En Normandie, à Flamanville (Manche), l’EPR devait initialement atteindre sa pleine puissance à la fin de l’été 2025, mais EDF a finalement repoussé cette échéance à l’automne, créant un nouveau contretemps dans ce projet nucléaire pharaonique, tant par son coût que par ses délais.
Le réacteur toujours à l’arrêt : un calendrier modifié
Le réacteur EPR de Flamanville est à l’arrêt jusqu’au mois d’octobre, a confirmé Le Figaro. EDF visait une montée en puissance d’ici fin août, mais l’énergéticien a indiqué début août que la pleine puissance n’était désormais attendue qu’« avant la fin de l’automne », selon l’AFP relayée par Connaissance des Énergies. Les opérations de démarrage ont connu une succession d’interruptions.
Une première phase de maintenance s’est déroulée du 15 février au 19 avril. Depuis mi-juin, le réacteur est de nouveau à l’arrêt, comme l’a rappelé Techniques de l’Ingénieur le 11 août. Les essais de montée en charge, encore incomplets, ont été suspendus durant l’été. Ils doivent reprendre au début de l’automne, d’après Reporterre.
Un coût en forte progression
Au-delà des délais, le dossier de l’EPR illustre aussi une explosion des budgets. Prévu à 3,3 milliards d’euros lors de son lancement en 2006, le chantier atteint aujourd’hui environ 23,7 milliards d’euros, selon les chiffres de la Cour des comptes cités par Techniques de l’Ingénieur. Cette dérive, supérieure à un facteur sept, place Flamanville parmi les projets industriels les plus coûteux de l’histoire nucléaire européenne. Ces surcoûts reflètent la complexité technique du prototype.
Les étapes successives de montée en puissance du réacteur, encore inachevées, se sont révélées plus ardues que prévu. En août 2025, la centrale ne fonctionnait toujours pas à pleine puissance. Les interventions supplémentaires, notamment sur une soupape du circuit primaire, traduisent les contraintes de sûreté qui pèsent sur la mise en service.
Vers l’automne, un nouvel horizon très incertain
EDF table désormais sur une reprise des essais début automne. Cependant, rien ne garantit une montée en puissance sans nouveau retard. Chaque étape doit être validée par l’Autorité de sûreté nucléaire, et la moindre anomalie entraîne une suspension. Les tests interrompus cet été témoignent des difficultés d’un chantier où l’innovation technique se heurte à la réalité opérationnelle.
Ce glissement de calendrier pèse sur la stratégie énergétique nationale. L’EPR de Flamanville devait renforcer le mix électrique français à l’approche de l’hiver, mais son indisponibilité persiste. Le réacteur, pourtant raccordé au réseau fin 2024, reste donc un projet inachevé, symbole d’un pari industriel dont la concrétisation se fait attendre.






