Méthanisation : le chantier de la plus grande usine de France débute

Il s’agit du plus important projet de méthanisation de France. La construction de l’usine de Gennevilliers vient de débuter.

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Méthanisation : le chantier de la plus grande usine de France débute © L'EnerGeek

La gestion des déchets alimentaires est devenue un enjeu prioritaire pour l’État. Une gigantesque usine de méthanisation doit voir le jour à Gennevilliers, en banlieue parisienne. Les travaux viennent tout juste de débuter.


Le chantier d’une grande usine de méthanisation débute


Les élus franciliens et les porteurs du projet viennent de lancer la construction de la future usine de méthanisation du port de Gennevilliers. Ce site inédit doit traiter des dizaines de milliers de tonnes de déchets alimentaires chaque année et produire du biométhane injecté dans le réseau de gaz, selon les informations fournies par Syctom et Sigeif, porteuses du projet.


Cette usine de méthanisation, présentée comme la plus grande de France, aura une capacité annuelle de 50 000 tonnes de déchets alimentaires. Les déchets collectés auprès des ménages, cantines et commerces seront transformés en biogaz grâce à un procédé de fermentation anaérobie. Le biométhane produit représentera 30 000 MWh par an, ce qui correspond à la consommation annuelle d’environ 5 000 foyers, d’après les données officielles publiées par Syctom.


Le chantier mobilise un consortium public et privé. Syctom et Sigeif, partenaires institutionnels, ont confié l’exploitation future à l’entreprise Paprec, déjà spécialisée dans la valorisation des déchets. « Cette installation contribuera concrètement à l’économie circulaire et à la décarbonation du territoire », a affirmé Olivier Capitanio, président de Syctom.


Un projet d’économie circulaire ancré dans le territoire


Au-delà de la production de gaz renouvelable, le site générera 43 000 tonnes de digestat chaque année. Ce résidu de la méthanisation sera transporté par voie fluviale jusqu’en Eure et en Eure-et-Loir, afin d’être utilisé comme fertilisant agricole. Ce choix logistique vise à réduire le trafic routier et les émissions de CO₂, tout en renforçant la filière agricole régionale.


Le projet est estimé à 53 millions d’euros d’investissements. De fait, cette usine s’inscrit dans une stratégie nationale imposant le tri à la source des biodéchets à partir de 2024. « La méthanisation est l’une des réponses les plus efficaces pour recycler nos déchets alimentaires et produire une énergie locale », a souligné François Garay, président du Sigeif, lors du lancement du chantier.
Une vitrine énergétique pour l’Île-de-France


Le choix du port de Gennevilliers n’est pas anodin. Premier port fluvial de la région parisienne, il offre un accès direct aux flux logistiques nécessaires au traitement et à l’évacuation des déchets alimentaires. Pour les acteurs du projet, l’usine constituera une vitrine technologique et écologique à l’échelle nationale.


La mise en service est prévue d’ici fin 2027. L’installation devrait ainsi accompagner la généralisation du tri des biodéchets et répondre à une demande croissante de gaz renouvelable. Ainsi, les volumes traités permettront de couvrir environ 10 % des besoins en biométhane de l’Île-de-France à l’horizon 2030.

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