recul des prix de l’énergie, le moment serait jugé opportun pour tenter de soulager les ménages et relancer la dynamique écologique.





