Airbus, Air Liquide et ADP : accord autour de l'hydrogène dans l'aviation

Airbus, Air Liquide et ADP : ensemble pour promouvoir l’hydrogène dans l’aviation

Airbus, Air Liquide et ADP : ensemble pour promouvoir l'hydrogène dans l'aviation

Le 21 juin dernier, Airbus, Air Liquide et le groupe Aéroports de Paris (ADP) ont signé un accord stratégique. Ensemble, ils comptent déployer des solutions hydrogène au sein des aéroports dès 2035. Ce partenariat doit ouvrir la route à l’avion à hydrogène. Cette solution doit permettre de réduire l’empreinte carbone de l’aviation civile.

France : l’aviation structure sa filière hydrogène

Ce sont trois des principaux acteurs du marché de l’aviation civile en France. Airbus, Air Liquide et ADP viennent d’envoyer un signal fort en signant, lundi 21 juin dernier, un accord autour du développement de l’hydrogène dans l’aviation. Ensemble, ils “entendent combiner leurs expertises respectives pour accompagner la décarbonation du transport aérien et définir les besoins concrets et les opportunités qu’apporte l’hydrogène au secteur aéronautique”.

Plus concrètement, l’accord entre les trois groupes visent à créer des synergies financières et techniques. Il s’agit de faciliter le déploiement d’avions à hydrogène d’ici à 2035. Airbus, Air Liquide et ADP vont conjointement financer des études en ingénierie. Elles dessineront les infrastructures aéroportuaires de demain, en incluant les contraintes liées à l’usage de l’hydrogène. Le partenariat porte aussi sur le développement d’un nouveau modèle d’avion à hydrogène.

L’enjeu est donc de taille. Les trois entreprises tricolores espèrent concrétiser les espoirs portés par l’hydrogène dans le domaine de l’aviation. Il s’agit aussi de structurer une filière hydrogène aéronautique porteuse d’avenir, aussi bien matière d’emplois que de débouchés financiers. Car l’hydrogène dans l’aviation est un sujet qui intéresse de nombreux pays, à commencer par la France. L’année dernière, le gouvernement français avait annoncé son intention de mobiliser 1,5 milliards d’euros dans les deux années à venir pour soutenir le développement d’un avion neutre en carbone.

Transition énergétique : le secteur aéronautique sommé de se verdir

Le sujet de l’hydrogène dans l’aviation n’est pas nouveau. Mais ces dernières années, il revient avec plus de force, et il est passé du statut d’idée non viable à celui de véritable alternative aux carburants conventionnels. La faute à un cadre réglementaire mondial qui tend à devenir plus contraignant. Et le retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris montre bien que la crise sanitaire n’a pas fait oublier le but de la transition énergétique. Par ailleurs, les campagnes de “flight shaming” ont largement contribué à faire la mauvaise publicité de l’empreinte carbone de l’aéronautique.

La décarbonation du secteur aérien est donc devenue une priorité. Antoine Bouvier, le directeur de la stratégie d’Airbus, précise : “Lancer dès maintenant l’introduction de l’hydrogène dans les aéroports parisiens est un signal fort qui démontre la volonté de tout un écosystème de rendre possible la décarbonation du secteur aérien et l’atteindre de nos objectifs de réduction des émissions.” De fait, Airbus maintient son objectif de commercialiser le premier avion commercial à émission nulle d’ici 2035. ADP, qui s’intéresse aussi activement aux carburants alternatifs dans l’aviation, parie sur le déploiement d’infrastructures à hydrogène sur les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly.

Pour Matthieu Giard, le directeur des activités Hydrogène chez Air Liquide, il s’agit désormais de concrétiser les ambitions annoncées. Il souligne : “Air Liquide a récemment annoncé des engagements ambitieux visant la neutralité carbone d’ici 2050. Il faut à présent passer aux actes, accélérer le développement de la filière hydrogène et préparer l’avenir.”

Hydrogène dans l’aviation : à quoi ressemblera l’avenir ?

Dans un premier temps, le partenariat entre Airbus, Air Liquide et ADP vise à définir des scénarios qui serviront de feuille de route pour déployer l’avion à hydrogène de demain dans les aéroports. Ces cas d’études devront lister les infrastructures nécessaires, leur dimensionnement et leur implantation sur les sites. Il s’agira notamment de prévoir les sites de stockage de l’hydrogène dans le respect des contraintes de sécurité des aéroports.

Airbus a déjà schématisé son propre “Hub Hydrogène” pour les aéroports. Le concept repose sur une intégration de l’hydrogène à tous les niveaux de l’aéroport. Le but est d’avoir des unités de production proches du site pour faciliter la logistique. L’hydrogène sert ainsi à alimenter les avions à hydrogène. Mais il s’intègre aussi dans une logique plus large, en alimentant les véhicules présents sur le site, les transports, des industries locales… Il pourrait même servir pour le chauffage et la production d’énergie afin d’alimenter des bâtiments de l’aéroport.

Cette idée d’une intégration à large spectre se retrouve dans la vision défendue par Air Liquide. Comme l’explique Matthieu Giard : “Un aéroport n’est pas hors-sol, il s’inscrit dans un territoire et permet de construire des infrastructures pour produire de l’hydrogène en grande quantité et mutualiser les besoins pour d’autres usages de mobilité au-delà de l’aéroport.”

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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