Etats-Unis : l'éolien offshore devient une priorité - L'EnerGeek

Etats-Unis : l’éolien offshore devient une priorité

Etats-Unis : l'éolien offshore devient une priorité

La Maison Blanche met le cap sur l’énergie bleue. Le 29 mars dernier, un communiqué a annoncé les nouvelles mesures prises par Joe Biden en faveur de l’éolien offshore. Le président américain entend bien donner un coup d’accélérateur à cette source énergétique qui présente un fort potentiel pour les Etats-Unis.

Etats-Unis : 3 milliards $ pour l’éolien offshore

Alors que les Etats-Unis viennent tout juste de réintégrer l’Accord de Paris, en février dernier, l’administration Biden poursuit sa politique de transition énergétique. Pour rappel, le président Biden s’est engagé à ce que son pays atteigne la neutralité carbone dans la production électrique en 2035. Il veut aussi atteindre la neutralité carbone globale à l’horizon 2050. Pour soutenir cette transition énergétique à marche forcée, la Maison Blanche a déjà prévu un budget spécial de 2 000 milliards de dollars d’investissements dans les énergies vertes et les infrastructures bas-carbone. John Kerry, l’un des artisans de l’Accord de Paris, doit piloter l’ensemble du projet américain.

La Maison Blanche vient d’apporter des précisions sur ses objectifs en matière d’énergie bleue. Joe Biden veut faire de l’éolien offshore une des priorités énergétiques du programme de transition. L’objectif annoncé : atteindre 30 GW de capacités installées dès 2030 au large des côtés américaines. Pour cela, la Maison Blanche compte allouer 3 milliards de dollars pour soutenir le développement de projets d’éolien offshore. C’est le Loan Programs Office qui doit assurer le suivi des projets et leur financement.

Réaménagement des zones portuaires

L’autre pan du projet de la Maison Blanche consiste à solliciter les zones portuaires pour anticiper le développement de l’éolien offshore. Le ministère américain des transports doit soutenir le projet à hauteur de 230 millions de dollars. L’idée est d’utiliser les infrastructures portuaires américaines pour aménager des zones d’amarrage dédiées aux navires qui serviront à la construction des futurs parcs éoliens en mer. Il faudra aussi prévoir des dépôts proches des ports pour stocker le matériel, à commencer par les futures éoliennes déployées.

Quel est le potentiel de l’éolien offshore aux Etats-Unis ?

L’éolien terrestre s’est rapidement développé aux Etats-Unis ces dernières années. Depuis 2019, l’éolien terrestre a même dépassé l’hydraulique en capacité de production d’électricité. Malgré cet engouement pour l’éolien et un large front de mer, les Etats-Unis sont restés à la traîne en matière d’éolien offshore. Le pays dispose pourtant d’un potentiel conséquent. Le National Renewable Energy Laboratory (NREL) estime que l’éolien offshore pourrait fournir 52 GW de capacité électrique d’ici 2030. Dans un rapport, le NREL estime que le développement d’une filière américaine d’éolien offshore pourrait générer 200 milliards de dollars d’activité économique. Surtout, développer l’énergie éolienne offshore participerait à la sécurité de la production électrique nationale.

Le NREL estime que l’éolien offshore pourrait être déployé aussi bien sur la côte Est que sur la côte Ouest. Des parcs pourraient également être déployés au large des côtes de Hawaï. Enfin, la région des Grands Lacs, au nord, pourrait aussi accueillir des parcs éoliens offshore.

Eolien offshore aux Etats-Unis : une trentaine de projets déjà en préparation

Le premier parc éolien offshore américain est déjà à l’eau. Block Island est en activité en 2016, au large de la côte Est, près de l’état de Rhode Island. Il se compose de cinq éoliennes et présente une puissance de 30 MW. Et Block Island ne devrait pas rester le seul parc éolien offshore américain bien longtemps.

Une trentaine de projets sont actuellement en phase d’études. Le Bureau of Ocean Energy Management commence aussi à communiquer sur les zones éligibles. Et il liste les zones d’eaux peu profondes susceptibles d’accueillir les prochains projets. L’océan Pacifique et le Golfe du Mexique devraient accueillir plusieurs projets. Mais pour l’heure, la priorité est donnée au New York Bight, une zone maritime qui suscite la convoitise de la filière éolienne offshore. Et pour cause : située au large des côtes du New-Jersey, elle présente une immense superficie (3 200 km2) et serait idéale pour approvisionner une partie de l’état de New-York. Or le BOEM vient tout juste de la déclarer “zone d’énergie éolienne prioritaire”.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Los Angeles, 2e plus grande ville des Etats-Unis, 100% énergies renouvelables en 2035

    Etude scientifique du Los Angeles Department of Water and Power (LADWP) associé au National Renewable Energy Laboratory (NREL), principal laboratoire de recherche sur l’énergie des Etats-Unis et à l’Université de Californie du Sud

    Résultat de plus de 100 millions de simulations informatiques

    Ils démontrent qu’un approvisionnement en électricité fiable et 100% renouvelable est réalisable pour Los Angeles d’ici 2045 voire une décennie plus tôt en 2035.

    Il va de pair avec toutes les technologies, approches et modes de financement associés qui s’exportent très bien contrairement à d’autres…

    Actuellement 45% de l’énergie de L.A. proviennent de combustibles fossiles

    https://maps.nrel.gov/la100#

    .

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  • Nette avancée technologique et importants impacts dans les moteurs électriques

    L’un des principaux contributeurs à la lutte contre le changement climatique à ce jour pour un coût relativement modéré a été le passage à l’éclairage LED qui a éliminé des centaines de millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone simplement en réduisant la consommation d’énergie dans les bâtiments.

    Une amélioration des moteurs électriques comme le fait Turntide Technologies (Californie) pourrait avoir un impact également considérable.

    Les moteurs des bâtiments sont des acteurs invisibles du changement climatique. Ils consomment environ la moitié de l’électricité mondiale – plus que l’éclairage, le chauffage et l’électronique réunis.

    Ils sont omniprésents dans le monde et n’ont guère évolué depuis le 19e siècle. Plus de 98% d’entre-eux sont des moteurs à induction à courant alternatif, à une vitesse, conçus et brevetés dans les années 1800. Ils devaient donc faire l’objet d’une mise à niveau en permettant de réduire la consommation d’énergie.

    L’exploitation des bâtiments est responsable de 40% des émissions de CO2 dans le monde et 1/3 de l’énergie utilisée dans les bâtiments commerciaux est gaspillé.

    Les bâtiments intelligents permettent d’éliminer ce gaspillage et cette inefficacité en contrôlant automatiquement l’éclairage, la climatisation, le chauffage, la ventilation et d’autres systèmes essentiels, mais les moteurs électriques peuvent ajouter des économies supplémentaires substantielles.

    Turntide Technologies, dirigée par Ryan Morris, commercialise une technologie initialement développée à l’Illinois Institute of Technology. Il a fallu 11 ans de développement

    L’innovation de base est un moteur (l’Optimal Efficiency Motor) contrôlé par logiciel, ou moteur à réluctance à interrupteur, qui utilise des impulsions d’énergie précises au lieu d’un flux constant d’électricité et qui s’attaque aux pertes d’énergie à chaque étape. Dans un moteur électrique conventionnel on injecte en permanence du courant dans le moteur, quelle que soit la vitesse à laquelle on veut le faire fonctionner.

    Dans le cas de la technologie Turntide sont seulement émises des quantités précises de courant juste au moment où l’on a besoin du couple, c’est défini par logiciel.

    Son marché est de plus de 100 milliards de dollars et devrait changer la façon dont le monde consomme de l’énergie.

    Le marché initialement visé : la modernisation des systèmes de chauffage, de ventilation et de refroidissement des bâtiments qui sont le principal facteur dans la part de 28% du bâti aux émissions de dioxyde de carbone.

    La technologie est applicable à 95% des endroits où les moteurs électriques sont utilisés aujourd’hui, mais l’accent sera initialement mis sur les bâtiments intelligents, car c’est le point de départ le plus simple et qui peut avoir un impact immédiat parmi les plus importants sur la consommation d’énergie.

    L’impact carbone de cette technologie est assez énorme. La réduction d’énergie moyenne dans les bâtiments a été de 64%. Si par exemple tous les moteurs des bâtiments aux États-Unis étaient ainsi remplacés, cela équivaudrait à supprimer 300 millions de tonnes de carbone par an.

    La Footprint Coalition, Breakthrough Energy Ventures (Bill Gates) et la société de capital-risque spécialisée dans l’immobilier et la construction Fifth Wall Ventures ont rejoint l’Amazon Climate Fund, Tony Fadell’s Future Shape, le fonds iVentures de BMW et bien d’autres investisseurs pour soutenir l’entreprise.

    La société a levé environ 180 millions de dollars de financement au cours des seuls six derniers mois.

    Les bâtiments sont clairement l’objectif actuel de Turntide, qui vient d’annoncer l’acquisition d’un petit développeur de logiciels de gestion de bâtiments basé à Santa Barbara en Californie (Riptide IO).

    Mais il y a aussi une application dans une autre industrie massive: les véhicules électriques (VE) d’ici 2 ans, les énergies renouvelables etc.

    Cette technologie présente d’énormes avantages pour l’industrie des VE, des renouvelables et autres, en plus de leur forte réduction de consommation d’énergie. Il n’y a pas de minéraux de terres rares ni d’aimants.

    https://turntide.com/#

    .

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  • A plus largement faire connaître en France comme ailleurs :

    Bâtiments : Accenta (France) séduit collectivités, bailleurs et entreprises (couplage solaire et stockage inter-saisonnier BTES – Borehole thermal energy storage)

    La solution Accenta permet de passer le seuil critique de 50 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre à moindre coût par rapport à des solutions usuelles, comme la rénovation du bâti ou les centrales biomasse.

    Son prix est deux fois moins élevé à la tonne de CO2 évitée que les solutions conventionnelles. Grâce à une joint-venture avec Idex (réseaux de chaleur) et Eren, Accenta propose de livrer cette technologie clés en main à ses clients, de la conception au pilotage. Surtout, la société a souhaité démocratiser sa technologie en se rémunérant à la performance, donc seulement si les économies sont au rendez-vous. En tout, cette chaufferie bas-carbone est installée sur 500.000 m² en France, notamment dans le nouveau siège social d’Airbus (36.000 m²), ou bientôt dans un entrepôt de 100.000 m² exploité par le géant de la logistique Prologis. C’est 130.000 tonnes de CO2 qui devraient ainsi être évitées en 25 ans.

    Une croissance de 400%

    Le succès de l’entreprise est foudroyant et rencontre peu de concurrents : Beaucoup de sociétés font du reporting sur la consommation, mais peu se positionnent comme Accenta sur la performance énergétique en se faisant rémunérer selon les résultats.

    Après un premier tour de table d’1 million d’euros en 2017 levés auprès d’investisseurs, et 1,5 million d’euros collectés auprès de la BPI et l’Ademe, Accenta a levé 4,7 millions d’euros en 2019 auprès du fonds capital-risque Serena et d’Eren Group. La société de 45 salariés assure être en croissance de 400 % par rapport à l’an dernier. « Nous avons actuellement 80 millions de mètres carrés d’opportunités Accenta en cours » souligne le directeur général adjoint

    https://planete.lesechos.fr/solutions/accenta-decarbone-les-batiments-a-moindre-cout-7906/

    .

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  • L’Europe à le spot mondial de l’éolien offshore avec la mer du Nord. Potentiel gigantesque, en plus cela va créer des centaines d’entreprises dans un domaine innovant il faut que la France plonge sans faire de mauvais esprit.

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