Quarante moutons lâchés au pied d’une centrale solaire : les panneaux produisent désormais plus d’énergie, et les bergers n’en reviennent pas

Saviez-vous que des moutons peuvent transformer des parcs solaires en véritables havres de biodiversité ?

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Quarante moutons lâchés au pied d'une centrale solaire : les panneaux produisent désormais plus d'énergie, et les bergers n'en reviennent pas
Quarante moutons lâchés au pied d’une centrale solaire : les panneaux produisent désormais plus d’énergie, et les bergers n’en reviennent pas © L'EnerGeek

L’avenir des énergies renouvelables ne se joue pas forcément contre l’agriculture. Au parc solaire Westmill, à la frontière entre l’Oxfordshire et le Wiltshire en Angleterre, un projet mené par le Westmill Sustainable Energy Trust (WeSET) montre qu’on peut concilier les deux. Sur l’ancien site de la RAF Watchfield, transformé en installation communautaire combinant parc solaire et parc éolien, l’arrivée des moutons a mis en lumière une nouvelle façon de gérer la végétation autour des panneaux solaires.

Mettre la nature en avant et tirer parti de l’agriculture

Le projet Westmill a été pensé dès le départ pour favoriser la santé écologique locale tout en contribuant aux besoins énergétiques du pays. Cette approche « priorité à la nature » casse l’idée de la monoculture industrielle. Le parc solaire a été ensemencé à la main avec des plantes indigènes, faisant du site un refuge pour les bactéries du sol, les champignons et les pollinisateurs.

La gestion active de la biodiversité s’appuie sur le principe de « perturbation intermédiaire », qui s’oppose aux méthodes plus agressives comme l’usage d’herbicides ou le fauchage intensif. Pour garder cet équilibre, 40 moutons de races locales ont été introduits, rapporte The Pulse. Ces animaux jouent un rôle majeur en assurant un pâturage naturel qui empêche les plantes envahissantes de supplanter les fleurs sauvages. Le pâturage est programmé en hiver, et les déjections des moutons apportent une fertilisation naturelle appréciable.

Des installations solaires repensées

Intégrer des moutons au parc solaire a demandé quelques ajustements techniques. Au départ, on craignait que les animaux n’endommagent des éléments sensibles des centrales solaires. Pour éviter ça, les panneaux ont été montés plus haut et fixés sur des structures renforcées, ce qui rend l’ensemble plus résistant aux intempéries.

Le projet montre aussi que prendre en compte des besoins biologiques peut faire évoluer l’ingénierie des renouvelables, illustrant un duo gagnant entre technologie et élevage. La conception « sûre pour les moutons » a simplifié l’entretien tout en offrant aux animaux un abri naturel contre le vent et la pluie, ce qui améliore leur santé et leur prise de poids.

Faire cohabiter énergie et agriculture

Le parc Westmill prouve que les installations solaires peuvent aussi servir de réserves naturelles. Ce modèle met en avant une possible « cohabitation pour la faune » autour des parcs énergétiques. En adaptant les paramètres de durabilité et en intégrant la biodiversité dès la conception, Westmill démontre qu’un « gain biologique net » est envisageable : un résultat que l’agriculture intensive seule a du mal à atteindre.

Avec moins de 0,5 % des terres agricoles du Royaume-Uni consacrées aux installations solaires, ces projets mêlant agriculture et énergie représentent un potentiel économique intéressant. Pearce, impliqué dans l’évaluation financière du projet, voit là une opportunité massive pour les agriculteurs canadiens : « Il existe une formidable opportunité de restituer aux agriculteurs canadiens des millions d’euros actuellement consacrés à l’importation d’agneaux, simplement en utilisant l’herbe cultivée sous des panneaux solaires ».

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