Le 18 juillet 2025, Framatome a annoncé la création d’un centre de fabrication additive métallique à Romans-sur-Isère. Cet investissement de 25 millions d’euros confirme la volonté du groupe nucléaire de hisser l’impression 3D au rang d’outil industriel stratégique. Ce projet, unique en Europe, s’inscrit dans une dynamique où le nucléaire cherche à conjuguer innovation technologique et sécurisation des approvisionnements.
Quand l’impression 3D s’impose dans l’industrie nucléaire
Longtemps cantonnée au statut de technologie expérimentale, l’impression 3D trouve aujourd’hui sa place dans l’économie nucléaire. Framatome l’a introduite dès 2015 dans la fabrication de combustible, amorçant une transition progressive vers une production innovante et optimisée, selon Primante3D. Ce cheminement illustre la transformation d’un procédé d’abord jugé gadget en un levier stratégique.
Cette stratégie s’est matérialisée en décembre 2024 par l’introduction de filtres anti-débris imprimés en 3D dans la centrale de Ringhals, en Suède. Ces composants sont intégrés dans un programme d’irradiation pluriannuel visant à démontrer leur fiabilité, comme l’a précisé Framatome. En s’appuyant sur ces validations, l’entreprise consolide sa légitimité et montre que l’impression 3D nucléaire n’est plus une expérimentation mais une réalité.
Un centre inédit en Europe pour renforcer la souveraineté
Le nouveau centre de Romans-sur-Isère regroupera production, recherche et développement, qualification de procédés et formation, selon Framatome. Il exploitera deux procédés majeurs : l’arc-fil et la fusion laser sur lit de poudre. Cette diversité technologique doit permettre la fabrication de pièces allant de quelques kilogrammes à plusieurs dizaines de tonnes, adaptées à des usages variés du secteur nucléaire. Jean-Bernard Ville, vice-président exécutif en charge de la Business Unit Projets et Fabrication de Composants, résume ainsi l’ambition : « La fabrication additive s’impose aujourd’hui comme un levier incontournable pour renforcer la souveraineté et la compétitivité des filières stratégiques françaises.
Framatome en fait un pilier majeur de ses opérations, en vue de renforcer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et de favoriser l’innovation dans la conception des composants nucléaires », a-t-il déclaré dans le communiqué officiel du groupe. Cette déclaration reflète l’évolution des mentalités dans un secteur réputé conservateur. La fabrication additive, autrefois considérée comme trop fragile, va ainsi devenir un élément structurant pour une filière nucléaire confrontée à des enjeux de délais, de coûts et d’indépendance industrielle.
Des chiffres modestes mais un potentiel immense
Malgré ces avancées, la part de l’impression 3D dans la production mondiale reste limitée. « Dans un contexte où les enjeux sont encore considérables, avec une part de seulement 0,2 % de la production mondiale pour l’impression 3D en 2025… », souligne Primante3D. Ce chiffre met en lumière le contraste entre l’enthousiasme industriel et la réalité économique.
Cependant, l’investissement de 25 millions d’euros, confirmé par Framatome et relayé par plusieurs médias spécialisés, traduit une volonté claire de combler ce retard. L’entreprise vise à réduire les coûts et les délais de production, tout en améliorant les performances et en limitant l’impact environnemental grâce à une optimisation des ressources. Pour le nucléaire, où chaque innovation doit s’inscrire dans une chaîne de sûreté irréprochable, cette approche ouvre la voie à une nouvelle génération de composants.






