Pétrole : l’OPEP annonce une consommation mondiale à 123 millions de barils/jour en 2050

Les prévisions à long terme publiées par l’OPEP confirment une vision soutenue de la consommation mondiale de pétrole jusqu’en 2050.

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Pétrole : l’OPEP annonce une consommation mondiale à 123 millions de barils/jour en 2050 © L'EnerGeek

Selon le rapport publié le 10 juillet 2025 par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la consommation mondiale de pétrole devrait atteindre 123,2 millions de barils par jour (mb/j) à l’horizon 2050, contre 103,7 mb/j en 2024. Cette progression équivaut à une hausse nette de près de 19,5 mb/j, soit +18,8 % sur la période.

Le rapport souligne que la quasi-totalité de cette croissance proviendra des pays non membres de l’OCDE, avec une demande en forte hausse en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. À l’inverse, la consommation des pays industrialisés est appelée à se stabiliser, voire légèrement décliner sous l’effet de politiques climatiques plus restrictives, de l’électrification des transports et des gains d’efficacité énergétique.

Raffinage : une capacité supplémentaire de 19,5 mb/j sera nécessaire d’ici 2050

Le développement de la demande implique une expansion significative des capacités de transformation. L’OPEP estime que la capacité mondiale de raffinage devra passer de 101,8 mb/j en 2024 à environ 121,3 mb/j en 2050, soit un besoin additionnel de 19,5 mb/j, selon OilPrice. Du point de vue industriel, les projections de l’OPEP sont susceptibles de renforcer la volonté des compagnies pétrolières nationales (NOC) de maintenir, voire d’intensifier leurs investissements dans l’exploration, la production et la modernisation des raffineries.

Un scénario assumé de déviation par rapport aux trajectoires climatiques

Dans son rapport, l’OPEP reconnaît explicitement que ses prévisions divergent des scénarios de neutralité carbone. L’organisation ne considère pas les trajectoires de réduction accélérée des énergies fossiles comme réalistes dans l’état actuel des technologies, des politiques publiques et de la croissance attendue des pays en développement. « Ces dernières années, il est devenu de plus en plus évident pour de nombreux décideurs politiques que le récit d’une élimination rapide du pétrole et du gaz était perçu pour ce qu’elle était : irréalisable et de l’ordre du fantasme » a affirmé Haitham Al Ghais, secrétaire général de l’OPEP, d’après BFMTV.

L’OPEP considère que le pétrole restera indispensable dans de nombreux usages difficiles à substituer, notamment le transport maritime, l’aviation, la pétrochimie et les matières premières plastiques. Le rapport note également que les pays à faible revenu devront continuer à s’appuyer sur des hydrocarbures accessibles pour garantir leur accès à l’énergie.

Consommation de pétrole : l’AIE mise sur la baisse

À titre de comparaison, le World Energy Outlook 2024 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une dynamique beaucoup plus modérée. Dans son scénario central (STEPS – Stated Policies), la demande mondiale de pétrole plafonnerait autour de 103 mb/j entre 2029 et 2032, puis amorcerait un léger repli pour atteindre 92 mb/j à l’horizon 2050.

Dans son scénario NZE (Net Zero Emissions), compatible avec l’Accord de Paris, la baisse est plus prononcée, avec une consommation limitée à 60 mb/j dès 2040, sous réserve de politiques très volontaristes.

Ces écarts mettent en lumière deux approches structurellement divergentes :

  • L’OPEP privilégie une lecture énergétique et géoéconomique, fondée sur la réalité des besoins des marchés émergents.
  • L’AIE propose une lecture climatique et prospective, articulée autour de la transformation des systèmes énergétiques et de la transition bas carbone.

Les prévisions à long terme publiées par l’OPEP confirment une vision soutenue de la consommation mondiale de pétrole jusqu’en 2050. Face à une demande tirée par les pays émergents, l’organisation plaide pour une approche pragmatique centrée sur la sécurité énergétique et le développement économique. À l’opposé, l’AIE continue de défendre des scénarios de plafonnement, voire de déclin structurel, en lien avec les objectifs climatiques.

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